MODE. — MOINDRE
Del, qui vois ma misère et qui lais les heureux,
Prends pitié d'un devoir qui m'est si rigoureux. (le Vemn, rf, 9.)
— poue ta misère, pour ton malheur :
Que je te plains, me fille : héUs! pomr m wùàère,
Les destins ennemis ont fait naître ce frère. {La femn, ni, 7.)
MODE, un esprit a ma mode, un esprit semblable au mien :
Tons avez, Dieo me sauve, eu esprit à m* i
Vous trouvez comme moi la grandeur incommode. (VilL ctm., u, 4.)
MOI. a moi, pour me y datif :
Qu'il entre. A quel dessein vient-il parler m moi? (Jféraci., u, 4.)
« Parlera moi, » observe Voltaire, ne se dit point; il faut « me parler. % On peut dire en reproche , « parlez à moi; oubliez-vous que tous parlez à moi? >
Corneille a encore dit dans une de ses tragédies :
Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse, }
A cet objet si cher tu dois tous tes discours, {
Parler encore à moi, c'est trahir tes amours. {Mmt, v, 7.)
Il est peut-être regrettable qu'on ait absolument proscrit cette forme qui est douce, et commode dans certains cas, surtout en poésie. A tort ou à raison, on en rencontre quelques exemples, même en plein dix-huitième siècle :
Donnez-lui donc la main, ajouta-t-il en parlant à moi. (CaisiLLON fils, Ua. dt la marq. de M***, xxxv.)
MOINDRE, adj. moindre que, comme moins que :
Ils étoient plus que rois, ils sont moindre* qu'esclaves. {Sert., m. 2.)
Corneille modifie d'une manière très-particulière et trèsheureuse la locution au moindre bruit , en ajoutant premier à moindre :
J'épargnois à mes yeux un funeste spectacle,
Où mes bras impuissants n'avoient pu mettre obstacle.
Et tenois ma main prête à servir ma douleur,
Au moindre et premier bruit qu'eût fait votre malheur. [Androm., iv, 3.>
— moindre, employé substantiv. :
Et si la moindre tache en demeure à mon nom,
Si le moindre du peuple en conserve un soupçon,
Suis-je digne de vous, et de telles alarmes
Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes? (/Virom., iv, 1