‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en général (volume 5)Chapitre 74 sur 375 · AUSSI. — AUTANT · texte numérisé non relu

AUSSI. — AUTANT

maiotenant brave. (Lariy., Le Laq,, m, 3.J — Un pasteur frais et en parfaite santé, eD lioge fin et en point de Yeni^ , a sa place dans l'œuvre , auprès les pourpres et les fourrures. (La Brut., Caract.t De quelq. usag.)

AUSSI, dans la signification de pareillement, de même y employé dans le style élevé avant le verbe :

Mais lis sont innocents; aussi l'étoit mon frère,

Us sont trop criminels d'avoir Jason pour père. {Méd.t v, 2.)

Cette inversion était fréquente en toute sorte de Style, au seizième et au dix-septième siècle :

S'il avoit quelques imperfections, aussi avez-vous, aussi avons-nous. (Rab., m, M.) — Les enfants ont peur de leurs amis mêmes quaifd ils les voient maspés; aussi avons-nous. (Mont., Ess. i, 19.) — Tout ainsi que ce siècle produisit plosieurs gens doctes, aussi se réveilla la dévotion des supérieurs de l'Eglise eu faveardes bonnes lettres. (Pasq , Rcch.t m, 29.) — Comme la mode fait l'agié- Meot, 0B«i fait-elle la justice. (Pasc, Pens,, éd. Louandre, vu, 5.) — Les chrétieng communioient souvent; auj« faisoient les moines pour la plupart. (Fleurt, ^(smdeschréL, lui.) — Est-ce qu'il ne le peut, ou qu'il ne le veut pas? Si c'est impuissance , il n'est pas Dieu, aussi peu l'est-il si c'est insensibilité. IBouiD., Serm, pour le 4* dim, de VEpiph,)

— AUSSI, employé comme non plus, dans une phrase négative :

Se relever plus forts , plus ils sont abattus ,

N'est pas aussi Feffet des communes vertus. {Polyeucte, \\ 6.)

Nous ne répéterons pas ce qui a été dit sur cet emploi dans le lexique de Molière de M. Génin. Nousnous contenterons de quelpies nouveaux exemples dont le dernier montre que cette manière de parler se retrouve jusqu'à la fin du dix-huitième siècle :

Le peu d'estime qu'on fait de mes esprits, et les médisances contre une répu- Ation de si peu d'importance, sont des outrages qui ne me nuisent guère, et qui le m'affligent pas aussi beaucoup. (Théoph., Œuvr., 2*- p., au lect.) — 11 mo "^ seulement à examiner de quelle façon j'ai acquis cette idée : car je ne Tai ^ reçue par les sens, et Jamais elle ne s'est offerte à moi contre mon attente , ^Qsi que font d'ordinaire les idées des choses sensibles , lorsque ces choses se "entent ou semblent se présenter aux organes extérieurs des sens. Elle n'est ^ aun une pure production ou fiction de mon esprit. (Desc, 3lédiL m".) — ^ Qe répondis rien ni l'officier aussi y et nous rejoignîmes notre cavalerie une ^^ après, ne songeant à rien moins qu'à cela. (Bdssy, Mém., 1646.) — Et moi ^ je ne crois pas les moyens de M. Necker les meilleurs possibles ; mais le '^Ime préserve, dans une situation si critique, d'opposer les miens aux siens. litAB., Disc» sur la Contrib. du quarL)

AUTANT. ÊTRE AUTANT QUE, être la même chose, signifier la ûême chose que :

Puisque Cid en leur langue est autant que Seigneur,

Je ne t'envieiai pas ce beau titre d'honneur. {Le Cid, iv, 5.}

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