DEMETTRE. — DEMON
DEMETTRE, se démettre de quelque chose sur quelqu'un, pour signifier, s'en remettre à lui :
Ce que tu dis, seigneur, n'est que trop véritable,
Les soucis que tu prends de moi Surpassent de bien loin tout ce dont est capable
. L'amour-propre et son fol emploi.
Aussi faut-il sur toi pleinement s'en demeure,
Sans se croire, sans se chercher. (Imii., m, 17.)
DEMEURE, retard :
Yoyons donc ce que c'est, sans plus longue demeure. (Mél., ni, 6.)
Oui, sans plus de demeure,
Pour l'intérêt des dieux je consens qu'elle meure. [Théod., il, 6.)
Viens, mon Dieu, viens sans demeure. (/m/7., m, 21.)
Demeure n'a plus le sens de retard qu'en style de jurisprudence. Cette signification était autrefois très-fréquente dans la langue ordinaire :
Ne pense pas, très-gente damoyselle, Ne pense pas que l'amour et vrai zelle Que te portons jamais finisse et meure Pour ta trop longue et fâcheuse demeure.
(Cl. Ma rot, Epislre à la Damoyselle négligente.) Après tant de demeures, L'borloge du palais vint à sonner onze heures. (Régn., Sat.t vin.)
DEMEURER a, pour s'en tenir à :
Arrêtez, insolent, votre reine pardonne
Ce qu'une indigne crainte imprudemment soupçonne,
Et pour la démentir, veut bien vous assurer
Qu'au choix de ses États elle veut demeurer. (D. Sanche, î, 3.)
DEMI, dévots a demi , demi-dévots :
Ces dévots à demi, sur qui la chair plus forte
Domine encore en quelque sorte, Penchent à tous moments vers ces mortels appas. [Imit., i, 6.)
DÉMON, génie, génie tutélaire, comme le grec <J«fpjv, et le latin dœmon:
N'en craignez point, seigneur, les tristes destinées;
Un plus puissant démon veille sur vos aunées. (CI»„ n, 1.)
Dis-moi, quel bon démon a mis en ton pouvoir
De rendre à ce héros ce funèbre devoir? (t'omp., v, 1.;
Leur chef nous a paru le démon des combats. [La Tois. (for, i, 2.)
Tel contre vous et moi s'osera révolter,
Qui contre un si grand corps craindroit de s'emporter,
Et méprisant en moi •» que l'amour m'inspire,
Bespecteroil en lui itétmon de l'empire. (Pu/cA., m, 3.)