‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 413 sur 743 · MODE. — MOINDRE · texte numérisé non relu

MODE. — MOINDRE

Del, qui vois ma misère et qui lais les heureux,

Prends pitié d'un devoir qui m'est si rigoureux. (le Vemn, rf, 9.)

— poue ta misère, pour ton malheur :

Que je te plains, me fille : héUs! pomr m wùàère,

Les destins ennemis ont fait naître ce frère. {La femn, ni, 7.)

MODE, un esprit a ma mode, un esprit semblable au mien :

Tons avez, Dieo me sauve, eu esprit à m* i

Vous trouvez comme moi la grandeur incommode. (VilL ctm., u, 4.)

MOI. a moi, pour me y datif :

Qu'il entre. A quel dessein vient-il parler m moi? (Jféraci., u, 4.)

« Parlera moi, » observe Voltaire, ne se dit point; il faut « me parler. % On peut dire en reproche , « parlez à moi; oubliez-vous que tous parlez à moi? >

Corneille a encore dit dans une de ses tragédies :

Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse, }

A cet objet si cher tu dois tous tes discours, {

Parler encore à moi, c'est trahir tes amours. {Mmt, v, 7.)

Il est peut-être regrettable qu'on ait absolument proscrit cette forme qui est douce, et commode dans certains cas, surtout en poésie. A tort ou à raison, on en rencontre quelques exemples, même en plein dix-huitième siècle :

Donnez-lui donc la main, ajouta-t-il en parlant à moi. (CaisiLLON fils, Ua. dt la marq. de M***, xxxv.)

MOINDRE, adj. moindre que, comme moins que :

Ils étoient plus que rois, ils sont moindre* qu'esclaves. {Sert., m. 2.)

Corneille modifie d'une manière très-particulière et trèsheureuse la locution au moindre bruit , en ajoutant premier à moindre :

J'épargnois à mes yeux un funeste spectacle,

Où mes bras impuissants n'avoient pu mettre obstacle.

Et tenois ma main prête à servir ma douleur,

Au moindre et premier bruit qu'eût fait votre malheur. [Androm., iv, 3.>

— moindre, employé substantiv. :

Et si la moindre tache en demeure à mon nom,

Si le moindre du peuple en conserve un soupçon,

Suis-je digne de vous, et de telles alarmes

Touchent-elles trop peu pour mériter mes larmes? (/Virom., iv, 1

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