IMPARFAIT DU SUBJONCTIF
sant qu'on peut donner à la préposition à le sens de cmtre : Immobile contre leurs coups,
IMPARFAIT DU SUBJONCTIFy où nous mettrions le plusque-parfait du subjonctif.
La syntaxe de Corneille est souvent celle du seizième plutôt que celle du dix-septième siècle. Ce caractère archaïque se remarque particulièrement dans la concordance des temps. Ainsi, notre poëte emploie souvent l'imparfait du subjonctif pour le plus-que-parfait. Il dîipût pour eût pu ;
DUT comme eût dû :
Après que nos exploits Tont si bien méritée,
Un mot seul, un souhait dût l'avoir emportée. (La Tois. dovy i,5.]
Mais puisque son dédain au lieu de te guérir
Ranime ton amour qu'il dût faire mourir,
Sers-loi de mon pouvoir. (Ciii.y u, 4.)
On trouve dès les temps anciens de la langue cet eiîiploi de l'imparfait du subjonctif pour le plus-que-parfait , et il s'est soutenu très-longtemps :
Nulle eaue ne la peust noyer, ne feu ardoir, ne glaive, ne aultre chose blescier; nulle chose ne luy peusi nuire , ne fayre couroucier. ( Le Livre du chev. de La Touvj c. xxxix.)
C'est-à-dire ne Veut pu noyer, ne lui eût pu nuire.
Mon père et ma mère me cuiderent marier à lui ; mes jamés je ne te feisu. {Les Quinze Joyes de mariage, la quinte joye.)
C'est-à-dire jamais je ne Vemse fait.
Qui lors cognut mon extrême tourment,
Bien eust le cœur rempli d'inimitié,
Si ma douleur ne l'eust meu à pitié. (Cl. Marot, Le Temple de Cupido.)
C'est-à-dire eût eu le cœur.
Voyez par qui, seigneur, ce crime est supposé.
Vous l'apprenez d'un traître, à qui le nom de père
Dût rendre pour son père le secret nécessaire. (T. Corn., Pyrrh,j v, 4.)
C'est-à-dire eût dû rendre.
Cet ancien usage s'explique par ce fait que notre imparfait du subjonctif a été formé du plus-que-parfait latin.
— L'imparfait du subjonctif s'employait aussi fréquemment pour le conditionnel :
Et toutes vous dussiez prendre en un jeu si doux. Comme même plaisir, même intérêt que nous.
{Clit., v, 3, l«« éd. jusqu'à 1644 inclus.)
IMPATIENT. — IMPLEXE. 375
Je sui vostre om, ne de&ssés
Ensi meire vos à mes pies. {Vie du page Grégoire te Grand, p. 15.)
C'est-à-dire vous ne devriez.
Et je vous dis de plus, si vous me maltraitez,
Que nos parents sçauronl toutes vos veritez.
Vous deussiez avoir honte... (Boisrob., La Folle Gageure^ m, 4.)
C'est-à-dire vous devriez avoir honte.
— Pour l'imparfait de l'indicatif:
Tu croyois que son cœur n'eûi point d'autres atteintes,
Que son esprit entier se conservoit à moi. [La GaL du Pal.t iv, 4.)
C'est-à-dire tu croyais que son cœur n'avait point....
On trouve entre autres exemples qu'il serait aisé de multiplier :
Car il est certain, si iujasses
Homme de bien, et que tu n'eusses
Quelque marque ou mauvais renom,
Tu ne craindrois dire ton nom. (Cl. Marot, Êpist. à cellequi Cinj.yelc)