‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 576 sur 743 · REMETTRE · texte numérisé non relu

REMETTRE

— remettre les ESPRITS, rétablir le calme dans les esprits :

Souffrez que la raison remette vos esprits. {Le Cid.t u, 1.)

Il serait inutile d'apporter des exemples de cette signification ; mais il peut l'être moins de dire que remettre se trouve employé avec le sens de calmer :

U est comme l'envoyé du ciel, qui rassure, qui remet les peuples, qui dissipe tous leurs vains soupçons, toutes leurs fausses terreurs. (Patiu, Éloge de M. de Pomponne.)

— remettre, renouveler :

Borne en deux factions trop longtemps partagée

Ify sera point pour moi de nouveau replongée;

Et quand Sylla lui rend sa gloire et son bonheur.

Je n'y remettrai point le carnage et l'horreur. (&rt., v, 6.)

— se remettre, se replacer par le souvenir :

Ressouviens-t'en, ingrat; remets-toi dans la plahra

Que ces taureaux affreux brûloient de leur haleine. (Méd., m, 3.)

— remis, n'être pas remis, n'être pas revenu de frayeur :

J'en tremble encor de peur, et n'en suis pas remise. [Suite du Ment., iv, 1.)

Corneille emploie souvent remis, avec un nom de personne ou de chose, pour signifier apaisé, calmé, calme, tranquille; comme le remissus latin :

.. L'ame plus tranquille et l'esprit plus remis. (Clit., îu, 1.)

Un mot me suffira pour me tirer de peine ; Et lors j'étoufferai si bien toute ma haine, Que vous me trouverez vous-même trop remis. (La Gai. du Pal., v, 5.)

Oublies Curiace, et recevez Valére,

Vous ne tremblerez plus pour le parti contraire,

Vous serez toute nôtre, et votre esprit remis

N'aura plus rien à perdre au camp des ennemis. (#•?»» i, 2.)

Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge

J'en recevrai le coup d'un visage remit. (Bodog., v, 1.)

Un frère a pour des sœurs une ardeur plus remise. [CEd., m, 5.)

Et souffrir d'un esprit remis,

Lors môme qu'on me persécute

towr ce que je n'ai point commis. {fmit.f in, 47.)

On a dit exactement de même au commencement du dixseptième siècle :

Ceux que la fortune a colloques en* haut degré d'honneur, qui doivent avoir les mouvemens plus remis et tempérés. (Charron, La Sagesse, ui, SI.) — Mais quand cette tempeste est appaisée, que les passions sont un peu remises, et que

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