‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 269 sur 342 · TRISTE. — TROMPE · texte numérisé non relu

TRISTE. — TROMPE

— GAGNER UN TRIOMPHE, Obtenir UD triomphe :

Pour gagner un triomphe il faut une victoire. (Rodog,, ui, b,]

Suivant Voltaire, « on gagne une victoire, et non un triomphe.»

Palissot répond avec raison : « Cette observation manque d*eiaetitude; on remporte une victoire, un triomphe; on gagne des batailles. »

On a dit aussi, emporter h triomphe, pour emporter la victoire :

Outre cela, non pas comme femme, mais comme vaillant guerrier, s'adonna i l'art militaire, en domptant chevaux, maniant les armes, et en courant la lanee bien souvent demeuroit victorieuse et emportoit le triomphe, Xout ainsi que font lei gentils chevaliers dignes d'honneur. (Larivby, Facét. Nuicls de Straparoie, iv, 1.)

TRISTE , en parlant d'une chose, misérable, formant une remarquable opposition : ^

Je veux toujours le voir, cet ingrat qui me tue;

Non pour le triste bien de jouir de sa vue.... (Sur., m. 3.}

TROMPÉ DE, pour trompé dans; à peu près comme le fraudât» latin :

L'auditeur n'ejr point trompé de son attente, quand le titre du poème le prépaie i n'y voir rien que d'impossible en effet. {Deux. Dise.)

On trouve, avant Corneille, trompé de mon attente^ et, ce qui est la même chose, trompé de mon espérance :

Ainsi trompé de mon attente.

Je me consume vainement. (Malh., CAou*)

Quant à mes dictes affaires, l'intervalle de peu de jours de la première de vM

deux dernières lettres à l'aultre monstre si grand changement que j'en ay ^

esbahy et véritablement trompé de mon espérance. {Leti. miss, de Henri lY, 1 1^'

On a dit d'une manière analogue, dans le sens de trompé doM^ ou trompé au sujet de :

L'honorant de tant de faveurs, il ne se trouva trompé de l'opinion qu'il «voit de sa vaillance. (Pasqdier, Lett.^ xvii, 4.) — Croyez aussi que jamais vous ne Tom trouverez fromp^ de la bonne opinion qu'avez de moy. (Larivrt, Le Fidèle, i, 2) — J'ay bien oogneu par la lettre que vous m'avés escripte, que je ne me suis poi>^ trompé de la bonne opinion que j'avois de vous. {Lett. miss, de Henri /K, l ^^^ p. 18, à M. le président de Metz, 16 août 1689.) — Pour s'estre trouvez inf^ de Testât qu'ils avoient fait de me porter à la guerre. [Ibid., t. iv, p. 971.)" t*** quels s'estans fiez en leurs frasques et bourdes se trouvent en fin deceuzetirefl^ de leurs intentions. (Tahurbau, Second Dial. du Democritic, éd. 1602, p. 347.) " Il arriva là-dessus que Fervaques et Laverdin mescontants, l'un trompé ^ gouvernement de Normandie, offensé des termes que lui tint le roi après U y^

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