‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 257 sur 743 · EXTRAIRE. — FACHER · texte numérisé non relu

EXTRAIRE. — FACHER

réalité ne répond pas. ce doux extérieur, cette apparence flatteuse:

Que m'importa de perdre a ne amitié si feinte?

Et que me peut servir on ridicule feu.

Où jamais de son coeur sa bouche n'a l'aveu?

Je m'en veux mal en vain ; l'amour a tant de force,

Qu'il attache mes sens à cette fausse amorce,

Et fera son possible à toujours conserver

Ce doux extérieur dont on me veut priver. [La Stop., i, 9.)

EXTRAIRE, extraire un livre, y faire des extraits :

Je voulois vous envoyer le Lexieon Gerwutmeo-Tkomœum du P. Heserus ; j'ai voulu attendre que j'eusse le loisir de Yextraire. [Ua. au F. Boulant, 12 avr. 168.)

FACE,fig., aspect:

Il faut à son exemple avoir ma politique,

Trouver à ma disgrâce une face héroïque. {Pulck , îv, 1.)

— changer toutes choses de face, faire changer de face à toutes choses :

Son trépas a changé toutes choses de face. (Tiie et Bér. , il, 2.)

FACHER, employé comme terme noble et synonyme d'irriter, d'affliger profondément :

Nicomède, en deui mots, ce désordre me fâche* (Nicom., iv,3.)

Voltaire condamne cet emploi. « Le mot fâcher, dit-il, est bien bourgeois. Ce vers comique et trivial jette du ridicule sur le caractère de Prusias, et fait trop apercevoir au spectateur que toute l'intrigue de cette tragédie n'est qu'une tracasserie. »

Fâcher, au dix-rseptième siècle, avait tm sens plus énergique qu'il ne l'avait du temps de Voltaire, et qu'il ne Ta aujourd'hui, et il s'employait parfaitement dans le style le plus sérieux et même le plus noble. On ne peut certes pas accuser d'avoir un langage bourgeois les auteurs des exemples qui suivent :

11 faisait parler de lui, et souvent par des aventures qui me fâchaient. (M1*' oi Mohtpbim., Xém.t 1688.J

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