‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 146 sur 375 · COUPER. — COURAGE · texte numérisé non relu

COUPER. — COURAGE

Qu'est-ce-cy, Fabian, quel nouveau coup de foudre

Tombe snr mon bonheur et le réduit en pondre? {Pol., iv, 6.)

11 n'en faudroit pas tant, seigneur, pour vous résoudre

À lancer sur ma tête un dernier coup de foudre. {Tite et Bér„ v, %)

— COUP DE VENT, sublime emploi au fig. :

Il m'dte des périls que j'aurois pu courir,

Et, sans me laisser lieu de tourner en arriére,

Sa faveur me couronne entrant dans la carrière ;

Du premier coup de vent il me conduit au port ,

Et, sortant du baptême, il m'envoie à la mort. [PoL, iv, 3.)

— COUP DE MALHEUR, employé dans le style tragique comme dans le comique :

Cependant que vous lui rendez compte, Je vais voir mes parents, que ce coup de malheur^ A mon occasion accable de douleur.... (La PL Boy., v, 2.)

Apaise, ma Chiméne, apaise ta douleur, Fais agir ta constance en ce coup de malheur {Le Cid, n, 3.)

— ENCORE UN coup, cncorc une fois. Locution employée plusieurs fois par Corneille, comme elle l'est souvent par Racine, par Bossuet :

Ëcoute, je suis bon, et malgré ma colère,

Je veux encor un coup montrer un cœur de père,

Je veux encor un coup pour toi me hasarder. {Le Ment,, v, 3.)

Allez, encor un coup, allez en d'autres lieux

Épargner par pitié cette gêne à mes yeux. {Agés., v, 2.)

Vivez, encor un coup, c'est moi qui vous l'ordonne. [CEd,, i, 4.)

Madame, encor un coup, souffrez que je vous aime. {Oih,, ii, 2.^

Voltaire a critiqué cette expression chez Racine :

Encor un coup, allons, il n'y faut plus penser. {Béren-t u, 2.)

« Encore un coup, » dit-il, est une façon de parler trop familière et presque basse, dont Racine fait trop souvent usage. »

COUPER. Corneille a changé un peu la locution usuelle : Couper la parole à quelqu'un :

La honte de paroître en un tel équipage

Coupe ici ma parole, et l'étouffé au passage. [Clit., iv, 5.)

COURAGE. Ce substantif s'emploie souvent pour cœur; mais

généralement c'est plutôt Yanimus latin que le synonyme exact

du mot français cœur. Corneille s'en sert plusieurs fois dans cette

dernière signification :

Et l'amour, qui ne put entrer dans son courage.

Voulut obstinément loger sur son visage. (Af^/., i, IV

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