REPENTIR. — REPONDRE
«J'hui. On ne peut pas dire une princesse repentie. Mais pourquoi ■l'emploierions-nous pas une expression nécessaire, dont l'équivalent est reçu dans toutes les langues de l'Europe ? »
Cette expression se trouve employée avant Corneille :
Comme il assembloil son armée, ce peuple repenty envoya des ambassadeurs mq devant. (Fauchet, Antiq. gaul., m, 11.;
Toy qui promets à tous que ta bonté propice
Se rendra pitoyable aux pecbeurs repentis. (Racan, P*., lxxxix.)
Elle est encore usitée dans quelques locutions, comme les JUles repenties; mais l'usage en pourrait être beaucoup plus «étendu.
REPENTIR, subst. m., avec le pluriel :
Et, puisqu'à vos rigueurs la trahison m'expose,
N'attendez point de moi d'infâmes repentirs.
D'inutiles regrets, ni de honteux soupirs. [Cin.f v, 1.)
Selon le commentateur « le repentir ne peut admettre ici de pluriel. »
En prose, assurément, on aurait dit : «N'attendez point de moi m repentir infâme; » mais la remarque de Voltaire n'en prouve pas moins une fois de plus quelle imparfaite idée il avait des libertés du poète, et combien peu il sentait quelle énergie le pluriel donne aux substantifs dans la poésie française comme dans la poésie latine. Et ce pluriel n'ajoutât-il point à l'intensité de Tidée, fût-il employé pour la rime, il ne devrait assurément pas être critiqué dans des vers aussi beaux que ceux sur lesquels l'auteur du Commentaire exerce sa censure vétilleuse.