‹ Lexique comparé de la langue de Corneille et de la langue du XVIIe siècle en généralChapitre 81 sur 743 · BOUILLON. — BOURRER · texte numérisé non relu

BOUILLON. — BOURRER

BOUILLON, en parlant de sang répandu à flots bouillonnants :

Et mon funeste avis ne servi roi t de rien

Qu'à confondre mon sang dans les bouillons du sien. (Mèd.t m, 4.;

— bouillon, fig., transports bouillants :

Rompez, dissipez les bouillons

De ces ardeurs séditieuses. {Imit., m, 34.)

BOURDE, donner une bourde, se moquer :

Quand il est nuit sans lune, et qu'il fait temps couvert,

Connalt-on les couleurs? Tu donnes une bourde. {Suite du Menu, iv. 7.)

BOURREAU de son sang, meurtrier de sa famille :

Le cœur de Pulcbérie est trop haut et trop franc,

Pour craindre, ou pour flatter le bourreau de son sang. (Héracl., i, 2.)

BOURRELLE, adj., féminin de bourreau :

Vous travaillez en Vain, bourre lies Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.

(Afl/., îv, 8. Depuis 1638 jusqu'à 1660 inclus.)

Dans les dernières éditions, Corneille remplaça par barbares le

mot bourrelles, qui était tout à fait vieilli :

Vous travaillez en vain, barbares Euménides; Non, ce n'est pas ainsi qu'on punit les perfides.

Bourrelle était d'un usage fréquent au seizième siècle :

.... les bourrelles Furies. (Jodelle. Dicton, i.)

Auteurs de la secte bourrelle. (D'aub., Les Trayiq., m.)

Etn'ayans assouvy leurs cruautés bourrelle*. Us m'ont encor peicé de cent playes cruelles, Qui faict qu'incessamment je me consume en pleurs.

(Lariv., Facét. Nuicis de Strap., 1. 3.j

Il s'employait de même substantivement :

Canda[u]les, Lydien, est de nuict massacré.

Dans son lict conjugal à l'hymen consacré.

Par le commandement de sa femme truelle,

Laquelle, avec Gygès, luy servit de bourrelle- (Le Danger de Mariage.)

La mort, qui d'un costé se présente effroyable,

La faim, de l'autre bout, bourrelle impitoyable. (D'Aub., Trayiq., 1. i.>

BOURRER, fig. bourrer des vers , farcir des vers, remplir

des vers , vaille que vaille :

Voilà donc, sans chercher tant de contes frivoles, Tout ce qui m'a gâté, déduit en trois paroles ; Et pour un ca\ aller c'est bien boutrer des vers,

A tort et à travers. (Mélang. poéliq.

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