PUISSANT. — PUNISSEUR
Voltaire trouve un solécisme dans cette locution. Sa critique attaque ce vers :
Madame, on m'a forcé de puissance absolue.
Corneille a pu employer cette expression sans intéresser la correction la plus exacte dans ce cas et dans plusieurs autres :
Sa mère peut agir de puissance absolue. {Mil., u, 4.)
Agissez donc, seigneur, de puissance absolue. (Perth., iv, S.) Mais pour votre Léoo, êles-vous résolue
A le perdre aujourd'hui de puissance absolue f {Pulck., m, 2.)
On trouve de même :
Au lieu que le roi envoie Arias vers le comte, pour le porter à satisfaire don Diègue, il fallait qu'il lui envoyât des gardes, pour empêcher la suite que pourrait causer le ressentiment de cette offense, et pour l'obliger de puissance absolue a la. réparer avec une satisfaction digne de la personne offensée. (Sentiments de l'Académie sur le Cid.)
Faut-il vous l'ordonner de puissance absolue?
(T. Corn.. Pars, et Demétr., u, 3.)
On disait d'une manière analogue, de pouvoir absolu :
Tu dois l'exterminer de pouvoir absolu. (Cyrano, Mort oTAgripp., v, 1.)
Du reste, cet emploi de de, dans le sens d'avec, est, nous l'avons déjà vu, très-commun au dix-septième siècle.
PUISSANT, qui agit puissamment sur l'âme, un effroi puissant:
Sire, vous avez su qu'en ce danger pressant
Qui jeta dans la ville un effroi si pmssum.
Une troupe d'amis chez mon père assemblée
Sollicita mon âme encor toute troublée. (Le Cid, iv, 3.)