FAUX. PARLER A FAUX
Lui qu'Apollon jamais n'a fait parler à /aux. {Hor,, i, 3.)
<L Parler à faux n*est pas sans doute assez noble, ni même assez juste, observe Voltaire. Un coup porte à faux, on est accusé à faux , dans le style familier ; mais on ne peut dire, il parle à faux^ dans un discours tant soit peu relevé. »
On dit mieux , parler faux :
Comme ils se sentent incapables de tromper, ils ne peuvent croire que l'on puisse parler faux, (M'"*' de Mainten., Lett. hist,, Entret. avec M"* de Fontaine, mai 1694.)
FAVEUR. EN VENIR AUX DERNIÈRES FAVEURS, goûtcr Ics derniers plaisirs de T amour :
Ils avoient rendez-vous dans les bois le lendemain au lever du soleil pour en venir aux dernières faveurs. [Argum. de Clit,)
— EN FAVEUR DE , à la favcur de :
Jusques en Belle-Cour je vous ai reconduit
Pour voir une maîtresse en faveur de la nuit. {Suite du Ment., iv, 4.)
â06 FAVORABLE. — FEINDRE.
— FAIRE DES FAVEURS, comme occorder des faveurs :
Un amaot a fort peu de quoi se satisfaire
Des faveurs qu'on lui fait sans dessein de les faire. (Le Meni., i,2.)
— SOUS LA FAVEUR DE, à la favcuF de :
Marchons sous la faveur des ombres de la nuit. {Vlilus. com., m, 7>) FAVORABLE, succès favorable, succès heureux :
Bien que la nouveauté de ce caprice en ait rendu le succès assez /avora^/e pour ne me repentir pas d'y avoir perdu quelque temps. {Ëxam. de l'IUus,)
FAVORISER^E , gratifier de, accorder la faveur de :
Elles (ces rares pensées de la mort) me plongèrent dans une réflexion sériease, qu'il falloil comparoître devant Dieu, et lui rendre compte du talent dont il m'avoir favorisé. {ImiL^ Êpît. au pape Alexandre Vil.)
Et, si jamais le ciel favorisoit ma couche
De quelque rejeton de cette illustre souche,
Cette heureuse union de mon sang et du sien
Uniroit à jamais son destin et le mien. {Pomp., ii, 1, 1" éd.)
Le goût et le sentiment de la décence engagèrent plus tard Corneille à retrancher ces vers qu'il avait mis. dans la bouche de la reine Cléopâtre.
FEINDRE. FEINDRE A quelqu'un, feindre auprès de lui, lui dire mensongèrement :
Euphorbe vous a feint que je m'élois noyé. (Cin., v, 3.)
« Feindre, observe Voltaire, ne peut gouverner le datif; on ne peut dire: Feindre à quelqu'un. »
On le disait autrefois , et on le pourrait ei^core parfaitement dire aujourd'hui :
Il lui feint qu'en un lieu que vous seul eonnoÎAME
Vous cachez des trésors par David amassés. (Racine, Aihal.f i, 1)
Et d'une manière analogue, avec un subst. pour rég. dir. :
Ne voilà pas, dis-je, ceste volage, qui se feint de nouveaux prétextes de haine et de jalousie. (D'Urfé, Asirée^ i, 1.)
On disait aussi se feindre à, suivi d'un subst., dans le sens de se déguiser auprès de :
Et faut qu'ils (les princes) se feignent souvent non-seulement en guerre aux estrangers et ennemis, mais encore en paix et à leurs suhjets. (Charron, La Sag., 111, 2.)
— SE FEINDRE, comme feindre , suivi d'un infinitif, par imitation de la proposition infinitive des Latins :
Dorise se feint être un jeune gentilhomme contraint pour quelque occasion de \se retirer de la cour, (C//t., préf.)