BOUILLON. — BOURRER
BOUILLON, en parlant de sang répandu à flots bouillonnants :
Et mon funeste avis ne servi roi t de rien
Qu'à confondre mon sang dans les bouillons du sien. (Mèd.t m, 4.;
— bouillon, fig., transports bouillants :
Rompez, dissipez les bouillons
De ces ardeurs séditieuses. {Imit., m, 34.)
BOURDE, donner une bourde, se moquer :
Quand il est nuit sans lune, et qu'il fait temps couvert,
Connalt-on les couleurs? Tu donnes une bourde. {Suite du Menu, iv. 7.)
BOURREAU de son sang, meurtrier de sa famille :
Le cœur de Pulcbérie est trop haut et trop franc,
Pour craindre, ou pour flatter le bourreau de son sang. (Héracl., i, 2.)
BOURRELLE, adj., féminin de bourreau :
Vous travaillez en Vain, bourre lies Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.
(Afl/., îv, 8. Depuis 1638 jusqu'à 1660 inclus.)
Dans les dernières éditions, Corneille remplaça par barbares le
mot bourrelles, qui était tout à fait vieilli :
Vous travaillez en vain, barbares Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.
Bourrelle était d'un usage fréquent au seizième siècle :
.... les bourrelles Furies. (Jodelle. Dicton, i.)
Auteurs de la secte bourrelle. (D'aub., Les Trayiq., m.)
Etn'ayans assouvy leurs cruautés bourrelle*. Us m'ont encor peicé de cent playes cruelles, Qui faict qu'incessamment je me consume en pleurs.
(Lariv., Facét. Nuicis de Strap., 1. 3.j
Il s'employait de même substantivement :
Canda[u]les, Lydien, est de nuict massacré.
Dans son lict conjugal à l'hymen consacré.
Par le commandement de sa femme truelle,
Laquelle, avec Gygès, luy servit de bourrelle- (Le Danger de Mariage.)
La mort, qui d'un costé se présente effroyable,
La faim, de l'autre bout, bourrelle impitoyable. (D'Aub., Trayiq., 1. i.>
BOURRER, fig. bourrer des vers , farcir des vers, remplir
des vers , vaille que vaille :
Voilà donc, sans chercher tant de contes frivoles, Tout ce qui m'a gâté, déduit en trois paroles ; Et pour un ca\ aller c'est bien boutrer des vers,
A tort et à travers. (Mélang. poéliq.