‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 686 sur 743 · VERS, ENVERS · texte numérisé non relu

VERS, ENVERS

« Ces deux prépositions ne veulent pas estre confondues ; vers signifie le versus des Latins, comme vers Carient, vers l'occident; et envers signifie Verga, comme I* piété envers Dieu, envers son père, envers sa mère, etc. Vers est pour le lieu, et i pour la personne. Ce seroit mal parler de dire ta piété des enfans vers le *, comme écrit toujours un grand homme. Que si l'on dit, il s'est tourné vers m, et que de là on veuille inférer que vers se dit aussi bien pour la personne que pour le lieu , on répond qu'en cet exemple, vers ne laisse pas de regarder le Uem, pluslost que la personne, comme le mot de tourner le fait assez voir. »

L'usage, après s'être longtemps maintenu contraire à la règle de Vaugelas, a enfin décidé comme lui.

VERSER, fig., en parlant de sentiments, faire pénétrer :

Faites-m'en souvenir et soutenez ma haine,

0 cendres ! mon espoir aussi bien que ma peine;

Et, pour m'aider un jour à perdre son vainqueur,

Versez dans tous les cœurs ce que ressent mon cœur. (Pomp., v, 1.)

VERT, SUbst. PRENDRE SUR LE VERT :

Ce n'est pas sur ce coup que je fais mes essais :

Je connois à tous deux où tient la maladie ;

Et le mal sera grand si je n'y remédie.

Mais sachez qu'il est homme à prendre sur le vert. {Le Ment., îv, 9.)

€ On appelait alors le vert, dit Voltaire, le gazon du rempart sur lequel on se promenait, et de là vient le mot boulevert, vert à jouer à la boule, qu'on prononce aujourd'hui boulevart. le nom de vert se donnait aussi au marché aux herbes. »

On trouve dans le même sens :

Ceux-ci ont été pris sur le vert. (D'Ablancoubt.)

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