‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 4)Chapitre 94 sur 342 · PERDRE · texte numérisé non relu

PERDRE

philos., I, 7.) — J'étois bien aise de les amaser toajoan poar lear faire perdre temps et donner lieu à M. le maréchal de Tu renne de se fortifier de pins en plus dans ses retranchement^. (M"« db La Gdbtts, Mém.^ éd. Jannet.) — Et pour ne point perdre temps, j'avoue d'abord. (Akn., Fréq., comm., u, 2.) Pour ne point perdre temps et hâter mon ouvrage, J'emprunterai, selon l'usage.

Par-ci par-là des vers tout faits Ou dans Racine, ou dans Corneille.

(Le Grand, Le Roi de Cocagne, prol., se. 5.)

— PERDRE TEMPS, perdre son temps, perdre sa peine :

Vous perdez temps, monsieur, je sais trop mon devoir.

{Suite du Meta., i, 2.) Je perds donc temps^ madame, et votre âme obstinée N'a plus amour, ni foi, ni pitié pour Phinée? {Àndrom,, v, 2.)

c iSAB. Blanche, j'ai perdu temps.

BUNCHB. Je l'ai perdu de même. {Don Sanche, ni, 6.].

Menace, puisqu'enfin c'est perdre temps qu'offrir. (Perth., ii, 4.)

Tu perds temps, je n'écoute plus rien. [Ibid., iv, 2.)

Mais sans trâne on perd temps, c'est la première idée

Qu'à l'amour en mon cœur il ait plu de tracer. [Agés, y i, 1.)

Les exemples à^ perdre temps, pour signifier perdre son temps, perdre sa peine, sont nombreux aussi, avant comme après Corimeille :

Laisse-moi, raison importune.

desse d'affliger mon repos,

En me faisant mal à propos

Désespérer 4e ma fortune ;

Tu perds temps de me seeourir,

Puisque je ne veux point guérir.

(Malh., Stances pour la vicomt, d'Auchy, 1606.)

Tu perds temps, Tarrêt en est donné. (T. Cobn., Pyrrh,, iv, 4.)

Tu perds temps, il me faut ou son trône, ou sa télé. (Id., Comm., m, 6.)

Monsieur, j'at perdu temps, votre homme se dédit. (Mol., £'£(our<fi, m, S.

Il est important de ne pas confondre, comme on Ta fait quelquefois, particulièrement en voulant expliquer Molière, les deux nuances de signification que nous venons de distinguer.

■^ Corneille se sert encore de perdre, pour signifier employer ^nutQement» dans des alliances de mots très-variées :

n aime mieux se jeter aux pieds de cette marâtre impérieuse qu'H hait et <{Q'U a bravée, que de perdre des prières et des soupirs auprès d'un père qui i'aime dans le fond de l'âme, et n'oseroit lui rien accorder. [Exam. de Théod.)

Qui n'a rien à prétendre en peut bien aimer deux,

Et perdre en plus d'un lieu des soupirs et des vœux. (D. Sanche, iv , 5.

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