DÉSAVANTAGE. — DESCENDRE
DÉSAVANTAGE, avec le plur., en parlant d'un général qui \ eu le dessous dans un combat :
J'apprends plus contre vous par mes désavantages,
Que les plus beaux succès qu'ailleurs j'aie emportés
Ne m'ont encore appris par mes prospérités. (Sert., ni, 1.;
DÉSAVOUER de, suivi d'un subst, ou d'un mot en tenant la place:
Non, non, vous le verrez demain au sacrifice,
Par le choix que j'attends couvrir son injustice,
Et par la peine due à son propre forfait,
Désavouer ma main de tout ce qu'elle a fait. (OEd , v, 5.]
D'un choix que vous m'aviez vous-même tant loué
Votre cœur et vos yeux vous ont désavoué. {Agés., n, 1.)
De même avec le pronom personnel :
Mais, sous des noms divers à soi-même contraire.
Qui conserva le fils attente sur le père;
Et, se désavouant d'un aveugle secours,
Sitôt qu'il se connoît il en veut à mes jours. {Héracl., m, 2.)
Voltaire fait suivre ces deux derniers vers de cette critique :
< Cela n'est pas français; on désavoue un secours qu'on a donné, on dément sa conduite, on se rétracte, etc., mais on ne se désavoue pas. Désavouer n'est point un verbe réciproque, et n'admet point le de. »
Il faudrait dire seulement que cet emploi est rare, et on a parfaitement pu employer désavouer de, comme on a fait avouer de.
DESCENDRE, descendre en un combat :
Aussitôt que Persée a pu voir sou rival :
Descendons, a-t-il dit, en un combat égal. (Androm., v,5.)
« Je ne ferai point ici de remarques, dit Voltaire, sur cette phrase qui n'est pas française : « Descendons en un combat. »
« Descendre en un combat » est dit ici comme : Descendre dans la lice, par conséquent est parfaitement français. Toujours Corneille a un sentiment tout autrement profond et vif de 1» langue que ne l'a Voltaire.
— descendre, couler, en parlant de pleurs :
Ses pleurs ne se sauraient empêcher de descendre,
Et j'en aurais pitié si je n'aimois L y sandre. {La Gai. du Pal., m, W
— descendre, fi g. et abs., s'abaisser au-dessous de son rang-l
dircé. Je vous ai déjà dit, seigneur, qu'il n'est pas roi. oedipe. Son hymen, toutefois, ne vous fait point descendre.
DESCENTE. — DESENFLER,
S'il n'est pas clans le iront? t il a droit d'y prétendre, Et comme ïl est sorti du même sang que voust Je crois tous faire honneur d'en faire mire époux. Vous pouvez donc sans honte en faire votre gendre. Mes sœurs, en l'épousant, n'auront point à descendre.
descendis: jusqu'à, suivi d'un ïntitiiLïf :
Si ;e suit descendu jusque vous abuser,
Un juste désespoir m'auroil fait plu» oser. L<Ed., m, L)
descendre At-DESSûus de quelqu'un, être ravalé au-deade lui dans Top in ion :
l'a pas tenu à vous que, du premier lieu où beaucoup d'honnêtes gens me ni» je ne sou descendu att-dessom de Claveret, {LetL apoiog,}
descendre, avec un iii>fu de chose pour sujet, s'abaisser ;
L'amour que j'ai pour vous hait r-es molles bassesse*
Où d'un sexe craintif descendent les faiblesses, {Pcrtft,, iv, 5.)
faire descendue, fig., abaisser, humilier
C'est avoir beaucoup fait, que d "avoir jusque-là
Fait descendre torqueil de» hères de Sylla. {&ert.t i, SJ
descendre, faire pénétrer, en parlant de sentiment :
Que de sujets de craindre et de désespérer,
Sans que mon triste cœur en daigne murmurer!
A chaque occasion le ciel y fait descendre
Un sentiment contraire a celui qu'il doit prendre. (Cîn.+ iv, 4.)
iSCENTE, action de descendre, faire une horrible dese de :
Quand il falloit calmer toute une populace,
Le sénat n'épargnoit promesse ni menace,
Et rappeloit par là son escadron mutin
Et du mont Quirinal, et du mont Aventin,
Dont il auroit vu faire une horrible descente,
S'il eût traité longtemps sa fureur d'impuissante. {Nicom., v, 1.)
descente, action de couler en descendant :
Que le dieu de la Seine a d'amour pour Paris !
Dés qu'il en peut baiser les rivages chéris,
De ses flots suspendus la descente plus douce
Laisse douter aux yeux s'il avance ou rebrousse. (ÛEuvr. div.)
ÉSENFLER, fig. désenfler son ame, faire cesser l'enflure de âme, comprimer les gonflements de son orgueil :
Fais que contre toi-même un saint zèle t'enflamme
D'une juste indignation.
Pour étouffer soudain ce qui natt dans ton âme
190 DESESPOIR. — DESISTER.
De superbe et d'ambition ; Désenfle-l* si bien qu'elle soi! toujours prèle
A voir que chacun sur sa tête Par un dernier mépris ose imprimer ses pas. (/mti., m. 13.);
DÉSESPOIR, avec le pluriel :
De mille désespoirs mon cœur est assailli. {La PL Roy., n,&)
La maladie de Flavie, sa mort et les violences des désespoirs de sa mère qii se venge, ont assez de justesse. (Exam. de Théod.) — Le grand effort d'esprit qu'il avoit fait à peindre les désespoirs de ce monarque. (Prem. Disc.) — Ses remords en auroient été plus animés et ses désespoirs plus violents. [Deux. Disc)
Et par les désespoirs d'une chaste amitié,
Nous aurions des deux camps tiré quelque pitié. [Uor.t ni, £.)
« On n'emploie plus aujourd'hui désespoir au pluriel; il fait] pourtant un très-bd effet, observe justement Voltaire. Mes dè-\ plaisirs , mes craintes, mes douleurs, mes ennuis , disent plus que mon déplaisir, ma crainte, etc. Pourquoi ne pourrait-on pas dire mes désespoirs comme on dît mes espérances? Ne peut-on pas désespérer de plusieurs choses , comme on peut en espérer plusieurs? »
On a dit, comme Corneille , au dix-septième siècle :
La Vallière eut des jalousies et des désespoirs inconcevables. (M"«deLif, Hist. d'Henri d'Angl., 3« p., 1662.)
On a su , de nos jours , reprendre cet emploi si heureux et si nécessaire :
J'essayais alors de la consoler, et l'instant d'après je m'abîmais dans des duespoirs inexplicables. (Chat., Mém. d'Outre-lomàe.) Les séparations et les longs désespoirs N'ont-ils pas éclairci, dis-moi, ses cheveux «tirs?
(Liium^ tocdspL, €• époque)!
Ces lieux de nos bonheurs et de nos désespoirs t Où le drame divin de tout notre jeune âge j
Avait à chaque site attaché son image. (ld., ibid.% 9* époque*)!
Et dans ses désespoirs, dont Dieu seul est témoin. S'appuyer sur l'obstacle et s'élancer plus loin. (ld., liarm., u,*)
DÉSHONORÉ, avec un nom de chose :
Par cet illustre soin mes vers déshonorés j
Perdront ce noble orgueil dont tu les vois parés,
Si dans mon premier rang ton ordre me ravale. (Rai. à Louis 0^
DÉSISTER de, neut., suivi d'un substantif ou d'un mot q^ en tient la place :
Quand on a commencé d'en suivre la bannière (de la croix),
Il ne faut plus en désister. (/mil., lu, &•