‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 106 sur 375 · BROUILLER LA FANTAISIE · texte numérisé non relu

BROUILLER LA FANTAISIE

Ce mot me l'a rendu si traitable et si doux,

Que j'ai bien reconnu qu'un peu de jalousie

Touchant votre Clindor brouillait sa fantaisie. [L'Illus. com.j iv ^ ^'f

Mais si vous la piquiez un peu de jalousie,

Seigneur, si vous brouilliez par là sa fantaisie.

Son amour mal éteint pourroit vous rappeler. (Pulch,, ni-y '

Quel est ce don Fadrique, et quelle jalousie

Vous a mal à propos brouillé la fantaisie?

(T. Corn., Les Engag. du has.,i» w

BROUILLER. i03

Je crains que vous n'ayez brouillé sa fantaisie , Et qu'il n'ait pris do vous un peu de jalousie, Vous voyant si souvent chez Constance.

(MoNTFL., La Femme juge et parUe, i, 3.)

BROUILLER LA CERVELLE , comme brouiUer Tesprit ou la isie; locution familière que Corneille emploie plusieurs fois ses comédies :

Mille sottes frayeurs lui brouillent la cer telle. [Mél., i, 1.)

Vois-tu, je ne sais quoi me brouille la cervelle. (La PL roy., m, 8.)

i a dit à peu près de môme :

A votre fille, à vous il le rendoit suspect^ Tandis qu'avec douceur contre vous et contre elle De mille faux soupçons il brouillait sa cervelle.

(J.-B. Kouss., U Flatt.. v, 7 )

SE BROUILLER, sc troubler :

Cliton la vit pâmer, et se brouilla de sorte

Que, la voyant si pâle, il la crut être morte. {Met., v, -2.)

SE BROUILLER L*ESPRiT, sc troubler Tesprit :

Que nous aurions de paix et qu'elle se roi t forte,

Si nous n'avions le cœur qu'à ce qui nous importe»

Et si nous n'aimions point à nous brouiller l'esprit

Ni de ce que l'on fait, ni de ce que l'on dit! (/mt/., i, II.)

Non, non ; faisons toujours ce que le ciel prescrit.

Et d'aucun autre soin ne nous brouillons l'esprit. (Mol., Tari., iv, I.)

BROUILLER LA POPULACE , exciter des troubles parmi la ilace :

Et ces discours en l'air que l'orgueil vous inspire,

Veulent persuader ce que vous n'osez dire.

Brouiller la populace, et lui faire après vous

En un -fourbe impudent respecter votre époux. {Penh., m, 4.)

SE BROUILLER AVEC SES BONS DESTINS , employé dans le style e, comme on dit familièrement, se brouillei' avec quelqu'un :

Ne cherchons point, madame, à faire des mutins,

Et ne nous brouillons point avec nos bons destins. {Sert., iv, 2.)

BROUILLER, daus le sens de griffonner, écrire, composer à Ue:

Ma sœur, un mot d'avis sur un méchant sonnet,

Que je viens de brouiller dedans mon cabinet. {Mil., i:, i )

^ a dit avec la môme signification, avant Corneille :

Mais moi, qui suis coustumier, Brouiller mes vers à la mod6

Page 1