‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 180 sur 743 · DEPUIS · texte numérisé non relu

DEPUIS

Quand il vouloit mettre la main à l'œuvre, il besoignoit de sorte que personne eust su reprendre ses actions, pour ce qu'il entreprenoit bien, et depuis qu'il toit une fois en train, il exécutoit diligemment ; mais il étoit lent à se résoudre couard à entreprendre. (Ahtot, Vies, Nicias.) — C'est chose difficile , de ferer un propos, et de le couper depuis qu'on est arrouté. (Montaigne, Ess., i, 9.)

Bien qu'une opinion soit fausse et mensongère

Aussitost qu'on la voit approuver au vulgaire,

La plupart la chérit comme une vérité :

Tant l'avis de plusieurs gagne d'autorité ;

Et n'y a plus moyen, depuis qu'elle est reçue,

De la faire quitter à la troupe déçue. (Odet de La Noue. Parad. : que les advers. sont plus nécess. que les prosp., etc. La Rochelle, 1588, in-8.)

Car, depuis qu'une fois notre honneur est perdu,

Jamais, au grand jamais, il ne nous est rendu. (Trot., Les Corriv., n, 2.) Depuis qu'aujourd'huy on voit un homme auprès d'une femme, on en parle mai. Zaq. de Voce., 6* journ. ) — Depuis qu'une fois on y a mis le pied, on peut dire n'on a fait la principale partie du chemin. (MALH.,Lt(j.,àM.Mentin,14 oct. 1616.) • Depuis qu'un homme veut servir d'écho à tous les autres, c'est une marque ès-assurée qu'il a peu de jugement. ( Naudb. Mascurat, p. 606. ) — Paul fut xraté tant qu'il débita les grands principes de la philosophie. Mais depuis qu'il int au principal..., les uns se moquèrent de Paul.... i Boss., Polit., vu, 4.) — omme l'amour égale toutes choses , il rend un souverain capable des actions 'un sujet ; et depuis qu'un grand prince ressent les mêmes inquiétudes que le toindre de tous les hommes , il se porte aux mêmes choses où se porterait le lus vil des amants, s'il étoit aussi amoureux que le plus grand des rois. (MB* de illko., Caramante, 2* p., I. i.)

On voit, sans trop multiplier les exemples, que remploi de epuis que, pour dès que, était très-fréquent. On a dit, au contraire, es que pour depuis que :

Je n'ay jamais seulement voulu porter des bas d'eslame, ny jamais de gants ny ivés ny musqués, dès que je me suis voué à Dieu; ny jamais papier doré ny oudre. (S. Fa. de Sales, Un., à une dame, lett. dcccxixvi.) — Après quoy le nur m'enfla et pleuray sur cette bonne mère plus que je n'avois fait des que je dis d'Église. (Id., ibid., à M- de C ban lai, 11 mars 1G10.)

— du depuis , depuis ce temps-là :

Votre âme du depuis ailleurs s'est engagée. [Le Ment., v, 6.)

« Du depuis y dit Voltaire, a toujours été une faute; c'est une içon de parler provinciale. Il est claiç que le du est de trop avec

Le du paraît évidemment superflu dans cette locution. Ne •ourraitron pas cependant l'expliquer ainsi : du temps (a tempore) ui s'est écoulé depuis? Du reste, on trouve du depuis dans de ombreux écrivains du seizième et du dix-septième siècle , dont lusieurs au moins ne peuvent aucunement être accusés de proincialisme :

Pour continuer, appres ce cruel discours de sa mort, celuy de tout ce que

486 DEREGLEMENT. — DES.

nous fismes les ungs et les. antres, je comme ne eray despais l'henre que decedi ledit sieur chancelier, pour plus fidellement et particulièrement descrire iey comme toutes choses s'y sont du despuis passées. (Phil. Hdradlt, Mém., 1559.) — Et faut que j'advoue que ceste franchise et privauté dont il m'honora commença de me gaigner et obliger aie servir comme j'aifaict dudespuys. (Id., ibùL) La belle du depuis ne le recherche point. (Rbgn., Soi. vh.)

Ce porteur de lettres ne s'est point présenté devant moi du députe , n'y ayant point trouvé son compte. (Ma* db La Guette, Mém., éd. Jann., p. 184.)

Mézeray emploie souvent du depuis, et en particulier, Histoire de France, François Ier.

DÉRÈGLEMENT, en t. de poét., affranchissement de toutes les

règles de l'art:

Et m'avoit donné assez d'aversion de cet horrible dérèglement qui mettait Parii, Rome et Gonstantinople sur le même théâtre, pour réduire le mien dans une seule ville. (Exam. de Mil.)

DÉROBER les jours a , les soustraire à :

Un enfant exposé dont le mérite éclate,

Et de qui par pitié j'ai dérobé les jours

Aux ongles des lions, aux griffes des vautours. (OfcU, v, 3)

— dérober de , avec un nom de chose pour sujet, Faire qu'on

se dérobe de :

Ta passion, qui souffre une trop dure loi,

Pour la gouverner seul te déroboit de moi. (La Suiv., rv, 6.)

DÉROUILLER le vice, enlever la rouille du vice, le déraciner de l'âme :

Et combien est puissante à dérouiller le vice

i 'aigreur des tribulations. (/«fr., ut, 50.)

Ronsard avait dit auparavant, en parlant de l'Amour :

Celuy vous dérouilla la home de jeunesse.

[Les Vers d'Eurym. et de Callirée, Élég. du poète à Eurjm.)

DERRIERE, demeurer loin derrière, pour dire, être loin d'atteindre à son modèle, être loin de l'imiter :

Si je suis demeuré bien loin derrière^ tu en jugeras. (Pomp.$ au lect.)

DES, pour de, devant un adjectif :

Fais éclater ta joie en des pompeux spectacles. (La Tois., prol., se. v.)

La règle qu'impose aujourd'hui la grammaire a été longtemps inconnue :

Ceux que je voy faire des bons livres sous des meschantes chausses, eusseit premièrement fait leurs chausses, s'ils m'en eussent creu. (Montaigne, Essais, n, 37.) — La providence de Dieu, qui, par des secrels ressorts inconnus à ceux

DESANIME. — DÉSARMER 187

» «qu'elle fait Agit, disposa les movens pour Leur Un. (Arra, >hm , iv, snn^e I— Yingl-qu&lre violons, ayant joué des ritournelles, jouèrent des branles, tarant» et rf« petites danses. {Brssv, f/hf, <un, fk* Gitrj/.] — Iîs apprenti, nous disoient-Hs, à avoir besoin de toutes le* choses qui vans font des nécessaires. Us voudraient les avoir; il* abandonneraient la vertu pour tenir par dit mauvaises industries. (Féxkl., Té(êm*t yhi.J — On jugera plus eut dans la suite si ces suppositions sont des vérités ou des pures iiuapi- <m. (MALKaa,. toi* d* ta communie, des mouvem* , 9* p., xvi.) — C'était an remuant et altier, un courage invincible, et né n ries hautes entreprises, a.„ Ui*t. tteFr. av. C/oi/w, i, 12.)

ÏSANIME, inanimé

deux corn

ï gens armés. ti, 3.)

De sorte qu'à présent deux corps désanimés Termineront l'exploit de tant de %

::sAKMERt fi*. :

profond soupir désarme sei ritfutur*. {In&Hpt. mise* nous tim e*nmpt*t vi. ée dans les Mlles rebelles de G ni en ne.)

Et nos soumission* déturmant tmrt dédain*,

Toutes ont pour adieu battu tonde îles mains, (Aarfram., vt 8.)

DÉSARMER Ll'ÉCLAlHS SON ÉLOQUENCE :

Mais déitirme â'éetuirg ta divine ifoqttence,

Fais- la couler san* bruit an milieu de mon cœur. 'Imit.. ni, 2J

t traduction de Y Imitât ion est semée de ces itàCtttéti pooticrues ►remier ordre que trop peu de personnes connaissant.

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