‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 266 sur 743 · FERMETÉ DE HAINE · texte numérisé non relu

FERMETÉ DE HAINE

Ce n'est plus seulement l'offre d'un diadème

Que vous fait pour un fils un prince qui vous aime ,

Et de qui le refus ne puisse être imputé

Qu'à fermeté de haine, ou magnanimité. (Perth., m, 1.)

FERVEUR, pour désigner l'ardeur de l'amour :

Entre tous ces amants dont la jeune ferveur... (Le CM, i, 1.)

Scudéry avait critiqué cet emploi. L'Académie fit cette observation :

« Ce mot de ferveur est plus propre pour la dévotion que pour l'amour; mais , supposé qu'il fût aussi bon en cet endroit qu'ardeur ou désir, jeune s'y accommoderoit fort bien contre l'avis de l'observateur. » (Sentim. de VAcad. sur le Cid.)

Corneille l'emploie dans ce sens avec le pluriel :

Ta flamme trop visible entretient ses ferveurs,

Et ses feux dureront autant que tes faveurs. (La Gai. du Pat., n, 4.)

11 s'en pâme de joie, et dessus ma parole

De tant d'affronts reçus son âme se console;

Il les chérit peut-être et les tient à faveurs,

Tant ce trompeur espoir redouble ses ferveurs! (La Suiv., ni, v.)

11 nous faut de tout point vivre à sa fantaisie,

Souffrir de son humeur, craindre sa jalousie;

Et de peur que le temps n'emporte ses ferveurs,

Le combler chaque jour de nouvelles faveurs. (La PI. Itoy., î, 1.)

Ainsi ne désespérons pas

Quand la tentation redouble :

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