‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 295 sur 375 · HAINE. — HASARD · texte numérisé non relu

HAINE. — HASARD

vous suis bien obligée, mon pére, de me donner de si bonnes habitudes. (Danc, Vopérateur Barry^ se. vu.)

HAINE/ objet de la haine :

Yons êtes son amour, craignez d'être sa haine. {Tile et Bér,^ v, 3.)

HALEINE. COURIR d*haleine, courir à perte d'haleine :

C'est lorsqu'il court d^haleine, et qo'en pleine carrière.

Quittant souvent la terre en quittant la barrière,

Puis d'un vol élevé se cachant dans les cieaxi

Il rit du désespoir de tous ses envieux. {Excuses à Arim*)

n peut n'être pas inutile, pour mieux faire comprendre Texpression de Corneille, de rappeler qu'on a dit des ouvrages f haleine pour exprimer des ouvrages de longue haleine :

Je suis toujours le môme, haïssant les ouvrages d^ haleine. (La Chapelle, lu Am, de Catuiie, 1, u.)

— HALEINE. Poétique emploi au figuré:

Et ce seroit en vain qu'aux miracles du temps

Je voudrois opposer Tâge de quarante ans;

Au bout d'une carrière et si longue et si rude,

On a trop peu d haleine et trop de lassitude. (Au roit sur son ret. de Flandre*)

HANTISE, fréquentation:

Êraste, amoureux deMélite, la fait connoître à son ami Tircis, et, devenu pois après jaloux de leur hantise, fait rendre des lettres d'amour supposées, de la part de Mélite, à Philandre. (iifé/., argum.) — Je le souffre encore, afin que par sa hantise je remarque plus exactement ses défauts, (f^id., m, 2.) Tant que par la douceur d'une longue hantise^

Comme insensiblement elle se trouve prise. (La Veuve, i, L)

... Après les douceurs d'une longue handse, (Le Ment,, v, 1.)

Ce mot était usité dès le quinzième siècle :

La hantise et la fréquentation de son oncle, {fi, Chastelain.)

n a été fréquemment employé au seizième siècle, en particulier par Montaigne, par saint François de Sales. On le trouve dans les Marguerites poétiqties, p. 513. Il se rencontre aussi chez Molière, chez J.-B. Rousseau, et même chez des écrivains plus rapprochés de notre époque. Nous croyons qu'on pourrait s'en servir encore, en particulier dans la poésie.

HARMONIEUX. Admirable alliance de mots :

Unissez en votre musique La flûte à la viole, et la lyre aux tambours : Que l'orgue à tant de sons mêle un son magnifique,

Prête un harmonieux secours, (Trad, du Ps. 150.)

HASARD. DANS LE HASARD , daus l'incertitude, dans le péril :

Je vois dans le hasard tous les biens que j'espère. («od., i, 2.)

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