‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 555 sur 743 · RANG. — RANGER · texte numérisé non relu

RANG. — RANGER

RANG, fig. perdre son rang, déchoir de la place qu'on occupait dans l'estime publique :

A force de vieillir un auteur perd son rang.

[Au Boit *w *on retour de Flandre»)

— d'un rang, en parlant d'une chose, pour signifier d'une nature :

Quoi que doive un monarque, et dût-il sa couronne,

Il doit à ses sujets encor plus qu'à personne.

Il cesse de devoir quand la dette est d'un rang

A ne point l'acquitter qu'aux dépens de leur sang. (Pomp., 1, l.j

« Une dette est trop forte, trop grande ; elle n'est pas d'un rang à ne point l'acquitter qu'aux... » remarque Voltaire.

L'auteur de l'Examen des fautes de langage dans la tragédie de Pompée a dit aussi : « On ne dit point le rang d'une dette, mais la nature d'une dette. »

Malgré ces critiques, exactes seulement pour l'usage actuel, rang, en parlant d'une chose, s'est dit d'une manière analogue à l'emploi qu'en fait Corneille :

L'authorité de ces tesmoins n'a pas à l'adventure assex de rang pour nous tenir en bride. (Montaigne, Ess., i, 26.)

RANGER, fig., assujettir, captiver :

Un Jour qu'il se vantait de cette humeur étrange

A qui chaque objet plaît, et que pas un ne range,

Et reprochoit à tous que leur peu de beauté

Lui laissoit si longtemps garder sa liberté. [La Sariv., i, 10

C'est, au fond, la même signification que dans cette phrase : Ranger un ennemi, un peuple sous ses lois.

— ranger sous, assujettir sous :

France ingrate, tu veux la paix,

Et pour toute reconnoissance- D'avoir en tant de lieux étendu ta puissance,

Tu murmures de mes bienfaits.

Encor un lustre ou deux, et sou* ses destinées J'aurais rangé le sort des têtes couronnées. {La Tais, for, proi., se. ii.)

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