TIERS. — TIRER. 3U
TIERS. RECEVOIR POUR TIERS DE, comme recevoir en tiers de :
Beeeveir-moy pour tiers (Tune amitié si belle. (SuUe du Ment., y, 5.)
TIRER, V. act., comme lancer, tirer des traits :
Mon mal n'est point l'effet ni de ses seuls regards.
Ni des traits qu'on aveugle lire. (Poés. dU\j madrigal, xn.)
Cet aveugle qui tire des traits, c*est Tamour.
Bien qu*on trouve des exemples de cette manière de parler, elle n*est pas très-bonne, à cause de l'origine commune des mots trait et tirer.
— TIRER, fig., arracher :
J'ai tiré de ce joug les peuples opprimés. [Agisilas, m, 1.)
11 lui faadroit du front tirer le diadème. (Nicom., v, 7.)
« Tirer un diadème du front I » s'écrie Voltaire.
Le sévère commentateur aurait pu, au même titre, mettre son point d'exclamation désapprobateur après ces vers de Polyeucte :
Est-ce lui qui naguère aux dépens de sa vie
Sauva des ennemis votre empereur Décie,
Qui leur lira mourant la victoire des mains.
Et fit tourner le sort des Perses aux Romains ? (iicte i, se. S.)
Les meilleures autorités sont encore ici pour Corneille contre Voltaire :
n faut qu'elle fasse comme un enfant qui est tiré par des voleurs d'entre les bras de sa mère, qui ne le veut point abandonner. (Pascal, L«n., à M"* de Roannez, Tii, éd. Louandre.) — Ce fut un spectacle bien étrange de voir tirer un tribun ignominiensement par des licteurs et des affranchis hors de son tribunal. (St-R^al, Conjur. des Graequei.) — Il y en avoit à qui l'on coupoit les pieds et les mains, qoe l'on scioit en deux, à qui l'on arrachoit les yeux, les dents ou les ongles; à qui Ton txroit les entrailles, étant tout vivans. (Flbdrt, Cat, hist.^ i, 4.)
— TIRER UN SOUPIR, arrachcr un soupir :
L'image de l'empire en de si jeunes mains
M'a tiré ce soupir pour l'Ëtat que je plains. [Pulch., u, 1.)
On peut rapporter à la même signification cette phrase de
Bossuet :
Luther n'en a jamais tant dit, et tout ce que ses emportements lui om iiré de la bouche n'approche pas de ce que Calvin dit froidement de lui-même. {Bist, des fariaticnst ix.)
— TIRER A soi, s'arroger :
ciNNA. Mourez, mais en mourant ne souillez point ma gloire. ifcMiLiK. La mienne se flétrit, si César te veut croire. ciRNA. Et la mienne se perd si vous tiret à vous
Toute celle qui suit de si généreux coups. (Ctn., v, 2.)