‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 342 sur 342 · VOILE · texte numérisé non relu

VOILE

veuve ou veufve^ qui rime avec neuve et fleuve^ et non pas avec trefve.

« M. de Malherbe,

combien lors aura de veuves La gont qui porte le turban!

Que de sang rougira les fleoves Qui lavent les pieds du Liban!

4 On conserve ly à veuf, mais je crois qu*il la faut ôter à veuve et à veuvage. Quelques-uns écrivent encore veufve^ mais peu écrivent veufvage. »

VOILE, s. m., pour désigner la voile d'un vaisseau.

Voile, dans cette signification, se rencontre au masculin, même après Corneille; nous l'avons montré. Cependant Vaugelas s'était prononcé pour le féminin , quoiqu'il « vît une infinité de gens qui faisoient ce mot masculin, et disoient il faut caler le voile, les voiles enflez. » [Remarque CCCCXXXII.)

Th. Corneille ajoute plus affirmativement :

€ On dit caler la voile, et non pas le voile; les voiles enflées par le vent, et non pas enflez. En ce sens il est toujours féminin. »

D'ailleurs, les bons auteurs du seizième siècle le faisaient euxmêmes habituellement féminin :

Recouldre et rapitcer les vif i/(e« voyles. (Guill. oc Bellay, ProL det Ogdoadet,)

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