APPARENCE
— Avec le pluriel, préparatif, apprêts :
Que je vois d'appareils, Albin, pour ma ruine! {Oih., m, 5.)
APPARENCE, extérieur, avec un adjectif possessif :
Que je meurs qu'il le sache, et j'en fuis les moyens,
Quelle importune loi que cette modestie,
Par qui noire apparence en glace convertie
ÉtoutTe dans la bouche, et nourrit dans le cœur
Un feu dont la contrainte augmente la vigueur! La Suiv.t u, 6.)
— APPARENCE, fig. QUELLE APPARENCE DE, AVOIR SI l»El' n\\P-
PAREMCE QUE :
Si mon sujet est véritable, j'ai raison de le taire; si c'est une fiction, quelle apparence, pour suivre je ne sais quelle chorographie , de donner un soufflet à l'histoire, d'attribuer à un pays des princes imaginaires» et d'en rapporter des aventures qui ne se lisent point dans les chroniques de leur royaume? [Mil., préf.) — Ce mariage a si peu d'apparence, qu'il est aisé de voir qu'on ne le propose que pour satisfaire à la coutume de ce temps-là, qui était de marier tout ce qu'on introduisait sur la scène. [Exam. de Mil.)
— hors d'apparence, contre la raison, le bon sens :
Que j'emporte sur elle aucune préférence'
Vous tenez des discours qui sont hors d'apparence.
{La Caler, du J>«/.,iu, 6)
Apparence se trouve ainsi très-fréquemment employé pour désigner ce qui a un caractère spécieux, plausible, raisonnable, justiiiable :
Quelle apparence de donner les charges ecclésiastiques de telle conséquence à un qui n'est encore point ecclésiastique, au préjudice de plusieurs honnesies ecclésiastiques qui ont déjà fait longuement l'exercice, et qui ont bien servi l'Église! (S. Franc, de Salks, Nouv. Utl. inéd.t à M- La Fléchère, 28. août 1617.) Cela n'a ni justice ni apparence. (Boss., Leu. à S. Vinc. de Paul, 1er fév. 1658.) — Où est la preuve , où est l'apparence de toutes ces plaintes. ( Patru , Plaid. . xvi.) — Jamais il n'y eut de commandement plus étrange, ni d'entreprise plus extraordinaire et plus hors d'apparence que celle-là. (Nie, Cont. des Et s., sur l'Èv. de l'Asc.) — .... 11 me semble que vous vous mettez en un grand danger ««lit piopos ny appurenec. Jourxebu, Les Contais, v, 4.)
On disait dans le même sens : il n'y a pas d'apparence de, avvc un infinitif, il n'est pas plausible, raisonnable, justifiable de :
II n'y «rott point d'apparence de refuser une proposition si plausible. (Vkrtot, Bttyt. dt Pouugal. ) — Il n'y avott pas d'apparence de s'aller Uvrer entre les mains d'un ennemi qui, pour couvrir la honte de sa défaite, ponvoit persuader à ses citoyens de le faire arrêter, et peut-être même de le faire périr. (Id., BêvoL rom., il.)
Do m£mot i7 ny a pas apimvncv rf<\ iï est $ans apparence de :
11 le pria de considérer qu «/ n'y axoit pas apparence f envoyer les hommes qu'il demindoit sans les choisir extrêmement. ;St-Rkal, Ce»}, contre Feu.) —
£* duc devant avoir la meilleure part dans leur dessein, il n'y avon pat appareattée rien cacher à son confident, (ld.. ibid.) — Il est vrai que sumi Augustin dit qu'il nVst pas aussi tans apparence d'entendre par ces mois de a mra et des arpent* véritables* (Njcole, £«#., Traité des qualre Dus dern., n, 0.)
APPÂT, avec le pluriel, rapproché de mets :
De la bouche et du cœur je les vois tous arides. Tous gros des hoas désirs qui leur servent de guides. Courir à ces appas t El voler à ces mets solides Que ta main leur prodigue en ces divins repss* fmtt t tv, 14
APPÉTIT, avoir l'appétit ouvert de bon ÉAltft, au Égaré
Vous avtfs f appétit ouvert de bon mot tu.
fi hier au soir seulement vous êtes dans la ville,
£t vous vous ennuyez déjà d être inutile,
Voire humeur sang emploi ne peut passer un jour,
El déjà vous cherchez à pratiquer l'amour f l* Mtttt^ i, 1.)
APPLAUDIR a guELQu'uff sur quelque chose :
Seigneur, n'êtes- vous point d'une humeur bien facile ,
D applaudir a Cotvs sur son manque du foi? [Agisit., Ut 6.)
APPLIQUE, jours d'appliqué, jours artificiels produits par des appareils lumineux :
Hus«sr l'aviez-vouB cru, vous qui faites les vaines.
De prévoir l'avenir des fortunes humaines.
D'en percer le plus sombre et le plu a épineux?
Aviex-vons deviné que ce parc lumineux,
Ces belles nuits sans ombre avec leurs jours d'applique
Préparaient à vos chants un objet héroïque !
[Au roi sur sa campagne de 1670.)
APPLIQUER (S') sur, comme s'appliquer à :
Les exemples des dieux s'appliquent mal sur nous. [Tue et Uérén.tw\ 3.)
APPRENDRE, absol., étudier :
il a jusqu'à mou nez et jusqu'à ma parole,
Et nous avons tous deux appris en même école. [La suite du Ment., i, 3.)
— apprendre (s1) a, comme se formei% à, apprendre :
Par là je m'appris à rimer.
Par là je fis, sans autre chose, Un sot en vers d'un sot en prose.
(Pièce impr. à la suite de Clit., édit. de 1632.)
On trouve s'apprendre dans le sens d'apprendre chez des auteurs de diverses époques :
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'ils méditent ce dessein. Us se sont appris à tourmenter les gens sur la bulle et sur les brefs d'Innocent X. (Le Maist. , Letu
d un avoc. au pari. . etc.) — En attendant d'être en état de ranger une armée en bataille, il (Monsieur) s'apprend à ranger les fauteuils. (Dan. de Cosnac, Mim.) — Il se trouvait au milieu d'un peuple dont il était aimé, mais sur lequel des hommes dangereux s'étaient appris à exercer une domination absolue. (Necieb, Sur l'admin. de M. Necker.)
De même s'apprendre sans à, pour se former, se dresser à quelque
chose :
PASQUiN. Hé bien, monsieur, je m'apprends, comme vous voyez.
MONf.ADB. Tu fais de» merveilles. (Baron, CHomme à bonne fort. , n, 13.)
Il n'est pas étonnant qu'on ait employé apprend?* comme verbe réfléchi, puisqu'on a dit apprendre quelqu'un, aussi bien . qu'instruire quelqu'un :
Et Dedalus voulant son filz aprendre Voiler en l'air, son vol voulut bault prendre Trop plus beaucop que n'avoit fait son père.
(Gringore. Folles entrepr., Bibl. eli., p. xvn)
Pour luy raprendre son langage,
Nous le mettrons en une cage;
On y apprend bien les oyseaux
A parler. [Farce de Mautre Mimm.\
Je n'ay faict ce traicté sinon Que pour aprendre ung mien amy.
[L'an de rhétorique pour rimer en plusieurs sortes de rimes. Anc.poés. franc., t. m., Tant d'humeurs, de sectes, de jugements, d'opinions, de lois et de coutumes, nous apprennent à juger sainement des nostres, et apprennent notre jugement à reconnoistrc son imperfection et sa naturelle faiblesse, qui n'est pas un léger apprentissage. (Mostaignk, Ess.t i, 25. ) — Elle (la philosophie} fait étal de sérener les tem pestes de l'asme et d'apprendre la faim et les fièrrrt i rira. ;ld., itai.) — Pompée, Milanois, qui l'a\oit appris à danser et faire des armes. vBaANT,Cupi/./r.. Charles ll.ï— El V apprit si bien.... (La*., tfauot. m,*-
l'n sien juge choisi, par lui jugé, appris,
El depuis fugitif. (D'An., Les Irma., iv.)
Et encore au dix-huitième siècle :
Le temps et > os leçons \ apprendront j chanter. Boisst, Les Dehors trmxp. , t 70
On trouve encore une trace de l'ancien emploi que nous signalons daus les locutions familières : cest uh homme mai appris, c'est h h mal appris.
Cest ainsi qu'où a encore dit. et très-heureusement :
Meadier n est p*s honte à U cour; c'est tcxite la lie du» cvmrôsan. Dès I eo- «Wtj * ce U. \oue a cet état par honneur, il s'en acquitte bten autrement cinax qui mendient pur |ures** ou par uevesùté. P.-L- Cocm., :
l>u reste, il était très-fréquent dans l'ancienne langue d'employer le pronom persouuel devant certains verbm ■entres dont Faction se réfléchit en quelque sorte sur le sujet. Ce point très-
APPRENDRE (S1). — s'accoucher. — se combattre. 43
curieux de grammaire n'ayant jamais été , que nous sachions, mis en relief, nous croyons utile de saisir cette occasion de l'établir par de nombreux exemples.
On trouve donc :
s'accoucher, comme accoucher :
Où les femmes s* accouchent sans plainte et sans effroi.
(Montaigne, Ess., 1. i, c. 22.) J a vois délibéré d'attendre que la royne ma femme se fust accouchée. {Leti. mus. de Henri IV, 2 sept. 1601, t. v, p. 462.)
s'aimer a, comme aimera :
Aristippus suimoit à vivre étranger partout. (Montaigne, Ess. , 1. m, c. 9.)
s'apparaître, pour apparaître, dans le sens de se montrer tout à coup :
Dune saparul li jorz tuz clers. (Benoît, Chron. de$ ducs de Norm.t H, 2184.)
— Qui saparul à Moysel. (Dolopathos, Bibl. elzév., v. 1150.)
Les trois rois de grant noblesse , Acomplir vouldrent leur promesse Devant l'enfant, le roy Jhésus,
Là ce sont lez roys aparus. (Le Geu des trois roy s.)
Un feu s'apparut à luy à la hauteur d'une pique. Brakt., Capit.fr., Charles IX.)
— Il disoit au maistre du logis que l'esprit s'estait apparu à luy. ( Caquets de r accouchée, 2* journ.) — La bonne déesse s'estoit apparue à elle la nuict précédante. (Racan, Berg., Arg.)
Je pense à tout moment qu'il s'apparoist à moy. (Id., Psaum. il.)
C'est celle-là même qu'une autre fois s apparut dans les roches de Rambouillet avec l'air et le visage de Diane. (Voit., Leii. xu.) — Le Seigneur s'apparut à lai dans un buisson ardent. (Mass., Serm. pour la Purifie, i.) — Dès que Jésus-Christ ressuscité se fut apparu à lui. (Id., Serm. pour te jour de Pâques, Résurrect.y lre p.) — Quelque chancelant qu'eût paru jusqu'alors saint Pierre, dès que Jésus-Christ ressuscité se fut apparu à lui, il s'affermit et se rassure. (Id. , ibid ) — Le saint prophète Jérémie s'apparut à Judas Machabée, plein de gloire et de majesté. (Sacy, Trad. des Mach., préf . ) — Le roi déclara que le dieu des juifs s'étoit apparu à lui en Macédoine sous le même babil que porto it son grand prêtre. (Rollin, Tr. des éiud , 1. vi, 2 p., c. 1, art. 3.) — Anchise, prince troyen, issu de Dardanus et fils de Capys, plut si fort à Vénus, qu'elle s'apparut à lui sous la forme d'une belle nymphe, pour lui déclarer son amour. Bayle, Dict hist., Anchise.)
se chanceler, comme chanceler :
Sans qu'on se chancelle ou trépigne, Yuydons la place à bon goust.
{Le Débat de la nourrisse et de la chamberière. )
se combattre, comme combattre :
Pur son amor gentement se combat, Ardiemenl asalu lo leopart.
(Thkroulde, La Chans. de Roland, texte de Venise, fol. 72, r\ col. 2 J
44 APPRENDRE (S'). — se commencer. — se consentir.
Li que n s Rolland gentemenl se combat. (Id., ibid., ni, 662.)
Ireemenl se cumbat al leupart. (Id., ibid., n, 73.)
Par mon serment j'enrage due je n'ay à qui me combattre! (Farce du franc archier.)
Avec le dur le mol se combattit : (Cl. Mar., Met. d'Ov., t. i.
Me fut advis qu'en ce grand chemin sec Un jeune enfant se combatoit avec
Un grand serpent et dangereux aspic. (Id., Ballade du jour de Noël. Le froid voudroit le chaud exterminer : Pareillement le sec avec l'humide Se combauroii, s'il étoit d'amour vuide. (Cu. Font., De Cam.)
se commencer, comme commencer. Voir cet article.
se communier, comme communier :
On distribuera en sorte le bénéfice de la communion entre les sœurs, que tour à tour il s'en communie trois tous les jours. (F h. de S al., Constit. pour les reliy. de la Visit. , 2J . ) — Après s'être récréée modérément à l'exercice des Muses , elle demeure la plupart du temps retirée en sa chapelle, faisant prières à Dieu, pleine d'ardeur et de véhémence, se communiant une ou deux fois la semaine. (J. d'Arnalt, Les Antiq. de la ville d'Agen et pays a génois.)
Très-anciennement on a dit de môme se accomminger :
Et se accommingèreni les trois parts de l'est. (Froiss., Citron.)
se condescendre, comme condescendre :
Prendra-t-il donc le parti de la ligue? Je crains qu'il ne «'y puisse condescendre, pour plusieurs considérations. (Paso., Lett. xi, 2.)
se consentir, comme consentir :
Hz auront, et je m'y consens, Sans l'estuy, mes grandes lunettes.
(Villon, Grant Testam.% Ballade de bonne Doclr., U7.) De poinct en poinct je m'y consens. (Id., ibid., Lays, 171.)
Cestuy duc, en parlant à elle, luy fist moult de grandes choses promesses, afin qu'elle se consentit à sa voulenté. La fille, espérant les choses promises, se consentit à sa voulenté incontinent. (Le Yiolier des hisi. rom.t c. i. ) — L'âme est blanche et nette, et se le corps ne se consentist à faire pechié, elle feust toujours blanche. (Le livre du cheval, de La Tour, c. 8. )
Le droit le veult et raison ;'i consent. (Le Doctrinal des fille* à marier.) Ces mots finis, le laurier *y consent
En ses rameaux qui sont faits de reient. (Cl. Mar., Met. d'Ov., I. i.) Si menterie en mes propos je mets , Je me consens qu'il face que jamais
Je ne le voye. (ld., ibid.)
Par vostre foy, vouldriez-vous bien estre ma femme, si vostre père le vouloit et si je m'y consens. ( Le Rom. de Jehan de Paris. ) Mais prie à Dieu qui me confonde Si jamais à homme du monde De riens me voulus consentir. {Farce moralisée)
APPRENDRE (S).— se courir.— se délibérer. 45 se courir, comme courir :
Puis s'en courut à Clymène sa mère,
Lai rapporter l'injure tant amére. (Cl. Mar., Met. dOv., 1. 1 )
se craindre, comme craindre :
Jo me erendreie que vos vos meslisiez. (Ther. , La Chans. de Bol., i, 25.) C'est-à-dire : c Tous vous feriez, j'en ai peur, quelque affaire. > —Et par celle voye les bonnes se craignoient et se tenoient plus fermes et plus closes de ne faire chose dont elles peussent perdre leur honneur et leur estât. {Le Livre du cheval, de La Tour, c. 118. ) — Le pape se craignant qu'on luy ttnt propos qui peut offenser les ambassadeurs des autres princes qui estoient autour de luy, manda au roi.... (Montaigne, Ess , i, 10.)— Les gens de bien, ny vivans, ny morts, n'ont aucunement à se craindre des dieux. (Id., ibid., ni, 12.)
se déchoir, comme déchoir au sens matériel :
Comme on void au poinct du jour
Tout autour Rougir la rose espanie, , Et puis on la void au soir
Se déchoir A terre toute fanie. (Ronsard, Odes, m, 4.)
se dédaigner, comme dédaigner :
Du temps que je commençay à porter les armes, le titre de capitaine esloil tillre d'honneur, et des gentilshommes de bonne maison ne se dédaignoient de le porter. (Montluc, Comment. f vu.)
se déjeuner, comme déjeuner. L'ancienne forme était trèsraisonnable et voulait dire se mettre hors de jeûne :
CeUui qui a les fièvres quartaines face tant qu'il treuve le tréfile à quatre fueilles, et s'en desjune par quatre jours. ( Les Evang. des Quenouilles, bibl. elz , p. 87. ) — Qui veult boire de toutes manières de vins et avec toutes manières de gens sans estre yvre, sachiez qu'il ne fault que se desjuner d'une pomme sûre au matin , et boire un trait de fresche eaue , et sans faillie il ne sera ce jour yvre. [Ibid.. p. 91.) — Une femme qui veult avoir petis enfans, tandis qu'elle porte se doit desjMncr au matin d'une tostée de pain blanc en vin. {Ibid.)
se délibérer, comme délibérer :
Le basse-contre , voyant qu'il y perdoit son temps, son argent et sa peine, se délibéra de ne s'y attendre plus. (Des Périers, Nouv., m, éd. L. M. ) — Depuis cette bataille, Lucullus se délibéra de tirer plus avant en pays, pour achever de ruiner et détruire du tout ce roy barbare. ( Amyot, Vies, Lucullus. ) — Un valet de chambre de Charles, dernier duc d'Alençon. estant averti que sa femme, beaucoup plus jeune que lui, se laissoit entretenir par un jeune gentilhomme, et ne l'ayant voulu croire dés le commencement, en la fin se délibéra d'en faire l'expérience. ( H. Est., Apot. pour Hérod.% xv.j — Je me délibère, quoy qu'il en puisse advenir, me hazarder et l'avoir de force. (Lariv., Les Ecol., i, 1.) — Je me délibère, puisque je me trouve bien à Paris, de demeurer au service de MM Angélique. (Fa. d'Amboise, Les Napol.. v, 12.) — Par les affaires que de jour à antre on me suscite, contre lesquelles je me délibère de lutter avec tant
4* APPRENDRE > . se deuser. — se dormir.
A* ;.-n<aTfcoe qu #s±i. . Ua- wm. et Hrmri ET, t. u, p. 307, à la reine d'Anr-Herr-». — Par un *î:rt &? sxr*sse extraordinaire, je me deliberay de cherche! ■on sa; aï *a u fa.:-* Tsz:?».. F7111. fActcom à Diame, ou le Chass. amoureux. — S* éeùjrrz p.ir ï *:*:> ;■* :.«< de !e faire et establir son lieutenant-géoéral, pour ccmisaa'ier air*: çc-e ".sy-ai-sice en toutes ses années. [Mém. de Chevrt;. IVT — L v Âfojvri d accomplir ce qu'il avoit promis. ( Som, fr-nrkm. rv — L n m'ioset^ni même un certain livre fort nouveau, et d'un autour fvirt renommé, que je me debbtraj d'acheter, pour y apprendre comment il falï:>it «rir* selon !e >iccie. Id.t ibéd., x.)
se deviser, comme décider :
Prenez le t»t estre dit et e^eript pour demonstrer la fragilité de celles qui ainsi u dtt lu mt souvent quant ensamble se trouvent. ( Les Evang. des Que*., t J Jann . p. :>7
Cependant, pauvres que nous sommes,
Nu a s en Jurons ces gentilshommes,
Depuis le matin jusque au soir
& attiser sur un contoir
A\ec nos femmes. (Grbvi.n, Les Esbabn, i, I»)
se dîner, comme dîner :
A la feste de la Pentecouste,
yui bien se dîne, cber lui couste [Ane. l'rov.)
De adtocats ponertisseurs de droicl et pilleurs de paovres gens, il se dipne ordinairement et ne luy manquent. (Rabbl., 11, 11.)
Dit probablement par analogie vicieuse avec se déjeuner. se disparaître , comme disparaître :
Durant lesquelles dances la dame in visiblement se disparut. (Rabbl., y, 25.
se dormir, comme dormir ;
Caries se dorme qu'il ne s'esvelz mie.
(Thèr., La Chant, de Roland, cb. u, texte de Venise.)
Karles^e dort cum hume traveillet. (Ibid. éd. Gén.. iv, 129.)
Caries se dort tresqu'al demain cler jur. {Ibid.. 174)
La bielle tille à l'empereur vint desous cel arbre là ù Coustans estoit ki u
aoimoil. {Li Contes dou roi Couslunl à l'empereur. Nouv. fratiçoises du xur siècle,
Bibl. elzév.)
Certes, dame, de me dormir Me puige très-bien astenir.
{Li roumans dou chastelain de Couci, \ . 513, éd. Crap) Et vous dormir entre blans draps
Despuis le >uir jusque au matin. {Farce de Folle Bobauxe.)
U se trouva eu la chambre où lu levriere se dormoil. {Cent Nouv. du rsi Louis Al, xxvin.) — Ainsi que une nuyct me dormoyc sur mon liel, ayant tous mes membres de sommeil fort agra\ez, me sunint ung songe merveilleux duquel fus moult esbahy. vRou. Gouis, Les Loups ravissons. Le Prol. de Tact.)
APPRENDRE (S'), —s'échapper. — s'essayer. 47
s'échapper a, comme échapper* à , dans le sens de : N'être pas saisi, aperçu, découvert, remarqué :
Cœur humain, abîme infini, qui dans tes profondes retraites caches tant de pensées différentes, qui s'échappent à tes propres yeux. (Boss., Panég. de S. Victor, \n p. ) — Plusieurs vérités s'échapperaient aux yeux de notre esprit, si quelque I sage maître ne nous tournait vers elles. (Lami, Entret. sur les sciences. 6* entr.)
s'éclater, comme éclater :
.... croyant que le counoux Du père tout-puissant s' éclater où sur nous. (T rot ère l, Les Corriv.t\, 1.) 11 étoit bien à craindre que. si la chose duroit, il ne s éclatât quelque mésintelligence et division intestine. (Richel., Mém.y 1. xx, 1629.)
s'encourir, s'en aller, s'enfuir en courant :
Il fut frappé de ces paroles comme d'un coup de massue , et s'encourut tout transporté frapper à la porte de la chambre où Doguin se mouroit. (Scarr. , Rom. corn., 1" p., c. 6.)
Ce discours fut à peine proféré,
Que l'écou tant s' encourant.,.. (La Font., Conte*, Aveu indiscr.)
s'entrer, comme entrer :
En ses chambres j'en velt entrer.
(Floire et Blanceflor, éd. du Mér., v, 1310, 2e vers.)
Pandaro arriva, à qui l'uys jamais ne se trouva fermé . et s'en entra en la
chambre là où elle faisoil ses piteux plains. [Le Livre de Troilus, Bibl. elz., îv.)
—Si s'en entrèrent dans la ville et vindrent devers le palays du roy. [le Rom. de
Jeh. de Par.)
s'essayer, comme essayer ;
Par un secours trop tard venu s'essaye
A surmonter la mort dure et perverse,
Et l'art en vain de médecine exerce. (Cl. Mar., Mit. efflt;., 1. n.
Le bon Abdolomin s'essayoit par toutes voyes honnestes et légitimes de faire la paix. (Scuelandre, Tyr et Sid., Arg. ) — Qu'elles s'essayent de s'endormir toujours en quelque bonne pensée. (Fr. de Sal., Directoire, art. 10. ) — Si je vais où il est, je m'essayerai de lui en parler. (Id., Lcit.% à M"' de Chant., 29 sept. )608. ) — May s ce qui est le pis, c'est que cette calamité y fait naistre une lamentable désunion, tandis que chacun s'essaye de tirer à soy le peu de moyens et d'argent qu'on y porte. (Id., A S. A. Ch. Emm. 1er, 11 déc. 1620. Nouv. Un. inéd., Letl. 264e. ) — 11 s'y trouva une telle foulle, concours et affluence de peuple, nonobstant tout Tordre qu'on n'essayait à y donner, que les deux roys furent ung grand quart d'heure, dans l'allée du parc du dict Plessis, à se tendre les bras l'un à l'autre, sans se pouvoir joindre et approcher. ( L'Estoile ) Par menaces après, par piquantes injures, S'etsayérent plonger cette âme en leurs ordures. (D'àub , Trag., iv.)
Les dames, mi-coiffées, A plaire à leurs mignons s'essayent eschauffées. (Id., iùid., v.)
On dit encore s'essayer, mais dans un sens différent.
48 APPRENDRE S'V —se "feindre. — SB pâlir,
se feimÎre. comme feindre :
Je vous entends venir, il ne faut plus vous feindre. (Racax, Rerg., u, 3.) se forfaire , comme forfaire :
Jamais ne me voulu* forfaire. (Parce des femme*. )
se gire , comme gire :
Caries segist. mais doel ad de Rollant. Tasa., La Chans. de Roi., iv, 117 ) — «Et qu*esse-cy? > dist la fumelle Qui se gisoii dedans son lict. [Les Droit nouv. establis sur les femmes)
se larmoyer , comme larmoyer :
Tout a un coup je ris et me larmoyé.
Et en plaisir maint grief tourment j'endure. (Louise Labs, Elig.)
se marcher , comme marcher :
11 es toit assez bon folastre,
Et te marckoil de bon biès. {Foret de la Risurr. de Jeu. Landort.)
se méfaire, comme méfaire :
Jamais ne croyez en ce faicl ,
Car point ne se vouldroit me ff aire. (Farce nouv. d'ung Mary jaloux.)
se mousser, comme mousser :
La liqueur de ce bassin est continuellement agitée, et ne fait que se nwutxr et s'élever en bouillons. (Sokel, Francion, iu.)
se uirik, comme mûrir :
Le fruit est mauveys qi ne se meure, (Prov. de Fraunct.)
se naître, comme naître :
Ainssy le dist et devisa
Qu'estoille ystroit de Jacob
Et sy naistroà lors à ce cob ,
Un enfant des flans d'une femme
Sans sentir natureil diffamme. (Le Geu des trois rot»)
Mais ores je suis en grand doute
Que de ceste badinerie
Se naisse aucune fascherie. (Est. de Jodellz, Eugène, u, S )
Bref, tu sçais quelles sont les envieuses rages Oui mesme au cœur des grands peuvent avoir vertu, Et qu'avec le mépris se naissent les outrages. (Chapillb, à sa Muse.)
se pâlir, comme pâlir :
Là de ton tein se pallissoiem les fleurs. (Rons., Amours, i, 36 .".
Si c'est aimer, avoir toujours dans l'âme Le souvenir d'une seule déesse; Si c'est aimer, se pâlir de tristesse, Mourir absent des beautés de sa dame. (Amadis Jamik, Sonnets.)
APPRENDRE (S'). — se partir. — se soupçonner. 49
se partir, comme partir ; c'est la forme logique et conforme à Tétymologie (se partiri ab, se séparer de) :
Après ceste proière se parti l'arme d'au cors au benoit martir Rollant , et laissa le cors. ( La Chron. de Turpin. ) — Laquelle chose estant venue à la cognoissance dudit sire de Talbot, te partit incontinent et en grand baste de Bourde an Ix. (J. Chart., Chron. de Charl. F//, c. 260.) — Se partirent les Anglois bien joyeux d'Espagne, de ce qu'ilz avoient bien besongné. {Le Rom. de J. de Par) — Las! qu'as-tu fait de l'en partir ainsi? (Cl. Mar. , Epist., i, 1517.) — Dame Modeste luy respondit avec un grand souspir, qui se partit du plus profond du cœur. (Lariv., Facét. !Suicts de Sir a par oie, 5e nuict, fable .Vj
se penser, comme penser :
.... et bien se pensoyoient Qu'à quelque chose serviroyent.
(Poésies attrib. à Villon, La Repue franche du l. y mous in.) Si me suis pensé que plus bel mariage on ne pourroit trouver. (Le Rom. de J. ae Par. ) — Je me suis pensé de m'en aller en Espaigne en habit dissimulé. (Ibid.) — Et en regardant la beauté et bonne grâce de sa fille Floride, qui pour l'heure n'avoit que douze ans, se pensa en luy-mesme que c'estoit bien la plus honneste personne qu'il avoyt jamais veue. (Maro. d'Ang., Hept., 10e nou v.)
se périr, comme périr ;
Mon amy, ton corps se perist ; Donnes à Dieu ton esprit,
Et n'allègue plus tant de plaids. (Le Disc, du trespas de Vert Jane i, 1537. Poés. fr. des xv* et xvr» s., t. 1. Bibl. elzév.)
se pourpenser, comme pourpenser :
Ainsi que je me pourpensois
Se outre la haie passerois,
Je vis vers moi tout droit venant
Un valet bel et avenant. (Rom. de la Rose.)
se prendre garde, comme prendre garde :
L'on se doit prendre garde surtout de certains titres trompeurs , qui promettent beaucoup et ne tiennent rien. (La Mothe le Vayer, H orné L acad., h, 2.)
Se, dans cette phrase, pourrait passer pour un régime indirect.
se rentrer, comme rentrer :
Et se rentre en la chambre et ferme la porte sur luy. (Brant., Dames gal.t Disc vi.)
se reverdir, comme reverdir :
Le printemps est venu, et fait dehors si tresbel que les prez et les arbres et toutes autres choses se reverdissent. (Le Liv. de Troilus, Bibl. elzév., vu.)
se soupçonner de , comme soupçonner, ou plutôt se doutet* de :
fimée, se soupçonnant de trahison, s'en est retournée en son logis. (Lariv., La Veuve, iv, 3.)
50 APPRENDRE (S'). — se souper. — se tempêter, se souper, comme souper :
Souppe toy, sans aucun arresl, Et garde bien la maison. {Farce de Jeninot.)
Un soir tout seullel me souppoue
De ce tantinet que j'avoye. (Le Débat de Veau item vin.)
Le plus des fois Monseigneur se disne et soupe de biscuit et de la belle fontaine. {Cent Nouv. du roi Louis XL)
On disait aussi être soupe, comme on disait se souper :
Elle s'embesongne A luy faire un peu de potaige, Avec un petit de fromaige Et une foys de ripopé, Dont il est grandement souppé. {Serm. des Maulx de mariage.}
Même observation que pour se diner.
se sourire, comme sourire :
Vénus lors se souri st. {L'Enfer de la mère Cardim.)
Ainsi qu'elle (Jeanne 1", reine de Naples) tissoit un cordon de soye, leroy André lui demanda àquoy estoitbon cet ouvrage? Pour vous estrangler, responditelle en se sousriant : parole que le mary tourna en risée, qui sortit toutes-fois son effect. (Pasq., liée h., vi, 26.) — La roine Elisabeth dit à Parri (qui avoit projeté de l'assassiner ) qu'il estoit temps qu'elle se retirait, «comme celle qui devoit estre saignée le lendemain par l'ordonnance de ses médecins; et. en se sousriant, ajouta qu'on ne lui tireioit point tant de sang , comme beaucoup de gens désireroient. » (Id. , Catéch. des Jésuites, f. $08.)
Alors Vénus se sourit,
Et en le baisant le prit,
Puis sa main lui a soufflée
Pour guarir sa playe enflée. (Rons., L'Am. vol. de mût.)
se sourire de, comme sourire de :
Des capitaines- des gardes et autres gens de guerre qui esloient là se *ourioient de le voir, à cet âge, parler d'aller sur le pré. (Racan, Vie de Main.) Jugez-en, s'il vous plaît, par ce que je vais dire :
Vous pourrez bien vous en sourire. (Loret, Muse hist., 30 juil. 1667)
se souscrire, comme souscrire :
Je me souscris à vostre sentence et loue vostre advis. (Lariv., Le FW.,i, 4.)
se tarder, comme tarder :
Del' respondre un petit se tarde. [Dolopathos, éd. elx., v. 648 )
Ils se tardent de respons rendre.
[Floireet Blanceflor, éd. du Mér.. v. 669.)
se tempêter, comme tempêter ;
C'est à la loi salique que l'on en veut; c'est contre celle-là que l'on a vu