MILIEU. — MOL
MILIEU. AMITIÉ DE MILIEU, pouF désigner un sentiment qui tient le milieu entre la simple amitié et l'amour :
Qu'on te flatte, qu'on te baise.
Tu ne t'effarouches point,
PhyliSi et le dernier point
Est le seul qui te déplaise.
Cette amitié de milieu
Te semble être selon Dieu,
Et du ciel t'ouvrir la porte. (Poit. div., Bpigr.)
MOINS. A MOINS QUE , suivi d'un adjectif, avec suppression du verbe :
Je veux bien réserver ce remède au besoin,
Ne faire point cette offre à moins que nécessaire. {La Tois. (for,i,2.)
Le sens est : à moins qu'elle ne soit nécessaire. L'ellipse est bien forte.
— A MOINS QUE, suivi d'uu subjonctif sans négation.
Ajouter :
L'emploi de la négation avec à moins que est depuis longtemps commandé par la grammaire. Cependant il peut paraître redondant, comme dans plusieurs autres manières de dire. Aussi Corneille n'est-il pas le seul qui ait, sans qu'on puisse l'en blâmer, supprimé cette négation, souvent bien gênante dans levers, et si peu nécessaire pour le sens.
Mes senliments vont tous à désirer l'honneur de sa présence, qu'il n'est pas possible de consentir de perdre, à moins que les continuelles asseurances du bonheur de Vostre Majesté nous apprennent à souffrir son absence, et fasse que la joye nous oblige à n'oser désirer celle de la revoir. (M"* hb La Soze, Recueil de pièces galantes, t. iv, lett. xxxi.)
A moins que, pour régner, le destin les sépare.
(Cité par Lbmarb, Cours de Mangue française, t. m, p. 1068.)
Une preuve que le ne n'est pas essentiel au sens dans la locution à moins que, c'est qu'en rendant la pensée par l'infinitif, au lieu de l'exprimer par le subjonctif, on écarte toute négation , à moins que de faire cela , ou , comme on disait anciennement, â moins que faire cela.
MOL, adj. masc, devant un mot commençant par une consonne :
An reste, un prince foible, envieux, mol, stupide. [Âtt., i, 3.}
Hi NAITRE. — NON.
Et j'ai vu leur honnear crotlre de la moitié,
Quand ils ont des deux camps refusé la pitié.
Si par quelque foiblesse ils Tavoient mendiée.
Si leur haute vertu ne l'eût répudiée.
Ma main bientôt sur eux m'eût vengé hautement
De l'affront que m'eût fait ce mol consentement. {Hor., m, 5.)
S'il pardonne il est mol; s'il se venge, barbare. (Rotboit, Fmces/., i, l.)
De même, avec le pluriel, et jusqu'à une époque très-rapprochée de nous :
Ce sont des peuples moU, pacifiques, indolens. (Bupp., Hûl nau de fkommet Variétés dans l'espèce humaine.)
Mol, de même que fol, ne s'emploie plus guère devant un mot commençant par une consonne. Il est beaucoup de cas cependant où fol et mol seraient plus harmonieux que fou et mou.
NAITRE. CE QUE JE SUIS NÉ, le rang dans lequel je suis né. Nous avons cité ces vers de Corneille :
Je ne puis jeter l'œil sur ce que je suU née.
Sans voir que de périls suivront cet hy menée. {Tite et Bérén., ir, l.J
Ajouter :
On a dit exactement de même après le grand tragique :
Oui, votre politesse.
Votre abord, vos discours, un esprit vif, orné, Tout fait voir à l'instant ce que vous êtes ni. (Dbst., Le Médisant, ii. 10.)
NON, employé dans une phrase où Ton dirait aussi bien oui. Voici un exemple analogue à celui de Corneille :
Quoi, ce crime est le seul dont Moncade est coupable? Ce grand courroux du roi, cet exil de la cour, N'a pour tout fondement que cet effet d'amour? D.ALVàR.iVo/i, madame. (M"* de Villso., |.e Favori. ni,l)