AYE. — BRICOLE
Tantoftt eom il voloit souffler, Faisoit le palais alumer :
Cou lor ert vis que cou faisoit.
{Floireet BUmeeflor, éd. Du Mér., Append., v. 35.)
AYE, pour aity troisième personne du singulier du subjonctif.
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Cette forme était en usage au seizième siècle :
Je ne trouve point que cesle coustume aye esté pratiquée par les successeurs de Pépin. (Fadchbt, De COrig. des dignit, et magistr. de France^ i,4.}
BAIGNER (se) a, pour se baigner dans.
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On a dit aussi à l'actif:
Ja ne verras le vespre ne le soleil coucier
Que ou sanc de tes plaies porras ton cors baignier. [Fierabras, v. 430.)
BRICOLE, s. f., fig., dans le sens de supercherie» ruse, une MÉCHANTE BRICOLE, uuc mauvaisc supercherie :
Tenir à demi sa parole
C'est une méchante bricole, [Pois, div,, Bagatelle.)
Les dictionnaires usuels indiquent comme locutions peu jusitées : « — Jouer de bricole^ n'aller que par bricole^ user de voies détournées. Cet homme m'a joué une bricole^ m'a dupé, m'a fait un conte. Je me défie de ses bricoles j de ses ruses , de ses supercheries. — De bricole^ loc. adv. D'une manière détournée , indirecte : // agit toujours de bricole, »
L'emploi de cette expression , dans le sens sus-indiqué, était autrefois beaucoup plus fréquent et plus varié :
Je ne veux pas m'aniuser à ces bricoles de discours; je diray seulement ce qui me viendra à la bouche. (G** dk Gramail, Com, des Prov., ui, 1.) — La princesse de Guémenée attrapa le tabouret par les bricoles des particuliers et du Yal-de- Grâce. (St-Simon, Mém,, t. u, ch. 12.)
416 BROU[LLER. — CAJOLER.
BROUILLER, dans le sens de griffonner, écrire, composer à la hâte. .^
A l'exemple de Ronsard^ ajouter celui-ci :
Contreint, ne brouUU que des vers
Qui sentent l'air MH^tastre. (Tahdread, Poés., à J. de Coyttier.)
BUTTE, fig., ÊTRE LA BUTTE DE, comme OU dit, être en butte à: Avant l'exemple de Perrault, cité dans le Lexique^ ajouter : On a dit de môme avant et après Corneille :
Et moy, répliqua Célidée, je me plains, grande nymphe, d'eitre la bmie du importunitez de tous les deux. (D'Urfb, rAstrée, ii, 1.) — Je tuis la butu de ris* gratitude et de la mesconnoissance. (Id., Ibid,, n, 2.)
CADÉDIOU, espèce de jurement gascon, par le cap, ou leckef de Dieu :
Cadédiou, ses valets feroient quelque insolence. {VIlUu. corn,, lUf 4.)
CadédioUf comme cadédis, dont la signijGcation est la même, est un juron qu'on rencontre bien souvent dans nos anciennes comédies où figurent des Gascons.
CAJOLER, abs. cajoler avec, user de cajoleries envers :
Et je m'assure aussi tellement en ta foi,
Que bien que tout le jour il cajole avec toi,
Mon esprit te conserve une amitié si pure.
Que sans être jaloux je le vois et l'endure. {La Suiv., iii 8.)
Cajoler y employé absolument, n'est pas indiqué par les dictionnaires, mais se rencontre assez fréquemment dans les auteurs :
11 danse bien, il joue bien à toutes sortes de jeux, il s*babille bien, il chantt bien, il cajole bien, il a bonne mine. (S. Fbanç. de Sales, Introd, à la vie di90it.) -^Cajoler tout le soir et fort tard, se lever à huit ou neuf heures, fréquenter les compagnies, parler beaucoup, jouer, rire, fol&tier, passer le temps, c'est le cbe-
CARACOb. — CARFOUR. 417
min large, plusieurs y entrent. (Le Jbunb, Serm. choUiSy vi.) — J'ai perdu mon temps à cajoler, à badiner, à folâtrer. (Id., ibid., xii| 3* part.)
Constance ne hait pas qu'on vante 900 0iA :
A son humeur ainsi la mienne s'aceoÉimode ;
Je cajole à propos, je badine i la mode.
(MoNTPLBDRT, La Femme juge et partie, }, 3.)
Corneille se serj; aussi, et même d^Ki^le style tragique, de cajoler, avec un régime direct : ' ^'
L'amour vous est bien doux, et votre espoir tranquille
Qui vous fit consumer deux ans chez Hypsipile,
En consumeroit quatre avec plus de raison
A cajoler Médée, et gagner la Toison. {La Toit. <tor, 1, 5.)
Nicot, avec beaucoup de vraisemblance, fait venir le verbe cajoler de l'ancien mot geolcy et dit que par métaphore on le tire de ces preneurs d*oiseaux qui, au chant d*un oiseau enfermé au bas d'une cage à deux étages, attirent les autres dans le haut et les y attrapent par le moyen d'un trébuchet.
La phrase suivante présente un excellent exemple de l'emploi des deux significations, la propre et la figurée : %
A peine, dans ce délire universel, ai-je trouvé dans lout Paris quelqu'un qui ne s'aviltt pas à cajoler fadement un homme qu'ils vouloient tromper, comme on cajole un oiseau niais qu'on veut prendre. (J.-J. Rousseau, Lett.^ à M"* ***, 14 août 1772.)
CARACOL, subst. m., pour caracole^ fém.
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Ce mot se trouve fréquemment employé au masculin en terme de guerre :
Monsieur de Bouillon n'ayant fait qu'une fausse charge (comme il dit depuis n'avoir dit autre chose à M. de Villars, et non une furieuse charge comme nous rassurions), et un caracol pour reprendre le chemin de la retraite, etc. (Sully, Œcon. roy.y t. il, p. 406.)
Les dictionnaires de Cotgrave et de Monet indiquent encore l'expression faire le caracola pour dire charger l'ennemi en caracolant.
CARFOUR, pour c«rre/bt/r.
Cette orthographe n'est pas particulière à Corneille. « Tout le monde, dit le frère du grand tragique, prononce car four , et non pas carrefour, et il y en a même qui l'écrivent en deux syllabes.» (Not, sur les Remarques de Vaugelas, CCCXII.)