‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 154 sur 743 · COURROUX. — COUTUME · texte numérisé non relu

COURROUX. — COUTUME

COURROUX, avec le plur. :

J'ai voulu vous haïr dés que j'ai su ce don ;

Mais à de tels courroux l'âme en vain se confie,

A peine je vous vois, que je vous justifie. {Tiu et Bér.9 ut, S

Ces courroux affectés que l'artifice donne

Font souvent trop de bruit pour abuser personne. (Sur., v, J

Cet emploi se trouve souvent, antérieurement à Corneille :

Tu me donnes bien des courroux. (Farce du nouv. Mark

Cela évite maints courroux. {Farce de la Résurr. de Je*, tandem

D'un regard, qui respire mercyt

De vos courroux tempérez la menace. (Dispohtis, Son

Plus cruel en ses plaisirs qu'il n'est en ses courroux. (Mon*, Poéi Ames dessous l'autel victime des idoles,

Je preste à vos courroux le fiel de mes paroles. (D'Aob., Les Trag., r Je craignais ses attraits, ses ris et ses courroux. (Régnier, Élég., n Certes, vous êtes bons; et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours,

Us l'obtiennent toujours. (Malb., Stanc, pour M. de Belleg., 161 Et même ses courroux, tant soient-ils légitimes,

Sont des marques de son amour. (Id., St. spirit., 161

Et de tes courroux légitimes

Punys ces lasches imposteurs. (Racan, Psaume f\

Leurs animositez ne se plaisent ailleurs

Qu'aux matières de pleurs, Que tes justes courroux me rendent si communes. (Id., ibid.y xxxvi

Mais, seigneur, dans tes chastimens,

Tes courroux sont trop véhémens. (Id., ibid., xxxni

Et que tes courroux attendris

Donneront à ma pénitence

Ce qu'ils refusent à mes cris. (Id., ibid., <

COUTUME, avoir de coutume, comme avoir coutume :

Ce théâtre horrible fait place à un plus agréable. C'est le désert , où Hèàét de coutume de se retirer pour faire ses enchantements. (La Toit, dor, décor. < a* acte.)

On a dit de même avant Corneille :

Avant que le bon seigneur roy se couchast, il avoit souvent de couttume de tm venir ses enfans devant lui. (Joinv., Vie de S. Louis.) — Beaulté ne memeutpfi à vous amer, laquelle a de coustume à esmouvoir les autres. { Le Livre de 1r*k\ Bibl. elzév., îv.)

Je ne craindray plus les gensdarmes

Comme avoys de coustume. (Farce de Pernet qui va au m

Les bourgeoises de ceste ville, qui ont de coustume de voir un nombre iaftii

jeunes godelureaux qui y vont estudier en médecine. (La grande division arri

entre les femmes et (es filles de Montpellier, 1622, in-8. VarUi. hisi. ei lût., t. vil.)

coutume. m

gis le jour qu'il eut été sacré, it ne mit plus de couronne sur sa tête tout te e de ia vie, quoique les rois tuttent de coutume de La porter tes grandes fêtes bus les cérémonies publiques. (Mbe**, <4to*9. cAroit,, an 907.]

Ménage a fait sur cette locution la remarque suivante : « Avoir itvrne, amir de coutume, tous les deux sont bons. Avoir de couweest le plus usité. » [Où$. sur ta langue ft\f 2* p.T c. U4.) 11 est plusieurs autres locutions où l'on employait ainsi la prétioii </r, contrairement à l'usage actuel. Ainsi on disait :

aïoir d* usage, comme avoir vsaget avoir coutume :

31 a commère a d'usage D'ouvrir au chappelaio sou huys. {Farce d'un maru jaloux.}

El N* est pas de besoin , pour il n'est pas besoin ; IL EST DE Q\\ * pour il est besoin :

h tous ree oui mande mes affaires, dont je vous pariay il y a environ Jeux ipst de quoy toutes fois il n'est pas beaucoup de besoin^ veu nosire amitié» (Laf., La Constance^ mt 6.)

// n'est pas de besoin qu'on vous voie avec nous.

(L. C, Discret* Alitoti, m, a.) Lequel aussy vous porte neuf horloges pour faire des prescris , tant au dtci

td seigneur, bas s as . que attitrés auxquels voua verres qu'Usera de btioing mou service, {Lttt* mus, de Henri /Y, L ivf p. &Â5, 9 mars 1595.) Laiftsex-moi ; j'aurai soin De vous encourager, s'jf eu est de besoin. (Mol., Femm. mi'., v, %)

m»oir de besoin, comme avoir besoin :

8a véritable gloire serait de nous donner la paix, les peuples en ont autant besoin ici qu'ailleurs. (Flbch., Leu. cclxxxvii, au duc de Villars, 17 avr. 1707, lit. 1735.)

Avoir de besoin, être de besoin, pour avoir besoin, être besoin, se it encore dans le centre de la France :

levons rends votre panier, je n'en ai plus de besoin. (Cle Jaubkrt, Gloss. du wurtdcla France.)

Être de dommage , comme être dommage, causer du dommage :

Sij'ay esté contante que tu faces quelque petite niche au maistre, je ne veux |l pourtant que luy faces chose que ce soit qui luy soit de dommage. (Lariv., iCouffanc*, i:i, 4.)

Nl n'est de merveille, pour ce n'est pas une merveille, il n'est r*s étonnant :

l^tB'esf de merveille si Euripide.... (Lariv., Le Fid., m, 6.) (piry a-t-il pas de moyen? pour n'y a-t-il pas moyen? *f a-t-il point de moyen de parler à ta maistresse? (Tournbbu, Les Content, v, 3.)

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