DISGRACE. — DISPENSER
— Oui, ce» deux dont je tiens et l'honneur et la vie.
— J'en .suis tout te discours, mais dis-moi seulement...
(Re&njek, lltorit et PkiL)
DISGRACE, la disgrâce d'une pièce, son mauvais succès :
la contraire est arrivé de Théodore, que les troupes de Paris n'y ont point rttaijJie depuis sa disgracia mais que celles des provinces y ont fait assez, pastintement réussir. [ErttmTdc ta Suite du Ment,)— J'ajoute ici T malgré sadi*fjrdcet foe les sentiments en sont assez vifs et nobles, tes %ers assez bien tournés, de Pertk.)
DISGRACIER [se], encourir la disgrâce de quelqu'un :
Voilà le vrai chemin de te di&grocier. [dit,, v, 3* lrfciéd. jusq. 1Û44 inclus,)
DISPENSER, dispenser les lois, être le ministre des lois :
in mari, qui content d'être au-dessus des roisf
Me donne ses clartés et dispente mes foi*. [PutehVf v, H.)
— dispenser, avec un rég. dir. de personne, autoriser :
Corneille a plusieurs fois employé ce verbe dans cette signification, soit à l'actif, soit au passif ou au réfléchi. Voltaire l'en a repris comme d'une faute de français. C'est qu'il ignorait complètement la valeur primitive et fondamentale de ce terme , à propos duquel des philologues même distingués ont commis de graves erreurs. Nous allons faire voir avec quelles curieuses variations on remployait d'abord dans un sens positif , et mon- 1t(t comment il a passé à la signification négative, la seule usitée aujourd'hui.
On a dit activement dispenser, suivi d'un substantif ou d'un
moi qui en tient la place, pour accorder :
En mon esprit ne puis assez penser
Ne le moyen de vous recompenser,
Dont vous a pieu de moy vous enquérir.
Autre que vous ne quiers me dispenser. (R. oe Collkr., Êpistre.)
C'est-à-dire : je ne demande que vous m'accordiez autre chose que vous-même. Ici le nom de personne équivaut à un nom de chose, et c'est au fond la même signification que quand nous disons dispenser des biens, dispenser des maux, dispenser des grâces, dispenser des châtiments, etc. Mais de même qu'on employait et qu'on emploie encore dispenser avec un nom de chose pour signifier accorder, anciennement on l'employait avec un nom de personne pour signifier autoriser. Ainsi on trouve :
Dispenser quelqu'un à, l'autoriser à :
Accueilli d'autre n'en sera Que mon mary dans ma pensée.
Ce qu'on vouldra Ton pensera ; D'aultre ne seray compensée.
Car à ce ne suis dispensée, Quelque mal que j'aye ou souffrance.
C'est quant à la chose pensée;
11 en est prou d'au lires en France. {Colin qui loue et despile Dieu en
un moment à cause de sa femme.)
On a commis un contre-sens dans le Glossaire de Yancien Théâtre français de la Bibliothèque elzevirienne, en traduisant ce dispensée par disposée.
Nous ne croyons pas inutile d'indiquer encore un exemple curieux où dispenser se trouve dans le sens d'autoriser, avouer :
Tu me dois dispenser, saincte ombre de Léonte, Si la force d'amour mon amitié surmonte !
(Schelandre, Tyr et Sid., 2* journ., m, 1.)
— être dispensé a quelque chose, y être autorisé :
Quoi 1 s'il aimoit ailleurs, serois-je dispensée
A suivre^ à ton exemple, une ardeur insensée? [Pol., m, 2.)
Voltaire s'écrie :
« Dispensée à n'est pas français; elle veut dire, àerais-je autorisée. à. *
•Pour que cette remarque fût juste , il fallait dire : n'est plus français.
Clément Marot offre un exemple semblable de dispensé pour autorisé.
On a dit de même être dispensé de, être autorisé à :
Constance, fille de Roger de Sicile, et sœur de Guillaume, aussi roy de Sicile, fui tirée hors d'une abbaye de nonnains de la ville de Païenne, et dispensée de se marier. (Bouchet, Scrées, v.)
On. trouve aussi être dispensé pour, suivi d'un infinitif, dans le sens de être autorisé à :
Que le caresme et jeusnes viennent, je suis dispensée pour manger de la chair. {Caquets de l'accouchée, 1" journée.)
— dispenser a, avec un nom de chose pour sujet, autoriser à, livrer, faire qu'on s'abandonne à :
Je ne suis plus à moi, quand je viens à penser
A quoi l'occasion me pourra dispenser. (Clit., u, 9.)
A trop d'emportement ton zèle te dispense,
Tu parles de supplice où je dois récompense. (T. Corn., Stilicony il, 5.)
On a dû l'employer de même, suivi d'un infinitif, et dire aussi, dispenser de, suivi d'un substantif, pour signifier autoriser à. Nous
DISPENSER. Wl
savons pu rencontrer d'exemples de ces deux cas; maïs nous «vous trouvé être dispensé (Tune entreprise^ pour signifier obtenir lolijet que Ton poursuit
Il ne m'encuault d'estre lensée Kouivcu que de mon tnirepriit
H ion à jamais dùptmài. (B, i>t CoLLfcïu, HUmut, d'une dame fui i amourcutt tfumj sien ttmy.)
0l trouve des exemples fréquents de dàpemer de, suivi d'un infinitif, dans le sens d'accorder la permission de, d'autoriser à :
J*ay telle confiance en vas loyauté t et en l affectjuti qutt vou* me portés t-t au bien de mon rovaulme, que je vous dispense et permets dt favoriser et promouvoir, eu ceste élection, tels des autres cardinaux du sacré collège qu'en vos conscientes et eu Ja coEnoissanee que vous a urés du progrès du cutuiaveT vous adviserés el jugerés tous ensemble debvoir eslre appiotivê et favorisé par Pîous. \Uu. mue, de Henri IV, 2të oc t. 1004, U vi, p. 331.)
Louis Guyou, parlant de l'avocat IVrou, mari dv la belle Fer-
roui ère, dit :
En tin le inarj dispeme sa femme dt s accommoder à fa volonté du tu\ ; vl.alhi de n'empesctier rien en ccsle affaire T il lit semblant û 'muir affaira aux champs pour huit ou du jours. [Divers* fcfj
Les exemples suivants, qui rparliem il au dix -septième &jccle, offrent encore la iiièiu i
U faudra que vous me duptmkz eu o uns entretenir eu
mon patois ordinaire » lel que je le par 1 mes vendangeurs.
1,1'ai an, Le.ti> a Chape L, nuv . U^fi.) — r,n ce tempêta il n'y a pas d'apparence qu'on dispensât tout le monde, comme on fait aujourd'hui, d'user de lait cl de fromage en carême, autrement ce malade n'aurait pas eu besoin d'une dispense du chapitre. (Maucnoix, Mim., c. vi.)
— Corneille emploie aussi dispenser absolument, toujours dans le sens d'autoriser ;
Je ne mens plus, Cliton, je t'en donne assurance,
Mais en un tel sujet l'occasion dispense» (Suite du Ment., î, (î.)
L'occasion convie, aide, engage, dispense. [Ibid., m, 5.)
— se dispenser a, suivi d'un substantif, s'abandonner, se livrer à; se donner la liberté de faire une chose :
Si d'éternels dédains, si d'éternels ennuis,
Les bravades, la haine, et le trouble où je suis,
Ont été jusqu'ici toute la récompense
De cet amour parjure où mon cœur se dispense ,
U est temps désormais que par un juste effort
J'affranchisse mon cœur de cet indigne sort. {Penh., iv, 1.)
Qu'à mille impiétés osant me dispenser. [La Suit;., v, 2.)
Ainsi, dorcsnavant, après la foy donnée,
Nous ne respirons plus qu'an heureux hyménée,
Et ne touchant encor les droits que du penser
Nos feux à tout le reste osent se dispenser. [Ctit., l^éd.jusq. 1644 inclus.)
Cet emploi était très-fréquent au dix-septième siècle :
Mais comme, quelque effort où ce cœur se dispense,
Aimer quand on le veut passe notre puissance,
Par un contraire effet, qui brave tous nos soins,
On aime bien souvent quand on le veut le moins. (T. Corn. , Punk., i, 1.)
A trop d'emportement la reine se dispense.
Quand... (Id., Tïmocr., u, S.)
Et ceux même qu'on sait que le ciel seul occupe,
Des singes de leurs mœurs sont l'ordinaire dupe ;
A quoi que leur malice ait pu se dispenser.
Leur appui leur est sûr, s'ils l'ont vu grimacer. (Id., Fesi.de Pierre, v,i.)
L'effort que je refuse à ma reconnoissance
Par la seule pitié la reine s'y dispense. (Id., Canon., iv, 5.)
La visite où pour vous ici je me dispense,
Peut-être choquera l'exacte bienséance. (Id., GaL doublé, v, !•) I
S'il étoit permis de se dispenser à la raillerie sur une matière de cette importance, je dirois que... (Ctra.no, Leti. div., cont. les Frond.)— La liberté, peut-être un peu trop grande, où je me suis dispensé dans mes épigrammes, est une suite de mon dépit. ( MB* de Yillko., Journ. am , 5e p., 8* j.) — Vous voulez savoir le sujet de leur conversation; vous mettez tout en usage pour l'apprendre; et si vous en découvrez la moindre parole, vous vous dispensez aussitôt à la conjecture et au commentaire. (Id., ibid., 6e p. 10* j.) — Il se dispensa à des choses fort contraires au respect qu'il devoit à son père. (Id., Annales gai., 1" p.) — Je De sais comme il a été possible que ma raison se soit dispensée aux extravagances que j'ai commises. (Id., ibid., 5* p.) — J'assurerai Porcie que vous ignorez les libertés où elle se dispense, en écrivant à Hortensius, et je lui ferai appréhender qu'elles ne viennent à votre connoissance. (Id., Amours des grands hommes, Catoo d'Utique.)
On trouve au dix-huitième siècle .
En effet, à me voir appliqué sans relâche
Aux malheureux complots où mon courroux m'attache,
Qui ne croiroit, seigneur, du moins sans m'offenser,
A de honteux soupçons pouvoir se dispenser? (Crbbillon, Sémir., m, 3.)
On a dit d'une manière analogue, se dispenser en :
Il se dispensa en une infinité d'opinions et de libéralités extraordinaires, qui réduisirent ses affaires eu un abysme, dont je laisse l'inventaire au Suétone qui fera sa vie. (Pasq., Leiu, xiv, -2.)
— se dispenser à, suivi d'un infinitif, se licencier à, prendre la licence de, se donner licence de, se laisser aller à :
L'amour devient servile alors qu'il se dispense
A n'allumer ses feux que pour la récompense. {La Veuve, n, 4.)
Il falloit un prétexte à vaincre sa colère,
Il y falloit du temps, et pour ne vous rien taire.
Quand en voire faveur je iemblols la trahir,
Peut-être qu'en son cœur plus «nuée, el repentie,
Elle c*n «Jis^JixjuLoH la meilleure partie* itwfatj>, i 5,1
A propos de ces dentiers vers. Voltaire a fait cette remarque :
f Quand je me dispensais a lui mal obéir nesl pu français, fin »e dUpeajitt (fane cho$e, et non a une chose. »
11 n'a pas compris, et a tait un de ces contre-sens étourdis m] loi sont familiers, dans le Commentaire. M. Gënin est de mtW tombe dans un étonnant contre-sens, a propos d'un vers analogue de Matière. Voici son article : * Se dispenser à, se disposer ;\ » :
Kl c'est aussi pourquoi ma bouche « <ffj*p*»it'
^f luus envier mon cœur avec plu» d'assurance. {Dépit NNfc, n( 1#)
* Autrefois dis/muer >e ttUiiil i»ri pharmacie pour ///.*/ *t*sn\pré-
Plus
Plusieurs a meurs ont écrit m délait la préparation des reuiedrs que les» apothicaires doivent dispenser. Din penser ta lhérlaquer c'est- à-dire Ja pn;pmer. Les statuts des épiciers portent que les aspirants a la mallrU© dhpeiiuii mtt leur chef-d u;avr« en présence de tous les maistres. iFidktiêp£.
« Celte ancienne valeur du titot dispenser est encore attestée par le mot anglais rf/tyeii.wyt pharmacie, rhiut nous avons refait, à notre tour, dhfxrnsaire. »
Se dts/jenser. du Dépit amoureux, a exactement la même signification que dans Corneille, et la pharmacie n'avait absolument rien à voir ni à faire ici.
On a dit, comme Corneille et comme Molière :
Je finis, mon très-cher monsieur, en vous demandant pardou de ma longueur. Mais, surtout, de ce que je me dispense si familièrement à m'écarter de mou sujet avec vous, qui avez l'esprit si juste et si délicat. (Bayle, Le«., à M. Minutoli. 31 janv. 1673. ) — Vous savez bien que messieurs les Allemands se dispensent volontiers à faire des digressions pour étaler leur lecture. (ld., ibid., au même, 17 sept. 1681.)
On a dit également se dispenser de, suivi d'un substantif, se permettre telle chose :
11 estoit si nouveau et escolier à faire brigue et menées (je tue dispinseray de ce mot) qu'il ne s'en mesla que bien peu. (Pasq., Lai., vu, 10.)
Et se dispenser de, suivi d'un infinitif, s'accorder la licence de, prendre la liberté de :
Les papes se dispensaient de faire toutes choses qui leur tenoient à gré. ( Paso.., fUeh.. m. 21.)— Lisez un petit livre qu'il intitula Us Fulastrks, où il se dispensa
pins licencieusement qu'ailleurs de parler du meslier de Vénus. (14., ièid., vu, 6.) —Si, par une nouvelle liberté de leur conscience, Us *esi*%e*i dispensai d'exercer à huis ouvert par tout le royaume lent religion, auparavant qu*il y eust édit qui leur en donnasl la permission, et contre lea inhibitions expresses de celuy du mois de juillet, il ne falloit pas trouver estrange que ce prince (le duc de Guise), pour la manutention de l'ancienne, n'eust rien oublié en arriéra. (Id., Uu., îv, 20.) — Tout de celte mesme façon «>sf-il dispensé plusieurs fois (fuser de mots inaccoutumés. (Id., ittd.t xvin, 1.) — En empruntant quelque chose des Romains , quelques-uns des nostres se dispensèrent, avec le temps, de faire ces superlatifs françois, doctissime, révéïendissiine, illustrissime, excellentissime. (Id., ibid.) — Ces Serées ne pouvoient mieux sortir en lumière que après avoir soupe, e* le plus souvent on se dispense es plier un peu plus le coude qu'en ua autre repas. (Bouchot, Serées, î.) — El u'\ a homme si sage, si discret, si retiré et si sévère, qui, entre le vin et les \iaudes, ne se dispense de dire et escouter quelques propos pour rire etresjouyr lacompaignL». (Id., ibid., iv.; — On passe aisément d'un degré à l'autre, ce qui s'est fait par uue nécessité invincible, on prend droit, on se dispense de le faire sans nécessité. (Patbo, f'tortf., vi. ) — Je ne pensois répondre à votre première lettre, que le gentilhomme qui me l'avoit rendue ne s'en retournast en vos quartiers. Mais, sans mentir, la seconde me serre le bouton de trop prés, pour me dispenser de prendre un si long délai. (Malh., Leu.,k M. ***. } — Je me dispenser ay pourtant encore, pour celle fois, de vous remercier des bons avis que vous me donnez sur cette versification. (Racam, Lett., à Chapelaiu.)
11 reconnut tua franchise,
El que mon ame soumise
Au respect que je luy dois, . Ne s'estait point dispensée
D'a\oir jamais de pensée
Contraire à ses saintes loix (ld., Psuum.. xvii.)
C'est parce que le vrai sens de disi>en$er est autoriser à, donner la permission de, el, avec le prouom personnel, s'autoriser a, prendre la permission, prendre la liberté de, qu'on trouve se
dispenser de avec ne :
Si nous trouvions que ce Caudaulcs eust esté le premier et le dernier ruj qui auroitfaicl ce tour, eucore nous pourrions-nous aucunement dispenser es me croire cette histoire. (H. Estibnnk., Apol. pour Uérod., Disc, prél.)
C'est-à-dire : Encore pourrions-nous prendre la liberté de ne. Et de même :
ils disent que tous ceux qui av oient esté nourris en Piedmotat sous la main «le ce seigneur, esioieni dispensez de ne croire en Dieu que sur bons gages. ^Boivut nu Villahs, Mém., à Mgr le duc de Seuiily, 2e a\eil. au lect.)
— se dispenser, absol., s'accorder, prendre une liberté :
Ma curiosité pour ce demyquarl-d'ueure
.S'osera dispenser. (Met., m, <>•)
La transition entre le sens ancien et le sens moderne et le mélange de ces deux sens sont très-remarquables dans l'exemple suivant :
S'Use trouve quelque censeur auquel ces petites recherchas ne plaisent, comme
DISPENSER. Sff
rhô» de non- valeur , tout «Uni que je me nus ditpgiis* dt Us escrire, au» jj ÏC pourra- il dispenser de les lire. (Et. PàSquimh, Recherches de ta France*, vm% 17, *d.l«ÏL)
Évidemment, dans le premier c&&tje me suis dispensé signifie fui pris la li&ertéi et dans le second cas se dispenser signifie s* exempter. Pour parler correctement la langue du seizième siècle» il eût fallu dire : se dispenser de ne les lire. La confusion et l'incorrection mile qui existent dans cette phrase venaient de l'introduction récente de la signification moderne.
Le substantif dispense s'est de même employé pour permission, autorisation eu général :
Pouf Le piésent pensant au Met d'amours, Je suyi troublé, car j'ay eongneu tousjours nue loyaulé n'a point de récompense, Et que ïéa Mz obtiennent la dispense, D'avoir te fruki qui en vient tous lé* jour»,
(J. Mahût, Cinquante tond, snr tûmes xurtm du mal , Juye ni.J ut *.imlliiK"v J'.ïj espérance de bien boire, tx sAVBTiSK, Etmoy en ewplîray ma pance.
Car j'[en) auray mit Heure mémoire, le cttJhHkimoM. El muy meilleure pacience,
Tai^loy, nous eo aurons dispense. (Force d un cknuldronmet.) Lesquelles, sans avoir dispense , Au moins ainsi comme je pense, PretendoienL d'avoir benelie%,
ApaL des çhamberièrtt qui ont perdu leur mariage à ta bianc^ue) Taat s'en faut que î'édict qui a esté naguère publié opère au contraire, que j'espère qu'il en arrivera tout autrement, par le soing que j'auray d'user d'icefluy; lequel paroistra d'autant plus grand qu'il ne faisoit auparavant, que j'auray par la publication dudict edict plus de liberté et dispense d'en user autiement. [Ltu. miss, de Henri IV, 1599, t. Y, p. 106.)
Toucher son beau sein librement.
Elle en donne dispense. [Comédie de chansons, v, 2.)
Lors ma passion vous prie de me pardonner le mal que \ ous m'avez fait et voua donne dispense de me haïr. (Théophile, Lett., xxx, à Caliste. Je roufif quand j'y pease, Et ma condition ne peut avoir dispense De conter devant vous 4e quelles actions Ils tachoient d'assouvir leurs folks passions. (Racan, Bery., ni, 2.)
Les mots dispenser, dispense, ont donc complètement changé de signification. Dispenser a signifié d'abord autoriser, puis on l'a employé pour signifier autoriser à ne pas taire, d'où l'acception actuelle.
Par un pareil procédé de l'esprit, quantité d'autres mots français ont passé du sens positif au sens négatif» U suffit de rappeler rien, personne, aucun.