RÊVEUR. — RIEN. S
RÊVEUR, adj., avec un nom de chose, qui exprime ou qui a le Caractère de la rêverie :
Qu'un entre lien rêveur dorant ce peu de temps
M'instruise des moyens de plaire à celte belle. (Ciit., i, 1.)
Ce mot se trouve assez rarement employé dans cette acception tu dix-septième siècle ; on le rencontre quelquefois au dix-huitième, comme dans cet exemple :
0 bois hospitalière, mes rêveuses douleurs
N'ont pas longtemps, bêlas! à jouir de votre ombre.
(Bertin, Les Amours, Élég., 1. m, 90.}
Mais c'est surtout de nos jours, et grâce à l'école romantique, que cet adjectif a fait fortune :
l'amour réveille souvent dans notre âme des idées rêveuses et tristes. (MM hk Stail, Réjlex. sur le but moral de Delphine.) — La peinture ne saurait se contenter d'une expression aussi rêveuse et aussi vague que celle des sons. (Id., Corinne, ▼ni, 8.)
La valse aux bonds rêveurs tourne encor dans ma tête.
(Lamart., Jocelyn, 1" époque.) Le silence rêveur descend avec la nuit. (Barthel., Le Bois de Roui., u.) Ne cherchez point chez M. Mérimée ces passages et ces nuances fugitives qui séduisent dans les Nouvelles de M. de Musset. Lui, U ne procède point de la sorte; U s'interdit ces analyses de cœur faites au nom de celui qui raconte; il n'a jamais de ees petits couplets rêveurs ou mélancoliques. (Ste-Beuve, Causer. , 7 févr. 1853.) — Des idées rêveuus et mélancoliques. (Th. Gaut., Comiantinople, xi.)
RÊVEUR, subst. un hèyeur de musique, pour désigner un artiste médiocre qui s'alambique le cerveau à trouver des airs de musique :
Cent vers lui coûtent moins que deux mots de chanson :
Son feu ne peut agir quand il faut qu'il s'explique
Sur les fantasques airs d'un rêveur de musique. (Excuses à Ariste.)
REVIVRE, fig., en parlant d'une charge :
Si le bon plaisir de Votre Majesté est tel que lesdites provisions aient lieu et que ledit office revive. (Au Roi et à Nosseigneurs de son Conseil.)
RÉVOQUER (se), être révoqué, être rappelé, en parlant du temps :
Mais, puisque le passé ne peut se révoquert
Trouvez bon qu'avec vous mon cœur s'ose expliquer. (Parnp., iv, 2.)
RIEN, dans le sens primitif de quelque chose :
Cependant plus j'y songe, et plus je m'examine,
Moins je trouve, seigneur, à me reprocher rien. {Agés., m, 1}