‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 290 sur 743 · GLAÇON. — GLISSADE · texte numérisé non relu

GLAÇON. — GLISSADE

Et j'attends de pied ferme à reprendre ma place

Qu'il De soit plat en toi de retrouver U glace. (La Sa»., î, 3.)

Le bruit vole déjà qu'elle est pour toi sans glace. {ttèa\, n, t)

Ce soir j'ai bien la mine, en dépit de U glace,

D'en trouver là cinquante à qui donner ta place. (La PL Jfey., u, 1)

Et je verrai toujours votre ccsmr plein de glace,

Bon tyran impuni, ma rivale en ma place. (Sert., m, 1)

Il me parla d'amour sans me donner d'ennui,

Je ne m'aperçus pas que je parlois à lai,

Je ne lui pus montrer de mépris ni de glace. {Bar., i, i)

Elpinice pour moi montre une telle glace,

Que je me tiendrais sûr de son consentement. {Agés., », 4)

— De même avec le plur. :

Clarimond cependant, pour fondre tara de glacée,

Tâche par tous moyens d'avoir mes bonnes grâces. {La Suiv., m, 6.)

— la glace des ans, pourles glaces de l'âge :

C'est tout ce que des an* me peut souffrir la glace,

(Au roi, sur ton retour de Flambu

— un corps tout de glace, pour désigner un vieillard dont le sang est glacé par les années :

Et toi, de mes exploits glorieux instrument.

Mais d'un corps tout de glace inutile ornement,

Fer, jadis tant à craindre, et qui dans cette offense

M'as servi de parade et non pas de défense. {Le Cid, i, 4.)

Corneille dit encore, par la plus poétique image de mots :

Jo vous ai va combattre et commander sous moi,

Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace. (Le Cid, i, 3.)

GLAÇON, fig., la glace d'un cœur insensible :

Dissipe mes glaçons par cette heureuse flamme

Qu'allume ton amour. (/mi/., iv, 16.!

— des glaçons, des cœurs froids comme la glace :

Écoute, j'en ai vu de toutes les façons.

J'en ai vu qui se mbl oient n'être que des glaçons,

Dont le feu retenu par une adroite feinte

S'allumoit d'autant plus qu'il souffroit de contrainte. [Mil., in, Î.)

GLISSADE, fig., faux pas, au sens moral :

Rodrigue suit ici son devoir sans rien relâcher de sa passion. Chimène fait la même chose à son tour, sans laisser ébranler son dessein par la douleur où elle se voit abîmée ; et si la présence de son amant lui fait faire quelque faux pas, c'est une glissade dont elle se relève à l'heure même. {Exam. du Cid.)

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