‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 224 sur 342 · SUBLIME. — SUBMISSION · texte numérisé non relu

SUBLIME. — SUBMISSION

dans Tancienne langue, on employait ainsi le subjonctif au lieu de Tindicatif:

Je sçay assez que vous n'ayez pas peur, Que je m'en fuye, ou que je sois trompeur.

(Cl. Marot, Êpistre au roif, 1S31.)

Nous ne nous soucions pas \&nl quels nous soyons en nous, en effect et en vérité, comme quels nous soyons en la connoissance publique. (Cbarr., Im Sag.^U i,c. 3.) — Il sortit par la porte des cuisines et s'en alla par la rue Saint>Thomas-dtt- Louvre se rendre à la porte de Saint-Honoré, où l'on dit qu'il se botta, et s'en alla au Bourget, qui est sur le chemin de Soissons, où l'on croit qu*il soit alU. (AIalb., Leii., àPeiresc, 20 fév. 1614.)— Je crois qu'il soit fou, (Id., ibid.^ 31 mai 1614.)

SUBLIME , dans le sens premier à! élevé :

Si votie hymen m'élève à la grandeur sublime, (Serf., i, 3-^

Voltaire a justement relevé Vexcellence de cette significatioim t vieillissante déjà de son temps, en observant que cet adjectî"^ s'appliquerait mieux à rang qu'à grandeur ^ qui renferme ell^ — même l'idée de sublime.

SUBMISSION, pour soumission :

Notre submission à l'orgueil la prépare. {La Veuves i« 1 -^'

Je piésumois beaucoup de ses affections, .

Mais je n'attendois pas tant de submissions. {La Gai. du PaLt m, 4

A force de douceurs vous la rendez cruelle,

Et vos submissions vous perdent auprès d'elle. (la Siiip., lu, 4. "^

A-t-elle pu descendre à la moindre prière.

El le sacré respect de ma condition ..-^0

En a-t-il arraché quelque submission? (.Iféd., ii, î.^^^

Selon M. Taschereau, dans une note de son édition dzévi-^^ — rienne de Corneille, ce mot gardait la forme latine, parce qu'il était alors tout nouveau. C'est une erreur. Sudmission se rencontre, avec diverses nuances de signification, dès le quatorzième siècle :

En demandant et deffendant de tous juges, juridictions, cohertions, submissions ordinaires et extraordinaires, mes que du prevost conservateur. (Ordotm,d£t rois de France, avril 1361, t. m, p. 560.)

On a dit d'une manière toute semblable à l'acception de Corneille^ au commencement du dix-septième siècle :

Avec mille amoureuses submissions. (Le Moulinet, Les agréables Divertties dstmour^ p. 398, éd. 1613.) — Je m'imaginois le voir à genoux devant moy me renouveler les submissions de son courage et me raconter son tourment. (Id., itéâ,, p. 117.)

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