ENJOUEMENT 3S
Ménage, toujonrs aux aguets pour surprendre en défaut le P. Bouhours, fait remarquer que, si l'on dit procureux du Roy, où procureux est suivi d'une consonne, on dit procureur en parlement, parce que le mot est suivi d'une voyelle; et, après avoir tiré une règle de cet exemple, il ajoute : «rll n'est point vray non plus qu'on prononce tnênteux et fltàiux lorsque ces mots finissent la période, comme aux exemples allégués par le P. Bonheurs : vous estes un petit merUeux, c'est un Jlatieux; il n'y a que les paîsans à prononcer de la sorte : il faut dire menteur, flatteur, . . Mais il est vray qu'on prononce toujours riêux, et jamais rieur, quand même le mot qui suit commence par une voyelle : il fait le rieux et le plaisant.»
Boubours dit oui; Ménage dit non : auquel croire?
En 1711, dans Le» Réglée de la prononciation pour la langue franc. , B. , c'est-à-diro Billecocq, donne une règle plus générale, et semble être plutôt de l'avis du P. Boubours que de Ménage :
erll y a, dit-il, beaucoup de noms terminez en eur où l'r se cbange en x muette,. . . car on dit : laboureux, eolliciteux, plaideux, porteux, crieux, tailleux de pierre, crocheteux, ramoneux, ratiueux, procureux, querelleux.n - P. aSo-aôi.
Mais Billecocq a, lui aussi, son contradicteur; c'est de Gallières, secrétaire du Cabinet de S. M. et l'un des Quarante de l'Académie française :
cril y a, poursuivit le Commandeur, plusieurs gens de la Cour qui prononcent mal les mots qui se terminent en eur, et qui oisent mon taiUeux, mon brodeux, mon baigneux, comme s'U y avoit im x ou un « à la fin; ils disent aussi un trompeux, un mocqueux, un railleux, un parleux, un caueeux; cependant U faut dire un tailleur, un brodeur, un trom' peur, un railleur, un catueur, et ainsi des autres semblables, en prononçant l'r qui est à ia fin de tous ces mots-là.» - Db Calliâbbs, Science du monde, 1717, p* 5/i-55.
Enjouement.
Veux-tu de ces enjouements épanouis, de ces joies toujours ouvertes?
Bourg, gent.y III, 9.
11 faut aussi parler très souvent àejueteese, à^ exactitude , de gratitude, d'emportement, d'enjouement, - Loix de la galanterie, 16/i^ ; édiL de i658.
834 Ma sœur, je vous admire et ne saurais comprendra
Cet inépuisable enjouement, ~ Cobn., Agénlae, II, 7.
Madame Scarron dit qu'elle ne peut se résoudre à vous écrire qu'elle n'ait vu quelque enjouement dans vos lettres.
ScABBOX, Lettr. au maréchal d'Albr et , ao août iGBg.
C'est là. Monseigneur, où je me réjouissois de tout Venjouement que le Ciel m'a donné. - Id., Dem, Œuvr,, Paris, David, 1700; I, p. Sa.
Je sens mon enjouement bien diminué depuis que je suis réduit à faira des vers pour vivra, comme un malbeuraux autheur. - Id., ibtd,; I, p. 96.
Il me serait impossible de conserver mon enjouement dans une lellra qui commencerait par tr Monseigneur n, suivi de demi-pied de distance.
Id., ibid,; I, p. 168; - Cf. Id., ibid,; I, p. 166.
La fille , sans faira grimace , Avallc tout de bonne grâce , Et mesme, avec quelque enjouement, Dcgoise un joly compliment.
Le P. Cabkeau, Slimmitnachie , i656, p. 56-67.