‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 595 sur 743 · RIEN · texte numérisé non relu

RIEN

Emportoit-il rien que ta ayes veu?... (Laaiviy, Les Ecolier*, v, 6.) — Si vous avex rien à me répliquer sur ce que dessus', la porta vous en est ouverte. (E. Pasqdiii, UtL, 1, 12.)

Et, si rien à présent peut troubler son bonheur,

C'est de te voir pour lui répandre tant de larmes.

(Racan, Stances, Conseils à M. de Bellegarde.) FsJles-moy l'honneur, s'il vous plaist, de me mander si c'est rien qui vaille, afin que fi je n'y réussis pas, je cesse d'estre poète. (Voiture, Leu., cxcvii.) — Quand On soldat se plaint de la peine qu'il a, ou un laboureur, etc., qu'on les mette sans rien faire. (Pasc, Pens.„ p. 219.) — Je ne sache rien de plus injurieux à notre sexe fut de dire qu'une femme n'est point obligée de rien apprendre. (M11* os Scddbrt. Le Grand Curus, t. x, 1. n, p. 664.) — Dis- je rien que vous n'ayez vu? (Bousdal., Omis. fun. de Condi, i.) — A Dieu ne plaise que je diminue rien par mon discours d'an mérite aussi rare que celui-là! (Id., ibid.) — Je défie tous les intolérants de répondre à cela rien qui contente un homme sensé. (J.-J. Rooss., Emile, i, 4.)

Je le dis à regret, excusez-moi, mesdames,

De vous fâcher en rien... (Boissv, Le BabiU.% se. iv.)

Quand on donne à rien sans ne une signification négative, c'est par une ellipse que l'usage consacre, mais qu'il faut suppléer pour que la phrase puisse être analysée logiquement; ainsi dans cet exemple :

Penser à rien et ne point penser, apercevoir rien et ne point apercevoir, c'est la même chose (Malebr., Entrei. et un philos, chrit.),

penser à rien veut dire rigoureusement penser à quelque chose; apercevoir rien veut dire apercevoir quelque chose, c'est-à-dire exactement le contraire de la pensée de l'auteur. Pour que l'expression fût complète et rationnelle, il faudrait : ne penser à rien, n'apercevoir rien.

— rien, employé adverbialement, en rien, nullement :

Rien ne vous a servi, seigneur, de me nommer. (Oih , i, 2.)

Mes les entrayles ne furent rien entameez. [Hisi. de Foulques Fitz Warin, Nouv. franc du xvi* s., p. 46.)

Certes vous amez autre part, Et voy que vous ne m 'amez n'en.

(Eost. Deschamps, Pois. ms.t fol. 493, col. 4.)

Que nous profflte longuement vivre quant nous ne nous amendons ne peu ne rien?[L'Inlern. contol., m, 23, bibl. elz.)

Donne-moy (ce dit-il) des vertus et du bien, Car la seule vertu sans le bien ne sert rien,

Ni le bien sans vertu. (Rons., Odes, Au roy Henri, II* de ce nom.)

le fokdiur. Je croy qu'il vauldroit mieulx garder

Voz marys en l'aage qu'ilz sont.

EMETTE. Ha, rien, rien. {Farce desjemmes qui font refondre leurs maris.)

Que je te pardonne? Rien, rien. (Larivet, Les Tromper., v, 10.) Tu viens accompagné des neuf Muses d'Homère, Mais tu n'apportes rien : rien Ton ne te révère.

(D'estebnod, L'Espadon satirique, sut. î.)

Page 1