‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 67 sur 342 · OU · texte numérisé non relu

OU

Seigneur, j'embrasse vos genoux.

C'est à votre vertu que je rends cet hommage.

Le premier où le sort abaissa mon courage. (Id., Und., n\, 7.)

divine amitié ! félicité parfaite.

Seul mouvement de l'âme où l'excès soit permis, Change en bien tous les maux où le ciel m'a soumis.

(Id., ÙUc, sur rhomme, iv.)

Cette vaste espérance où se livre un vainqueur,

Seule ne suffit pas au besoin de mon cœur. (Jour, Bélis., i, 6.)

Je n'avais pas réfléchi, reprit-elle, sur mille circonstances où je faisais alors peu d'attention. (M">" Riccob., Hisu de deux jeunes amies.) — Cet art n'est point frivole en lui-même; il ne le devient que suivant les objets où on l'applique. (La Harpe. Lyc, 3« p., 1. i, c. viu, sect. i.) — Voilà, par exemple, M. la comte Janbert, qui nous donne un Glossaire du centre de la Franee^ composé avec cette patience, cette méthode et, cette rigueur d'observation où l'on se forme par l'étude des sciences naturelles, car, etc.. Et s'il ne l'espère pas, où tend sa pièce de vers? (Gbnin, Récréai, philolog,)

— OU se disait de même pour sous lequel, sous laquelle :

Et ainsi ils furent réduits sous l'obéissance des François, où ils ont demeuré jusquos au temps que... (Rohan, imér. des Pnnc, 1666, p. 18.)

— Pour sur lequel :

Oui, reine, si quelqu'un dans ce vaste univers

Pouvoit porter plus haut la gloire de vos fers;

S'il étoit quelque trône où vous puissiez parottre

Plus dignement assise en captivant son maître,

J'irois, j'irois à lui, moins pour le lui ravir.

Que pour lui disputer le droit de vous servir. [Fomp., iv, 3.)

Je l'accepte, Romains, ce droit de commander

Où je fonde aujourd'hui ma dernière espérance. (Jout, Bélis,, m, 6.)

— OU, se disait et se trouve encore employé pour chez lequel^ chez laquelle :

.. Que vous cherchiez de ces sages coquettes Où peuvent tous venants débiter leurs fleurettes. {Le Ment,, i, 1.)

On a dit de même dans des vers devenus proverbe :

Le véritable amphitryon Est l'amphitryon où l'on dtne.

Et encore : »

Plus heureux toutefois que ceux où l'or abonde,

De la peur du besoin je n'ai jamais frémi... (Panaru.)

— Corneille a encore employé, mais moins correctement, ce nous semble, oh pour />ar lequel :

Préparons son hymen, où, pour faveur insigne,

Les dieux ont résolu de se joindre avec nous. ^.Androm,^ ii, 2.)

ou. 95

— PAR OU, fig., pour indiquer le moyen, la cause :

Quelquefois l'an se brise où l'autre s'est sauvé,

Et par oii l'un périt, un autre est conservé.

Si jamais je puis voir par où n'en point douter. {Oth. , v, 1.)

Tout soumis qu'il parott, apprenez qu'il conspire

Et par oA sa vengeance espère y réussir. {Agét,, m, 2.)

... Que voulez-vous; j'adore Pulchérie,

Et n'ayant rien d'ailleurs par où la mériter^

J'espère en ce doux titre, et j'aime à le porter. {Pulch., i, 4.)

On a trouvé de lui après sa mort quantité d'écrits sur ranlÂquUé, sur l'histoire, sur la théologie môme, si éloignée des sciences par où il est connu. (Fontkn., Êtog. des Aead., Newton.)

— OU, faisant pléonasme, pour que :

Ce n'est pas là, madame, où je prends intérêt. {Sophon,, v, 4.)

Cet emploi, aujourd'hui rigoureusement proscrit par la grammaire, était au seizième et au dix-septième siècle regardé comme très-correct, et se rencontre encore assez fréquenmient chez les meilleurs écrivains' du commencement du dix-huitième siècle , et même chez plusieurs du dix-neuvième.

Aussi ce n'est qu'en eux où mon espoir se fonde. (Racan, Les Berg,, v, 8.) C'est à Tauris où se fait la plus grande partie des peaux de chagrin qui se consomment en Perse. (Tavern., Voyage de Perse, i, 4.)— Il y a un village auprès de Sardes du mesme nom; et c'est en celte ville au estoit une des sept Églises dont saint Jean fait mention dans son Apocalypse. (Id., ibid., i, 7.) — C'est dans cette province de Kerman où presque tous les Gaures se sont retirez. (Id., ibid,, i, 8.) — Apprenons à ne perdre jamais l'espérance dans quelque abtme de maux où nous soyons plongés. (Boss., Méditations sur PÊvang,, Dernière semaine du Seignear, ex.)

Nous supprimons les exemples de Molière pour ne pas répéter le bon travail de M. Génin.

Au dix-huitième siècle on trouve, entre autres emplois :

C'est là où j'ai connu Antoine. (J.-J. Rousseau, Emile, v. ) — C'est en Amérique où nous trouverons un très-grand nombre de mines d'argent, plus étendues, plus abondantes, et travaillées plus en grand qu'en auoiine antre partie du monde. (Buffon, Hist, natur. des miner,) — Ce n'est qpé de nos jours qu'on s'est élevé à la théorie de sa forme intérieure (la terre), et qu'on a démontré l'ordre et la disposition des matières dont elle est composée ; ce n'est donc que de cet instant où l'on peut commencer à comparer la nature avec elle-même, et remonter de son état actuel et connu à quelques époques d'un état plus ancien. (Id*. Époq. de la nat.) — C'est dans ces terres de la zone torride où se sont faits les phia grands bouleversements. (Id., ibid,, 3" époq.) — Ce n'est guère qu'en France où de pareilles questions peuvent être agitées. (Mbckbr, De CAdtnm. des finances^ xiu.) Ce fut donc dans ces plaines où je conduisais Paul. (Bbbn. db St- PiBBBB, Paul et Yirg.)

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