BAISSER. — BALANCER
Ils lisent les premiers les lettres qu'on lui Mlle. (Racan, Berg., n.)
Nous croyons inutile de multiplier ces exemples.
Segrais nous fait connaître à quelle occasion le mot bailler
cessa d'être employé dans le monde élégant :
/ Un Gascon demanda un jour dans une compagnie : Qui est-ce qui baille le bal? au lieu de dire : Qui est-ce qui donna le bal? Depuis ce temps-là l'on a banni le mot de bailler, qui avait plus de cinq cents ans de bourgeoisie.» {Segraisiana, Paris, 17-21, p. 75.)
— bailler a quelqu'un a ramener, confier à quelqu'un pour qu'il ramène :
Cela lui fait reconnaître Pymanthe pour l'auteur de ces perfidies; et V ayant baillé à ses veneurs à ramener, il pique à toute bride vers le château. (Argum. Je Clit.)
BAISSER, pour abaisser :
Montons, de grâce, au trône ; et de là beaucoup mieux Sur le choix d'un époux nous baisserons les yeux. iioxa léonob. Vous les abaissez trop ; une secrète flamme
A déjà malgré moi fait ce choix dans votre âme. (D. Saneke, i, 1.)
Cette signification s'est heureusement conservée :
De son trône enflammé qui luit au haut des cieux, Sur le héros français daigna baisser les yeux. (Volt., Henr., 1.)
Tout cela n'est point connu de ceux qui, chargés de grandes affaires, occupés •lu gouvernement des Etats et du devoir de rendre heureux les hommes, ne peuvent baisser leurs regards sur des querelles et sur de pareils ouvrages. (Id. , Mil. lillér.)
BALANCE, emporter la balance sur, l'emporter sur :
L'amour sur le respect emporte la balance, {Clit., n, 5.)
— être en balance , en parlant d'un sentiment :
Parlez, je vous dois tant que ma reconnoissance
Ne peut être sans honte un instant en balance. [Sert., i, 2.)
— mettre en balance , comme tenir en balance :
Notre longue amitié, l'amour ni l'alliance,
N'ont pu mettre un moment mon esprit en balance. [Hor.t n, 3.)
Cette prévoyance me mit plusieurs fois en balance, si je ne chercherais pas moi-même uo asile hors du royaume. (J.-J. Rouss., Confets., xi.)