‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 70 sur 375 · ATTENTAT. — ATTENTE · texte numérisé non relu

ATTENTAT. — ATTENTE

(Id., ibid,^ III, 9.) — An point du jour, le roy mon mari dit qu'il voaloit aller jouer à la paume, attendant que le roy Charles fust éveillé. (Mabg. dbYal, Mém. , 1573.) — Pour gaigner temps, attendant que leurs forces peussent estre prestes. {Lett. miss, de Henri IV, t. iir, p. 83.)— Attendant qu'on nous apportast à desjeuner, nous achevions, Clitiphon et moy, de rapaiser la fougue de nostre nouveau soldat. (Théoph. , Frag, d'une hist, com.^ iv.)

Attendant que ton fils, instruit par ta vaillance,

Dessous tes étendards sortant de son enfance,

Plus fortuné que toi, mais non pas plus vaillant.

Aille les Ottomans jusqu'au Caire 'assaillant. (Régnier, Epist., i ]

Je me suis dans le bois arrêté pour lui rendre

Le dernier des devoirs, en recueillant sa cendre, • Attendant quen ce temple un tombeau plus pompeux

Reçoive avec honneur ce dépôt douloureux. (Le Mier., Ter,, ii, 2 ]

Qu'on l'ôte de mes yeux, attendant que ma haine

Par l'arrêt qu'il mérite ait résolu sa peine. (Th. Corn., barius, v,3.)

Attendant qu en ces lieux j'obtienne une couronne,

Il m'est doux que l'amour par vos mains me la donne.

(Id., Perséeet DAn^/r.. v, 3.)

Voyez notre article participe présent employé pour le gérondif.

ATTENTAT, faire un attentat sur, en parlant d'une chose morale, entreprendre sur :

Tout son peuple a des yeux pour voir quel attentat

Font sur le bien public les maximes d'Ëtat. {Nicom., 111,^0

Et leur guerre est trop juste, après cet attentat

Que fait «ur leur grandeur un tel crime d'État. (/^/d., v, 1*)

Et la foi qui ne tient qu'à la raison d'Ëtat,

Souvent n'est qu'un devoir qui gêne, tyrannise.

Et fait sur tout le cœur un secret attentat, [Agis., m, 3-)

Le frère du grand poëte a dit par imitation :

Je sais que plus le rang approche des couronnes,

Plus sa Aère grandeur asservit nos personnes :

Mais je ne sais pas moins quel injuste attentat

Font souvent sur nos cœurs ces maximes d'État. (T. Corn., Maxim., ii, 2 0

ATTENTE, avec le pluriel :

Scipion vient, seigneur, d'arriver dans vos tentes,

Ravi du grand succès qui prévient ses attentes. {SopiwH., iv. ^ - ^

— l'attente du repentir , Fespoir du repentir :

Rien ne t'en saurait garantir;

Et la foudre qui va partir,

Toule prête à crever la nue,

Ne peut plus être retenue

Par Vaitente du repentir. (/•(,/ , ir, 9>)

ATfENTER. — ATTITRÉ. 69

[TENTER jusqu'à (un infinitif], porter ses attentats jusqu'à:

Mais si vous attentez jusqu'à me commander,

Jusqu'à prendre sur moi quelque pouvoir de mattre,

Je me souviendrai lors de ce que je dois être. (ÛE^., i, 4 )

ATTENTER A, suivi d'uu infinitif, tenter, essayer présompjement, témérairement de :

Et je serais coupable autant comme indiscret,

Moi qui ne suis que terre et fange, Wattenter à comprendre un si profond secret. {Imil., iv, 4.)

Les yeux même de tout uh monde ,

En un seul regard assemblés ,

De tant de lumière aveuglés

Rentreroient sous la nuit profonde :

Ils ne pourroient pas subsister

S'ils attentaient à supporter

Des clartés si hors de mesure. (Ibid,^ c. xi.)

ATTENTER, employé activement, entreprendre quelque e d'audacieux :

Un désespéré qui peut tout attenter, {Pol,, m, 1.)

Et si ma main pour vous vlovoU tout attentif ^

L'effet de cet amour vous auroit tout coûté. (Aodogf., ii, 3.)

ne sont que deux criminels, qui cherchent à éviter la punition de leurs

'S, et dont même le premier en attente de plus grands pour mettre à cou-

es autres. (Exam, de Clii,)

1 trouve jusqu'au dix-huitième siècle des exemples de cet loi si naturel et si nécessaire de attenter actif :

G permettra ny commandera à l'advenir qu'il soitattempté et entrepris contre tant en général qu'en particulier, chose qui vous soit désagréable. {Leti. rfc Henri /f, t. v, p. 210.)— Qu'y aura-t-il désormais que les hommes ne 5iit savoir? et que n'attentera pas leur témérité? (Boss., IV* 5erin. pour n. dim. de car, y m.) — Tout droit doit venir de l'autorité publique, sans oit permis de rien envahir, ni de rien attenter parla force. (Po/i/., l.i, art. 3.) Ëgisthe, contre toi qu'avoiw-nous attenté? (Volt., Oresie, iv, 7.)

Tiédir , fig., comme refroidir :

Nous laissons attiédir son impuissante ardeur. {Imit., i, 11.)

Mais encore une fois souffrez que je vous die

Qu'une si juste ardeur devroit être attiédie, (Ctfi., i, 2.)

TTTRÉ. un homme ATTITRÉ, uu hommc aposté, un homme pour jouer un certain rôle , à peu près comme on dit un te- <ittitré :

Quoi , je passe à tes yeux pour un homme attitré ! ( Perth,, i ii , 4 .)

^ trouve d'une manière ajialogue :

^^t esté lors pratiqué et attitré par les capitaines du roi des Parthes, avec

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