DELIBERER. — DELICAT
Jai déjà fait pour toi par delà mon devoir. ?a revoir ta parente, et dis-Lui qu'elle quille Ce soin de me payer par delà mon mérite, M* bonté ne peut plus arrêter mon devoir ; Ma patience a fait par delà son pouvoir. J'obéis sans réserve a Ions vos senti m en la, El prends vos intérêts pur de ta nies serments.
* Par delà mes serments, » expression dont je ne trouve quo *#t exemple; i et cet exemple me paraît mériter d'être suivi, * dil le célèbre commentateur.
Les exemples ci-dessus nous panaient exactement identiques à celui que Voltaire signale comme unique, et on pourrait en citer chez les bons auteurs beaucoup de semblables ou d'analagues, comme ceux-ci :
Néron veut faire voir Qu'Âgrippine promet par deià son pouvoir. (Racine, Britann,t i, 3+)
0 mon Dieo ! les désirs de l'homme dépassent toujours les dons que vous lui ùitei; cependant je ne conçois rien, dans mon enthousiasme, par delà ies félicités que j'ai coûtées. (M"' dm Stakl, ùttph^ v, fragm. m.)
DÉLIBÉRER de, comme délibérer sur :
Et je pais dire enfin que jamais potentat S eut à déliait er d'un si grand coup d'Etat.
Le commentateur dit
{ramp.t i, 1.}
c L'usage veut aujourd'hui que délibérer soit suivi de sur; mais le de est aussi permis. Ou délibéra sur le sort de Jacques II, dans le conseil du prince d'Orange. Mais je crois que la régie est de pouvoir employer le de quand on spécifie les intérêts dont on parle. On délibère aujourd'hui de la nécessité, ou sur la nécessité d'envoyer des secours en Allemagne. On délibère sur de grands intérêts, sur des points importants. »
L'observation que Voltaire émet trop dubitativement est confirmée par d'excellents exemples, comme celui-ci :
C'est une chose déplorable de voir tous les hommes ne délibérer que des moyens et point de la fin. (Pasc., Pens., éd. Louandre, ch. 25, lxxvii.)
DÉLICAT, subst. :
J'aime mieux qu'on me reproche d'avoir fait mes femmes trop héroïnes, par une ignorante et basse affectation de les faire ressembler aux originaux qui en sont venus jusqu'à nous, que de m'entendre louer d'avoir efféminé mes héros, par une docte et sublime complaisance au goût de nos délicats, qui veulent de l'amour partout , et ne permettent qu'à lui de faire auprès d'eux la bonne ou mauvaise fortune de nos ouvrages. {Exam, de Soph.)
Il est employé de même dans Y Examen de Pompée.