‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 737 sur 743 · SAUVER. — SERVIR · texte numérisé non relu

SAUVER. — SERVIR

Réserver à, signifiait plus ordinairement attendre à, différer de:

Les autres reservent à vivre jusques à ce qu'ils ne puissent plus vivre. (Ciiai., La Sag.% 1. i, c 36.)— -Je viens de voir la fleur de votre brave noblesse, sire, qm réservent à pleurer leur roi mort quand ils l'auront vengé. (D'Aubigki, BisL universelle,)

SAUVER, dieu me sauve, espèce de serment :

Vous avez, Dieu me sauve, un esprit à la mode. (VUhss. corn., u, 4.)

Plus anciennement on disait de même, se Diex me gart; et d'une manière approchante, m'aist Diex, se m'tst Dieux, c'est-àdire, Dieu me soit en aide.

SECONDER, dans le sens de suivre, venir après, au physique

et au moral.

Ajouter cet exemple :

Obey-moy, tu ne verras au monde

Heur qui le tien d'oresnavant seconde- (A. Hardy, Alcée, i, 3.)

Nous traduirions aujourd'hui ce mot par égaler , mais le fond du sens intime est toujours venir après, sequi, d'où, en étendant un peu la signification, être sur le même rang, égaler.

SENTIR son, suivi d'un nom de chose, pour signifier marquer, indiquer, trahir :

N'envoyer qu'un valet sentirait son mépris. (Le Ment., ivt 4.)

Pour vivre paisiblement hors de la compaignie de tant de gens de main, semions leur barbarie. (Fauchet, Antiq. gaul., 1er vol., v, 4.) — Cette ambassade n'avoit pas un bon air pour des gens qui étoient aussi mal avec une personne de ma qualité qu'elles éloient : cela sentoit tout à fait son insulte. (Il11* os Moxtfkxs., Mém., 1658.)

SERVIR de, pour signifier faire le conte de. Ajouter :

Un prosateur, contemporain de Corneille, a dit d'une manière analogue :

D'entrée il nous sert d'une fabuleuse généalogie de la maison d'Austriche. (La Mothe Le Vaybr, Disc, de VHist.)

Page 1