TRISTE. — TROMPE
— gagner un triomphe, obtenir un triomphe :
\ Pour gagner un triomphe il faut une victoire. {Rodog., m, 5,]
J Suivant Voltaire, « on gagne une victoire, et non un triomphe.»
[ Palissot répond avec raison : « Cette observation manque d'eiac-
' titude; on remporte une victoire, un triomphe; on gagne des
* batailles. »
| On a dit aussi, emporter h triomphe, pour emporter la victoire :
[ Outre cela, non pas comme femme, mais comme vaillant guerrier, s'adonna à
I l'art militaire, en domptant chevaux, maniant les armes, et en courant la lance
[ bien souvent demeuroit victorieuse et emportoit le triomphe, tout ainsi que font les
{ gentils chevaliers dignes d'honneur. (Larivey, Factt. Nuicu de Straparole, îv, 1.)
j TRISTE, en parlant d'une chose, misérable, formant unere-
> marquable opposition :
i Je veux toujours le voir, cet ingrat qui me tue;
! Non pour le triste bien de jouir de sa vue.... {Sur., m, 3.)
TROMPÉ de, pour trompé dans; à peu près comme le fraudatm
f latin :
L'auditeur n'est point trompé de son attente, quand le titre du poème le prépare i n'y voir rien que d'impossible en effet. (Deux. Disc.)
On trouve, avant Corneille, trompé de mon attente, et, ce qui est la même chose, trompé de mon espérance:
Ainsi trompé de mon attente,
Je me consume vainement. (Malh., Cham.)
Quant à mes dictes affaires, l'intervalle de peu de* jours de la première de vos
deux dernières lettres à l'aultre monstre si grand changement que j'en ay esté
esbahy et véritablement trompé de mon espérance. (Leu. mise, de Henri IV, t. nr,
On a dit d'une manière analogue, dans le sens de trompé dans, ou trompé au sujet de :
L'honorant de tant de faveurs, il ne se trouva trompé de l'opinion qu'il avoit de sa vaillance. (Pasquier, Lett., xvn, 4.) — Croyez aussi que jamais vous ne vois trouverez trompé de la bonne opinion qu'avez de moy. (Larivey, Le Fidèle, i, î.) — J'ay bien cogneu par la lettre que vous m'avés escripte, que je ne me suis point trompé de la bonne opinion que j'avois de vous. {Leu. mise, de Henri IV, t. m, p. 18, à M. le président de Metz, 16 août 1689.) — Pour s'estre trouvez trompa de Testât qu'ils avoient fait de me porter à la guerre, [ibid., t. iv, p. 971.)— Lesquels s'estans fiez en leurs frasques et bourdes se trouvent en fin deceuz et trowpa de leurs intentions. (Tahureau, Second Dial. du Demoeritic-, éd. 1602, p. 247.) — Il arriva là-dessus que Fervaques et Laverdin mescontants, l'un trompé du gouvernement de Normandie, offensé des termes que lui tint le roi après la fie-