‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 75 sur 743 · BATTRE. — BEAUTÉ · texte numérisé non relu

BATTRE. — BEAUTÉ

BATTRE, battre un sentier, le frayer :

.... Ainsi de ses vertus, Dont brillent les sentiers qu'il a pour nous bnttus% Les rayons toujours vifs montrent comme il faut vivre. (fattf., i, 1.)

On a dit d'une manière analogue :

Nous n'avons nouvelles que de deux ou trois anciens, qui ayent battu ce chemin.

(Mont., E«.,ii,6.)

— BATTRE LES RAISONS DE QUELQU'UN, fig., les réfuter

Et montre cependant des grâces peu vulgaires

A battre ses raisons par des raisons contraires. (Là Suiv., iv, vi.)

BEAU. DANS LE PLUS BEAU DE LEUR CARRIÈRE, au point le

plus brillant de leur existence :

Combien en trompe un tel espoir!

Et combien en laisse-t-il choir

Dans le plus beau de leur carrière! <fmit.t i, 93.)

On a dit, peu différemment, en poésie, et même en prose :

Il faut au plus beau de nos ans

Cueillir les fleurs de la jeunesse. (St-Évrbm., Stances.)

Et ne ménageons plus de tristes bienséances

Qui nous ôtent les fruits du plus beau de nos ans. (Mol., Psyché, î, 1.)

Jamais un mot de réflexion sur la cruauté de sa destinée, qui l'en le voit dans

te p(u$ beau de son âge. (M"e de Lap., Hist. d'Henriette dCAnglet., 4e p., année 1670.)

— tout beau, façon de parler adverbiale employée dans le style noble :

Tout beau, Pauline : il entend vos paroles, Et ce n'est pas un Dieu comme vos dieux frivoles. (l*ol.t iv, 3.)

BEAUTÉ, au plur., en parlant de la beauté d'une femme, comme on dit les charmes, les appas :

Ne t'inquiète point pour une écervelée,

Qui n'a d'autre ambition que d'être cajolée.

Et rend à plaindre ceux qui, flattant ses beautés,

Ont assez de malheur pour en être écoutés. {Mél.t ni, 4.)

Béllnde et Chrysolite Manquent donc à ton gré d'attraits et de mérite,

Elles dont les beautés captivent mille amants?* {La Veuve, î, 5.)

Jusque-là tes beautés ont possédé ses vœux ;

Mais l'amour d'Alidor faisoit taire ses feux. ('*'• *<></•» v, 7.)

Mais l'empire inhumain qu'exercent vos beautés Force jusqu'aux esprits et jusqu'aux volontés. (Cinna, m, 4.)

Le sort, qui jusqu'ici nous a donné le change, Immole à ses beautés le monstre qui nous venge. [Androm., m, 4. )

AVANTAGÉ du nombre , ayant l'avantage du nombre :

Ce sont tes trahisons qui l'empêchent de vivre;

Je t'ai vu dans ce bois moi-môme le poursuivre ,

Avantagé du nombre , et vêtu de façon

Que ce rustique habit effaçoil tout soupçon. (Ctii., m, 5.)

AVANTAGEUX, favorable, avantageuse erreur :

Et vous, que par mon ordre ici j'ai retenu,

Sanche, puisqu'à ce nom vous êtes reconnu,

Miraculeux héros, dont la gloire refuse

L'avantageuse erreur d'un peuple qui s'abuse,

Parmi les déplaisirs que vous en recevez,

Puis-je vous consoler d'un sort que vous bravez? (0. Sanche, v, 5.)

AVEC, séparé de son régime :

Mais, hélas! j'étois jeune, et ce temps est passé.

Le souvenir en lue, et l'on ne l'envisage

Qu'avec, s'il le faut dire, une espèce de rage. {Patch., h, 1.)

AVENIR, arriver :

En l'état où je suis, quoi qu'il puisse avenir,

Je vous dois tout promettre, et ne puis rien tenir. {Théod., ni, 5.)

AVENU, participe passé de avenir, arrivé :

Trop heureux accident, s'il avoit prévenu

Le déplorable coup du malheur avenu. (Mél.t v, 2.1

AVERSION, avoir de l'aversion contre quelque chose :

Je vous rends grâces de ce que vous m'avez envoyé de la façon du R. P. Fronteau ; c'est un grand homme en tout, et ce n'est pas avoir peu fait d'effet sur moi que de m'avoir obligé à lire son oraison funèbre tout entière, moi qui ai me aversion naturelle contre Us panégyriques. [Lett. au P. foulard, 10 juin 1656.)

AVEU, sans aveu, sans autorisation :

Et quoique par vous-même autrefois exilée,

Sans ordre et sans aveu je me suis rappelée. [TUe et Bér.t n, 5.)

AVIS, porter avis, comme : porter conseil:

Il sera demain jour, et la nuit porte avis. {La Suiv.% m, 6.)

AVISER a (un subst.), songer à :

Tu vas apprendre tout, mais aussi l'ayant su,

Avise à ta retraite. (Clii.t I, 9.)

AVOIR, renfermer, apporter :

Oronte, je ne sais dans son funeste sort,

Qui m'afflige le plus, ou sa vie, ou sa mort,

L'une et l'autre a pour moi des malheurs sans exemple. {Rodog., v, 4.)

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