‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 100 sur 375 · UN BRAS SI RENOMMÉ · texte numérisé non relu

UN BRAS SI RENOMMÉ

J'ai vu dans votre amour une source de haine,

Et j'ose dire encor qu'u/t bras si renommé,

Peut-être aurait moins fait, si le cœur n'eût aimé. {HéracL, 1 1 ^ ^-

Cette alliance de mots est marquée par Voltaire d'un poin^ d'exclamation; Palissot ne s'en scandalise pas tant, et dit avec raison : « En poésie , tout ce qui peut se dire d'une personne peut se dire également de son bras , qui est pris alors pour 1^ personne môme : bras renommé n'a donc rien de vicieux, c'est ^^ contraire une de ces figures auxquelles on est tellement accontumé par l'usage, qu'on ne les remarque plus. »

Corneille dit encore par la même figure :

Pleure, pleure ce bras qui lu si bien servie

Pleure ce bon sujet que le mien t'a ravi. (Penh., v, 5.}

(Commandez que son bras nourri dans les alarme*

Répare cette injure à la pointe des armes. {Le Cid, ii> ^')

BRASIER, pour parler des feux qui dévorent Creuse apr^ qu'elle a vêtu la robe empoisonnée, don fatal de Médée :

La flamme disparait, mais l'ardeur leur demeure ;

Et leurs habits charmés, malgré nos Aains efforts, . .

Sont des brasiers secrets attachés à leur corps. (Mid. * ^»

Mais garde de toucher ce misérable corps ;

Ce brasier^ que le charme ou répand ou modère, e

A négligé Cléone, et dévoré mon père. (/^w*- » ^*

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