‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 165 sur 375 · DÉMETTRE. — DÉMON · texte numérisé non relu

DÉMETTRE. — DÉMON

DEMETTRE, se démettre de quelque chose sur quelqu'un» pour signifier, s'en remettre à lui :

Ce que tu dis, seigneur, n'est que trop véritable,

Les soucis que tu prends de moi Surpassent de bien loin tout ce dont est capable

L'amour-propre et son fol emploi. Aussi faut-il sur loi pleinement s'en démeure,

Sans se croire, sans se chercher. (ImU., m, 17.)

DEMEURE, retard :

Voyons donc ce que c'est, sans plus longue demeure. (Mél„ m, 6.)

Oui, sans plus de demeure.

Pour rintérét des dieux je consens qu'elle meure. {Théod., u, 6.)

Viens, mon Dieu, viens sans demeure, {Imii,, ni, 21.)

Demeure n'a plus le sens de retard qu'en style de jurisprudence. Cette signification était autrefois très-firéquente dans la langue ordinaire :

Ne pense pas, trés-gente damoyselle, Ne pense pas que l'amour et vrai zelle Que te portons jamais finisse et meure Pour ta trop longue et fâcheuse demeure.

(Cl. Marot, Epistre à la Damoyselle négligente,) Après tant de demeures^ L'horloge du palais vint à sonner onze heures. (Rbgn., Sat., vin.)

DEMEURER a, pour s'en tenir à :

Arrêtez^ insolent, votre reine pardonne

Ce qu'une indigne crainte imprudemment soupçonne,

Et pour la démentir, veut bien vous assurer

Qu*au choix de ses États elle veul demeurer. (D. San$hê, i, 3.)

DEMI. DÉVOTS A DEMI , dcmi-dévots :

Ces dévots à demi, sur qui la chair plus forte

Domine encore en quelque sorte, Penchent à tous moments vers ces mortels appas. {Imit., i, 6.)

DÉMON, génie, génie tutélaire, comme le grec (faipav, et le latin dœmon :

N'en craignez point, seigneur, les tristes destinées ;

Un plus puissant démon veille sur vos années. (Cûi., ii, l.)

Dis-moi, quel bon démon a mis en ton pouvoir

De rendre à ce héros ce funèbre devoir? {Pomp,, y, 1.;

Leur chef nous a paru le démon des combats. [la Tois, d'or, i, 2.)

Tel contre vous et moi s'osera révolter.

Qui contre un si grand corps craindroit de s'emporter.

Et méprisant en moi ce que l'amour m'inspire,

Respeeteroit en lai le démon de l'empire. (Tti/cA., m, 3.)

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