RAGOUT. — RAI
rage, avec le pluriel :
Je porte, malheureux, après de tels outrages,
Des douleurs sur le front, et, dans le cœur, dts rages. (Lu Suiv., m, 4.)
Songez donc mieux qu'un père à ces affreux ravages
Que partout de ce monstre épandirent les rages. (Androm., n, 4.)
Le sang de Polyeuctc a satisfait leurs rages. (Po/., i, 3.)
Jfages ne se dit plus au pluriel, je ne sais pourquoi ; car il jt un très-bel effet dans Malherbe et dans Corneille, » obe justement Voltaire.
>ici les vers superbes auxquels le commentateur de Corneille allusion :
Qui n'ouït la voix de Bellonne,
Lasse d'un repos de douze ans,
Telle que d'un foudre qui tonne,
Appeller tous ses pajrtisans ;
Et déjà les rages extrêmes,
Par qui tombent les diadèmes,
Faire appréhender le retour
De ces combats, dont la manie
Est l'éternelle ignominie
De Jarnac et de Moncontour ? (Malh., Od.. 1. m, Pour la mère du roi.)
drneille a dit encore :
L'ivrogne et le gourmand recevront leurs supplices
Du souvenir amer de leurs chères délices,
Et ces repas traînés jusques au lendemain
Mêleront leur idée aux rages de la faim. i/miJ., î, 34.)
AGOUT, atffig. et avec le plur., dans le sens ancien de chose flatte le goût, les sens :
Je vois mes cheveux gris, je sais que les années Laissent peu de mérite aux âmes les mieux nées... Que les plus beaux esprits, que les plus embrasés, Sont de méchants ragoûts, quand les corps sont usés.
[Œuv. dit»., Jalousie.)
serait superflu de citer des exemples analogues.
AI, rayon :
Le soleil qui commence à luire Ne te brûlera point dans la chaleur du jour ;
Et quand la lune aura son tour, Ses rais les plus malins ne pourront plus te nuire. [Trad. du Ps. cxx.)
n a dit comme Corneille, au sens propre :
Certainement cilz est Dieu vray
Qui sur nous fait luire ce ray, (Le Geu des trois roys.}