COUPER. — COURAGE
Qu'est-ce-cy, Fabian, quel nouveau coup de foudre
Tombe snr mon bonheur et le réduit en pondre? {Pol., iv, 6.)
11 n'en faudroit pas tant, seigneur, pour vous résoudre
À lancer sur ma tête un dernier coup de foudre. {Tite et Bér„ v, %)
— COUP DE VENT, sublime emploi au fig. :
Il m'dte des périls que j'aurois pu courir,
Et, sans me laisser lieu de tourner en arriére,
Sa faveur me couronne entrant dans la carrière ;
Du premier coup de vent il me conduit au port ,
Et, sortant du baptême, il m'envoie à la mort. [PoL, iv, 3.)
— COUP DE MALHEUR, employé dans le style tragique comme dans le comique :
Cependant que vous lui rendez compte, Je vais voir mes parents, que ce coup de malheur^ A mon occasion accable de douleur.... (La PL Boy., v, 2.)
Apaise, ma Chiméne, apaise ta douleur, Fais agir ta constance en ce coup de malheur {Le Cid, n, 3.)
— ENCORE UN coup, cncorc une fois. Locution employée plusieurs fois par Corneille, comme elle l'est souvent par Racine, par Bossuet :
Ëcoute, je suis bon, et malgré ma colère,
Je veux encor un coup montrer un cœur de père,
Je veux encor un coup pour toi me hasarder. {Le Ment,, v, 3.)
Allez, encor un coup, allez en d'autres lieux
Épargner par pitié cette gêne à mes yeux. {Agés., v, 2.)
Vivez, encor un coup, c'est moi qui vous l'ordonne. [CEd,, i, 4.)
Madame, encor un coup, souffrez que je vous aime. {Oih,, ii, 2.^
Voltaire a critiqué cette expression chez Racine :
Encor un coup, allons, il n'y faut plus penser. {Béren-t u, 2.)
« Encore un coup, » dit-il, est une façon de parler trop familière et presque basse, dont Racine fait trop souvent usage. »
COUPER. Corneille a changé un peu la locution usuelle : Couper la parole à quelqu'un :
La honte de paroître en un tel équipage
Coupe ici ma parole, et l'étouffé au passage. [Clit., iv, 5.)
COURAGE. Ce substantif s'emploie souvent pour cœur; mais
généralement c'est plutôt Yanimus latin que le synonyme exact
du mot français cœur. Corneille s'en sert plusieurs fois dans cette
dernière signification :
Et l'amour, qui ne put entrer dans son courage.
Voulut obstinément loger sur son visage. (Af^/., i, IV