FAROUCHE. — FAUSSAIRE
— FARDÉ, avec un nom de personne, dissimulé, trompeur:
Vous perdez Amarante, et cet ami fardé
Se saisit finement d'un bien si mal gardé. {La Suiv,, i, 6.)
FAROUCHE, fig. des mots farouches pour les vers, des mots qui ne se prêtent pas à la versification :
U s'y rencontre même des mois si farouches pour nos vers^ que j'ai été contraint d'avoir souvent recours à d'autres qui n'y répondent qu'imparfaitement et ne disent pas tout ce que mon auteur veut dire. (Imiu, préf., éd. 1670.)
FAST, pour faste ^ dans le sens d* orgueil :
n entre avec éclat, mais votre populace
Ne voit point sur son front de fast ni de menace. {Les Vict» du iiot, en 1667.)
Jamais de vains degrés la pompe imaginaire
De son fast orgueilleux n'embrouille mes savants. {Itnit,, m, 43.)
— De même, dans le sens de pompe :
Que la facilité de ton heureux génie
Fait de honte à l'éclat des plus beaux ornements!
Leur grâce naturelle aura plus d'idolâtres,
Que n'en a jamais eu le fast de nos théâtres. {A Boisroberi.)
Fast , au dernier exemple , est souligné dans les bonnes éditions; témoignage de la nouveauté alors, non pas du mot, mais deTacception.
Ce n*est pas pour la nécessité de la mesure, on le voit parle second de nos exemples, que Corneille écrit fast sans e. L'ancienne orthographe faisait ce mot monosyllabe , même en prose :
c On peut estre sage sans/a«f, ny sans se rendre odieux et fascheux. (Hontaio., Ess., 1. 1.)
FAUSSAIRE, pour faux^ en général :
Ah I mes yeux, si jamais vos fonctions propices
A mon cœur amoureux firent de bons services,
Apprenez aujourd'hui quel est votre devoir,
Le moyen de me plaire est de me décevoir ;
Si vous ne m'abusez, si vous n'èies faussaires,
Vous êtes de mon heur les cruels adversaires. (C/if., i, 1)
Bien au rebours promet TËternel slux faussaires
De leur rendre sept fois et sept fois leurs salaires. (D'Aub., Les Trag,tin,)
•*.... Les inventeurs infâmes Pour un exquis supplice enterrèrent les femmes. Qui, vives, sans paslir et d'un cœur tout nouveau. D'un œil non effrayé, regardoient leur tombeau, Prenoieut à gré la mort dont cette geai faussaire Diffamoit Testomac de la terre, leur mère. (Id., t^id., iv.)