HYMEN. — IDOLE
J'en prendrai seulement deux ou trois pour valets,
Qui viendront à genoux vous rendre mes poulets. {VIllus, eom,, ii, 3.)
HYMEN. FAIRE UN HYMEN A UNE FEMME, pour signifier lui donner un époux :
Je ne demande plus d'où partoit ce dédain,
Quand j'ai voulu vous faire un hymen de ma main. (D. Sanc.,iv, 5.)
IDÉE DE l'esprit, invention de Tesprit :
L'autre femme est une puro idée de mon esprit^ mais qui ne laisse pas d'avoir aussi quelque fondement dans l'histoire. {Exam, de Sert.)
— EN IDÉE, le contraire de en réalité :
De pareils lieutenants n'ont des chefs qu'en idée^
Leur nom retient pour eux l'autorité cédée. (Serf., m, 3.)
IDOLE, au masculin, d'après le neutre latin idolum :
Et Pison ne sera qu'un idole sacré,
Qu'ils tiendront sur l'autel pour répondre à leur gré. {Oih.^ ni, 1.)
M. de La Porte disait, en 1580, dans ses Épithètes, article IDOLE : « On use de cette diction au masc. et fém. » Plus tard, en 1^6, Ménage, à propos de l'expression de Malherbe, />/am^tve idole [Od,, 1. m.), remarquait que Tusage faisait le mot idole du féminin. Il dit encore ailleurs : « Ce mot est du genre féminin, quoique le père Chiflet Taime mieux masculin. » [Observ. sur la langue franc. ^ i, 74.)
Le célèbre érudit aurait pu citer des exemples de l'emploi à'idole au masculin plus anciens et plus autorisés, tels que ceux-ci :
Brisant les idoles feints
De tes mains.
De leurs dieux tu seras maibtre. (Rons., Od,y m, 4.)
Pensant bien veoir et loiier je ne sçay quoy de beauté qu'il estime estre en s'amie, il ne la voit le plus souvent qu'en peinture, j'entens peinture de fard, ou d'autre telle masque de quoy ne se sçavent que ti'op reparer ses (ces) vieux idoUt revernis à neuf. (Tahureau, Prem, Dial, du Democritic, 1589.) — Cet idole, (D'Urfê, Astrée^ i, 11.)
IDOLATRER. — IL. 374
On a dit de même après Corneille :
Jamais idole, quel qu'il fût, N'avait eu cuisine plus grasse...
Il vous prend un levier, met en pièces Vidole,
Le trouve rempli d'or. (La Font., Fabl., vni, 4.)
Le langage rustique, en particulier dans les environs de Paris, fait encore idole masculin.
IDOLATRER, en parlant d'une production littéraiie, admirer avec un enthousiasme qui tient de Tidolâtrie :
Mon travail sans appui monte sur le théâtre,
Chacun en liberté l'y blâme ou Vidolâire, [Exe. à Ariste,)
IL, suivi du relatif ç'Mî*, ou de quiconque :
Pour la première fois il me dupe qui veut,
Mais, pour une seconde, il m'attrape qui peut. {Mél,^ v, 5.)
// sait mal ce qu'il dit, quiconque vous fait croire
Qu'aux feux de Grimoald je trouve quelque gloire. {Perth. , i, 2.)
// passe pour tyran quiconque s'y fait maître. {Cin., ii, 2.)
« Cet t7, qui était autrefois un tour très-heureux, dit Voltaire, la tyrannie de rasage l'a aboli. « Il est un tyran celui qui asservit son pays; il est un porfide celui qui manque à sa parole : » on a encore conservé ce tour : « ils sont dangereux ces ennemis du théâtre, ces rigoristes outrés. »
Il est curieux de voir tous les emplois qu'on faisait dans l'ancienne langue de cette forme qui , à notre avis , pourrait être quelquefois reprise, surtout en poésie :
// faict mal, qui ne leur complaist. (Villon, Gr. TesLj Bail, et or., cxxu.)
Vous dictes ce que vous voulés,
// vous en croira qui vouldra. (Coquill., Plaid.)
Il est saige qui se scet taire. [Le Débat de la dame et de la bourg.)
Je ne sais pas si vous m'en croyez : mais il n'est pas damné qui ne le croit. (DsspÉRiBRS, Nouv.y Lxviii, éd. La Monn.)
// vit sans soucy qui n'a rien. {Le Disc, du trép. de Vert Janety 1537.) //sera bien fin qui me trompera. (Lariv., Le Laq,, v.) —Léonard. // n'est sage qui faict tout à sa teste. — Ambroise. Il n'est sage qui faict tout selon la volonté d'autruy. (Id., La Veuve, i, 3.)
Mon Dieu ! que par ce beau temps-là // est sot qui a roalstre! {Com. de chans,, i, 3.;
// est bien fou qui s'oublie. (C" de Cramail, Com, des Prov,^ prol.)
// est encore à naistre qui puisse dire avoir veu des livres imprimez par Guttemberg, ou par Mentel, auparavant où au mesme temps que ceux de Jean Fust. (Nauoé, Le Mascuratj p. 177.)