ASCENDANT
Et ce qu'en quelques-uns on voit d'attachement
N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement. [liod., h, 2.)
L'illustre commentateur de Corneille prodigue les paroles de critique contre cet emploi d'ascendant :
€ N'est qu'un faible ascendant d'un premier mouvement » est impropre; C ascendant veut dire ici la supériorité ; un mouvement n'a pas d'ascendant* On ne peut s'exprimer ni avec moins d'élégance, ni avec moins de correction , ni avec moins de netteté. »
La pensée du poète est : Ce qu'on voit d'attachement en quelques-uns n'est que le résultat du pouvoir qu'a sur eux un premier mouvement, une première impression. Le mot ascendant avec sa signification de supériorité, par conséquent de pouvoir, paraît ne pas être si impropre ici que l'a cru Voltaire.
ASPIRER, être aspiré, en parlant de la prononciation des lettres :
Cette lettre se rencontre au commencement des mots, ou au milieu, ou à la fin. Au commencement, elle aspire toujours; soi, sien, sauver, suborner. [Préf. du Théât. de P. Corn., édit. 1682.)— Entre deux voyelles, elle passe toujours pour s, et après une consonne elle aspire toujours. (Ibid.)
— aspirer a (un subst.), tendre ardemment à :
Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à fait ;
La foi que j'ai reçue aspire à son effet. (Po/., n, 6.)
— aspirer a, en parlant d'une chose défavorable, avec un subst. ou un in fin. :
Et monté sur le faite, il aspire à descendre. (Cinna, n, 1.)
Je consens, ou plutôt '}' aspire à ma ruine. [Pol., iv, 2.)
Puisque je suis coupable aux yeux de l'injustice,
Je fais gloire du crime, et \' aspire au supplice. (Théod., n, 5.)
Je vous avouerai plus, seigneur, loin d'y souscrire,
Elle en prendra pour vous une haine où j'aspire,
Un courroux implacable, un orgueil endurci,
Et c'est par où je veux vous arrêter ici. [Serior., iv, 2.)