‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 383 sur 743 · LICENCE. — LICENCIEUX · texte numérisé non relu

LICENCE. — LICENCIEUX

pies. (Rrrz, Mém., i.) - Rien ne conduit plus directement ni plus promptemeoti l'infidélité et an libertinage de créance que le libertinafe des moeurs. (Bouan., Sem. pour le 3« dim. après VÊpiph., h.) — La foi de cet apôtre ne peut être suspecte, et le libertinage le plus défiant n'a rien à lui opposer. (Id., Panég. de S. Thomas, u.f — Vous me faites toujours de la peine aux récréations ; vous n'y avei jamais de liberté ni d'ouverture; vous vous éloignez, vous n'entrez point en conversation, vous y êtes comme une personne du monde qui dédaigne cette simplicité de auvent qui fait rire à l'heure ordonnée ; le libertinage ne peut souffrir une telle docilité, mais je puis vous répondre, moi qui connais l'un et l'antre, qu'ils n'ont poist dans les plus grands plaisirs où ils s'abandonnent la joie, la paix et la doacev d'une bonne religieuse qui rit d'un rien. (MM os Maixtkkoîc, Leti. htst.t à M"* et Monlfort, mars 1632.)

LICENCE, avec le pluriel, en parlant de détails, de peintures déshonnétes dans les compositions théâtrales :

Purger notre théâtre des ordures que les premiers siècles y «voient comme incorporées, el des licences que les derniers y avoient souffertes, (/mil, Ëpltre ai pape Alexandre VII.)

LICENCIER (se), pour signifier prendre des libertés, des privautés auprès d'une femme :

Ce vermillon nouveau qui colore ta joue

M'invite expressément à me licencier. {Ctit., v, 3, 1"* éd. jusqu'à 1614 incl.) 1

LICENCIEUX, en termes de beaux-arts , qui renferme une licence non autorisée, qui est plus libre que les règles ne le permettent :

Quant à l'unité du lien, je n'en trouve aucun précepte ni dans Arioste, ni dans Horace. C'est ce qui porte quelques-uns à croire que la règle ne s'en est établie qu'en conséquence de l'unité du jour, et à se persuader ensuite qu'on le peut étendre jusques où un homme peut aller et revenir en vingt-quatre heures. Cette opinion est un peu licencieuse; et si l'on faisoit aller on acteur en poste, les deux côtés du théâtre pourroient représenter Paris et Rouen. [Tr+is. Dise.)

On a dit d'une manière analogue :

Il s'opiniâtra fort longtemps avec un nommé M. de La Loy à faire des sonnets licencieux. (Racax, Mém. pour la Vie de Math.) — Entre cette prononciation tieenciemse et irrégulière que l'usage a introduite dans l'entretien familier, et la prononciation des prédicateurs et autres orateurs , il y a une mujonnV qui n'est ni tout à fait si licencieuse que celle de la conversation, ni tout à fait si régulière que celle du barreau et de la chaire; et cette prononciation moyenne est celle qu'observent les comédiens et ceux qui lisent bien quand ils lisent haut. (Saist- Real, De la Cril., e. 13.)

Licencieux, avec un nom de chose, s'employait pour trop libre en général :

Isis répondit à cette déclaration an peu trop ftrmr«w par un silence et par une action qui, sans désespérer Xéphyre, lui conseiUoient d'oser plus modestement de sa bonne fortune. (Gonsnar., C*â., 1" p., |. m.)

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