EXILER. — EXORABLE
lu ce faisant, osierez ta tri Messe Que mon cueur sent* en ainere destresse,
Et ai serex depiliti l'exemplaire (R. n& Cûlleiu, Êpmt flj
Elles étaient auprès île madame leur grand'mère* qui éloît un exemplair* de ¥«ritt, (M** na La Gpetti, Mém.)
Exemplaire, sans régime indirect, était autrefois très-fréquent lans le sens aujourd'hui vieilli de modèle» prototype :
De qui la ma tu forma exemplaires et causes. (ÎVAumgnb, Les TYogiq,}
On l'employait de même absolument, pour modèle en général :
Ensuyvir fan h no* exemplaires. {Le Courr. delà Mort contre la Anglais*)
EXILER de. Emploi un peu recherché au figuré :
Tyrannise un tyran qui triompha de loi,
Et par un faux trophée usurpe sa victoire.
SU est vrai que l'amour te vole tout mon cœur,
Exile de mes yeux mê insolent vainqueur. (La Tais* d'ar, iv, 2 , )
— exile de l'ame, en parlant d'un sentiment banni :
Tous nos vieux différends de leur âme exitta. [A ■/«■..,. , \ , j .
EXORABLE , qui écoute favorablement :
0 dieux, qui comme vous la rende* adorable.
Rendez-la comme vous à mes vœux exarable u {Cm,, m, 'h)
Voltaire relève très-bien l'énergie de cette expression dans Cette remarque de son Commentaire:
« Exorable devrait se dire : c'est un terme sonore, intelligible, nécessaire, et digne des beaux vers que débite Cinna. Il est bien étrange qu'on dise implacable et non placable ; âme inaltérable, et non pas âme altérable ; héros indomptable, et non héros domptable, etc. *
On en trouve de beaux exemples avant Corneille ou de son temps :
A notre amour enfin serez- vous exorable ? (Rotrou, Laure perséc, v, 10.)
Le ciel à mon amour seroit-il favorable,
Jusqu'à rendre sitôt Ariane exorable ? (T. Corn., Ariane, îv, 5.)
Exorable a été employé du temps de Voltaire :
§xï exorable à la prière (le prince), H soit ferme contre les demandes. (Montesq.)
Mais l'usage de ce terme était exceptionnel ; il commence à
s'accréditer à la fin du siècle, où Ton en trouve des exemples
comme celui-ci :
ToUà quel est le peuple, même en insurrection, lorsqu'une constitution libre Ta rendu à sa dignité naturelle, et qu'il croit sa liberté blessée ; violent, mais exorable; excessif, mais généreux. (Mixab.)