‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 257 sur 375 · FAUX. PARLER A FAUX · texte numérisé non relu

FAUX. PARLER A FAUX

Lui qu'Apollon jamais n'a fait parler à /aux. {Hor,, i, 3.)

<L Parler à faux n*est pas sans doute assez noble, ni même assez juste, observe Voltaire. Un coup porte à faux, on est accusé à faux , dans le style familier ; mais on ne peut dire, il parle à faux^ dans un discours tant soit peu relevé. »

On dit mieux , parler faux :

Comme ils se sentent incapables de tromper, ils ne peuvent croire que l'on puisse parler faux, (M'"*' de Mainten., Lett. hist,, Entret. avec M"* de Fontaine, mai 1694.)

FAVEUR. EN VENIR AUX DERNIÈRES FAVEURS, goûtcr Ics derniers plaisirs de T amour :

Ils avoient rendez-vous dans les bois le lendemain au lever du soleil pour en venir aux dernières faveurs. [Argum. de Clit,)

— EN FAVEUR DE , à la favcur de :

Jusques en Belle-Cour je vous ai reconduit

Pour voir une maîtresse en faveur de la nuit. {Suite du Ment., iv, 4.)

â06 FAVORABLE. — FEINDRE.

— FAIRE DES FAVEURS, comme occorder des faveurs :

Un amaot a fort peu de quoi se satisfaire

Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire. (Le Meni., i,2.)

— SOUS LA FAVEUR DE, à la favcuF de :

Marchons sous la faveur des ombres de la nuit. {Vlilus. com., m, 7>) FAVORABLE, succès favorable, succès heureux :

Bien que la nouveauté de ce caprice en ait rendu le succès assez /avora^/e pour ne me repentir pas d'y avoir perdu quelque temps. {Ëxam. de l'IUus,)

FAVORISER^E , gratifier de, accorder la faveur de :

Elles (ces rares pensées de la mort) me plongèrent dans une réflexion sériease, qu'il falloil comparoître devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il m'avoir favorisé. {ImiL^ Êpît. au pape Alexandre Vil.)

Et, si jamais le ciel favorisoit ma couche

De quelque rejeton de cette illustre souche,

Cette heureuse union de mon sang et du sien

Uniroit à jamais son destin et le mien. {Pomp., ii, 1, 1" éd.)

Le goût et le sentiment de la décence engagèrent plus tard Corneille à retrancher ces vers qu'il avait mis. dans la bouche de la reine Cléopâtre.

FEINDRE. FEINDRE A quelqu'un, feindre auprès de lui, lui dire mensongèrement :

Euphorbe vous a feint que je m'élois noyé. (Cin., v, 3.)

« Feindre, observe Voltaire, ne peut gouverner le datif; on ne peut dire: Feindre à quelqu'un. »

On le disait autrefois , et on le pourrait ei^core parfaitement dire aujourd'hui :

Il lui feint qu'en un lieu que vous seul eonnoÎAME

Vous cachez des trésors par David amassés. (Racine, Aihal.f i, 1)

Et d'une manière analogue, avec un subst. pour rég. dir. :

Ne voilà pas, dis-je, ceste volage, qui se feint de nouveaux prétextes de haine et de jalousie. (D'Urfé, Asirée^ i, 1.)

On disait aussi se feindre à, suivi d'un subst., dans le sens de se déguiser auprès de :

Et faut qu'ils (les princes) se feignent souvent non-seulement en guerre aux estrangers et ennemis, mais encore en paix et à leurs suhjets. (Charron, La Sag., 111, 2.)

— SE FEINDRE, comme feindre , suivi d'un infinitif, par imitation de la proposition infinitive des Latins :

Dorise se feint être un jeune gentilhomme contraint pour quelque occasion de \se retirer de la cour, (C//t., préf.)

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