DEDANS — DÉDIRE
On n^entend autre chose sinon que Moiiere joue bien autrement. C'est le diable qui remporte , l'ignorant qu'il est ; les Poètes et les Comédiens ont esté de grands sots de le laisser prendre racine à Paris, au lieu de former une bonne cabale la première fois qu'il montra son nez, au lieu de publier que la troupe estoit détestable et de la décrier fortement.
Db la Cboix, Guerre com., ou La Vérit. Déf, de l'Eicole dei Fem,, i66h; édit. Gay, p. 65.
Hs prirent. . . soin de lui décrier les Religieuses. ~ Rac, Vf, hbh : P&rt-Royal,
Les excès où l'on s'cmportoit de part et d'autre dans la nouvelle Réforme, la décrioiênt parmi les gens de bon sens.
BossuET, HisL de» Var., a in-/i", 1688; 1, p. 107. - Cf. Id., ibid,, II, p. 36a, 391, etc.
Ce qui décrie davantage les dévotes, c'est qu'avec les dehors et les apparences de la piété, elles veulent faire tout ce que font les femmes du monde. Uabbé DB Bbllboabdb, Réjl. iur le ridicule, 9* édit, p. io3.
Le mariage te décrie de jour en jour. - Rborabd, Coquette, I, 9.
Surtout changeons de nom et de quartier : nous sommes décrié* ici comme de ia fausse monnoie. ~ Id. , Hom. à h, fort. , V, 9.
* Décri, décrier, sont des mots empruntés au langage technique de la fabrication des DMMUunes, langage qui, comme l'a remarqué H. Estienne (Précellence du langage franfoû), a fourni à la langue usuelle un grand nombre de métaphores.
ffOn dit : «Cela est <2^cTi^ comme la vieille monnoyen, de ce qu'on pourroit dire autrement, mais sans user de phrase proverbiale : «Cela n'est pas en estime 9» , ou «Cela a éperdu son crédit», ou «rCela n'a plus la voguer», ou «rCela n'est plus de requeste», ou ■Cela a perdu sa saison», que le latin diroit obiolevit. Mais j'adjouteray qu'on se pour- ^ esbahir pourquoy en ce proverbe on fait mention du décriement de fa vieille monnoyé, veu qu'ordinairement la plus vieillo est la meilleure ... ; et qu'ainsy soit on l'aime beiQcottp mieux pour la fonte que la nouvelle. J'ay donc opinion que ce proverbe soit deioearé depuis quelque Roy qui, tout d'un coup, fit descrier toute la monnoye de ses Prédécesseurs.» - H. Estibihib, PrécelL, édit. Feugère, p. i5i.
vDéeri, deflense par un cri public et par autorité du juge d'exposer certaine monnoye, de porter des dentelles d'or ou d'argent, ou de certaines manufactures. . . On dit proverbialement qu'un homme est décrié comme la vieille monnoye, pour dire qu'il est P^de réputation.» - FuBBTiiBB, Diction.
Dedans, dans.
* Voir 1. 1, p. 69 , Adverbes pour prépositions.
io3i Puisque je l'ai promis, ne m'en dédites pas. - Tari,, III, U,
Si vous vous en desdites . . . , j'en appelle de vous à vous-même.
D'UBFé, L'Astrée, 161 û, II, p. 107.
n (Luther) avoit fait signer à Mélancton mcsine un acte. . . Mélancton s'en dédit à Smalcalde. Ce fut la seule fois qu'il dédit son maistre par acte public.
RossuET, Hist. des Var., 9 in-â^ 1688; 1, p. 933.
* On lit dans la Grammaire française d'Anthoinc Oudin (i645), au chapitres des ano- "wmde la 4* conjugaison», p. 175 : frDo Dire : je dy, tu dis, il dit, nous disons, vous
dites, ils disent. . . — Voicy ses composai : contredire, dédire, ee dédire, interdire, dire, metdire, ftrédire et redire. Entre lesquels maudire fait au pluriel du présent : ffiMmdiMwn», maudieeez, maudiêeent. On dit aussi, en la seconde personne du pluriel, vous eontredieez, vous tnaudisêez, et \ous prédisez. Les autres (dédire, par conséquent) suivent la règle de leur sim^e, c*est4-dire de dire.rt
En 1706, Tabbé Régnier Desmarais, secrétaire perpétuel de TAcadémie française, ne
eirle pas autrement (voir Gram. franc., p. 638). C'est donc à tort que, dans le vers de olièrê, certaines éditions ont remplacé dédite» par dédisez.
DÉFAIRE, débarrasser.
65& Si vous n'éclatez fort contre un trait si hardi, Et ne trouvez moyen bientôt de me défaire Des persécutions d'un pareil téméraire, J'abandonnerai tout - Éc. des Mar., II, 7.
Par la mort I Avez-vous des ennemis secrets ,
Parlez, j^estramaçonne , et je vous en défais.
— Si de vous seulement vous vouliez me défaire !
Th. Cobh., D. Ces. d'Aval., IV, à.
Ces sortes de gens ne sont bons pour faire des maris. . . que quand ils passent soixante et dix ans, et qu'on peut espérer d'en estre bien-tost défaite.
Sbgbais, Nouv. franc., i656; 3* Nouv,, p. 81.
1818 Je fai défait d'un père, et d'un frère, et de moi. - Gobr., Rodog., Y, à.
Enfin , j'en suis défait t
MoifrrLBGRT, Ambigu com., 3* interm., se. 5. - Cf. 1d., Dameméd., III, 1.
Gela sert surtout k les défaire de quantité de mauvaises prononciations.
Rac. , Préf. d'Esther.
Elle est ravie que je. . . la défasse dW tel embarras. - Skv., VI, 667.
U restoit encore, pour satisfaire le Roy (Henri VIII), à le défaire d'une épouse odieuse (Anne de Glèves).
BossuBT, Hist. des Var., 9 in-/i^ 1688; I, p. 387. - Gf. Id., Hist. univ., in-V, 1681, p. 69, 11 A; - Hist. des Var., a m-/i% 1688; II, p. i33, etc.
Une fille est une marchandise qu'on ne sçauroit garantir, ci Ton n'en a pas plus tôt fait Templète , qu'on voudroit en être défait à moitié de perle.
Rbokabd, La Sérénade, se. 1. - Gf. Id., Ménechmes, IV, 3 ; - Démocrite, I, a.
Monsieur ... — Nous vous devons assez en ce moment
De nous avoir défaits de ce couple Normand. - Id., Z^e Bcd, se. ao.
Dj^faire (Se) de. . ., se débarrasser de. . .
q47 Je m en suis promptement défaite de la sorte. - Fâch., I, 5.
Votre femme ne manque pas de vous conseiller de vous défaire ainsi de vos deux filles. — Mal. imag., III, 3.
Voici une aventure. . . à vous défaire des médecins. - Ibid., III, 6,
1 139 Je me défais de toi, j'y cours, je le rejoins. - Gorn., Ment., IV, 1.
DÉFAffiE (SE) — DÉFAITE 25
De mon mari je saurai me défaire, - La Foitt., IV, p. 3i9 : Cantei, II, 7.
D. Pedro luy dit quHl vouloit perdre Alphonse. . . Si la fortune ne Yen defoUoit pas, il i'en déferoit iuy-mesme.
M^ DB ScuDéBT, Matkilde, 1667, p. 3i5. - Cf. Id., ibid.^ p. 390.
Je saurai m" en d^avre à trente pas d^ici. - Th. Gobm., i4m<mr à la mode, lU, 3.
Il n*a pu Jff sa filie autrement $e défaire;
U veut me la donner; voilà tout le mystère. - Bâbor, UAndrienne, 1,7.
Et mon cœur ne sera pour Thymen attendri Que quand on »e pourra défaire (Tun mari Gomme on fait dW habit qui n*est plus k la mode.
MoNTFLBUBT, FiUe coptïatntf, I, 1.
Rome, qui avoit vieilli dans le culte des Idoles, avoit une peine extrême à e^en défaire, mesme sous les Empereurs Ghrestiens.
BossDBT, HieU univ., in-/i% 1681, p. /i3i-639.- Gf. Id., ibid., p. 96, ûhk^ 667; - Id., Hiêt. det Var., 2 in-/i°, 1688; 1, p. s5i, 277; II, 18, etc.
n faut tâcher de m défaire de la colère et de la passion dans tout ce que vous ferez. - Sév., VIII, 27.
G*cst ime maison de famille. . . ; mais. . . il veut %*en défaire. . ., parce qu'elle est trop petite. ~ La Bbdt., I, 80.
^^FAiRE (Se), se troubler, se démonter.
Le voilà qui se trouble ... — Ne wus défaites pas
Princ. iÈ. , IV, 1 .
L'offense la plus irrémissible parmi ce sexe, c'est quand Tune d'elles en défait une autre en pleine assemblée. - La Foitt., VIII, p. A 5 : Ptyché, liv. 1.
« V On dit depuis quelques années : . . . Elle a été défaite au premier mot qu'on luy i dit, en parlant d'une personne qui a perdu contenance. Il ne faut rien pour le défaire, :'es(4-dire pour l'embarrasser. Des personnes dont l'une défait l'autre, pour dire dont i'une obscurcit l'autre; on dit aussi dont l'une efface l'autre. n - Lb P. Bouhoobs, Ariête f( Eugène, 2' édit., 1671, p. lU et i36.
tOn dit aussi : deffaire quelqu'un, pour dire l'embarrauer, le mettre en détordre, , , Et on dit qu'un homme $e deffait, pour dire qu'il demeure embarrassé, interdit. Et dans cette phrase, deffaire est n. p. («te.) A la moindre parole qu'on lui dit, il te deffait; il luy fwpondit sans te deffaire.v - Diction, de VAcad, franc,, i" édit., 169Û , v" Faire,
«$( deffaire veut dire (aussi) être étonné, surpris, déconcerté.» - Diction, de Trévoux,
Défaite, excuse; moven de se tirer d'affaire.
liai Non, non, tous ces discours sont de vaines défaites.
D. Gare, IV, 8.
689 Cest un vieux importun, qui n'a pas Tesprit sain, Et pour qui j'ai toujours quelque défaite en main.
Fâch., m, 3.
Il pria Ésope de lui trouver une défaite. - La Foîit., I, Ai : Vie d* Etape,