‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 2)Chapitre 240 sur 596 · ESTOMAC S · texte numérisé non relu

ESTOMAC S

11 veot, auparavant que d*afliibler le froc. Tuer, n*importe point, ou de taille ou dfêêtoe.

Babor, Li Jaloux p IV, 1 1.

Je sais. . . lutter, escrimer, pousser d'etioe et de taUle,

Rbgnabd et DopaiiiT, Chinoie, II, 5.

11 frappe à droite, i gauche, et d'eêloc et de taiHe, - Rbonaid, Joueur, IV, a.

t¥ Ce mot eetoc n^étant plus en usage que dans la locution d'eetoe et de tailïe, nous demanderons à Nicot d*en préciser le sens :

ftEêtoe se prend ores pour le tronc d'un arbre tirant de la racine i mont par droid fil, truneue, ce qu'es hernes est aussi appelé tige, cauliê. Selon ce, au recensement d'une consanguinité, on dit ligne d'estoc, celle qui est de bas en haut par droict fil, parce que Ton figure les descentes et attenans en coilatéralité d'une race et consanguinité par la forme d'un ari>re, et les jurisconsultes l'appellent arborem coneanguiuitatie, A cause de quoy le François dit : 11 est d'eetoc, c'est-à-dire des issus en droicte ligne; et il est de oraneke , c'est-à-dire des descendans par ligne collatérale.

crEt ores se prend pour une espée longue, estroicte et roide de pointe, de laquelle en combattant on tire plustost des coups de pointe que de maindroicls ou revers, ou fendants, qui sont coups trenchants. Selon ce, eêtoc se prend pour le ject mesmc de l'eniee, tirée en plongeant la joincte, comme : 11 luy a donné ou tiré un coup d'eeloc, , . Mais quand on dict estoc d'armes, on entend une espée large au partir de la poignée, courte et allant en amusant jusqu'à la poincte, forte et acérée par tout, n'ayant que le pommeau et la croix de branches pour toutes gardes, de laquelle I homme d'armes combat à cheval.. . D'fftoc et de taille, putictim ae cmeim,ri - Nicot, i6o6.

Les exemples qui précèdent ont éclairci ces deux sens principaux : tronc, au propre, — et au ûg, , ép^e ou pointe d'épée.

Estomac, poitrine.

Peut-on voir un estomac qui ait plus de force que le mien? (Il tousse.) Hem, hem, heml - Mar. forcé , se. i.

Mais pourquoi est-ce que je ne puis pas chanter? N'ai-je pas un estomac, un gosier et une langue comme un autre?

Prince <FÉl., IV* interm., se. a.

Lycidas. . . partit Vettomac si empli, les yeux si couverts de larmes, et le visage si changé , que sa bergère ... le suivit sans craindre ce qu'on pourroit dire d'elle.

D'Uapi, L'Aitrée, lôiA; I, p. i3\

Lorsque j'oyois parler de luy, le cœur me tressailloit en Yeetomac,

Id., ibid,; 1, p. 87*; - Cf. h.yibid.; I, p. ih\ i^^\ iSh\ ai i% a5o', 95a^ 394% 3i3\ sas*" et SAg* (sic), 383N - II, p. 67a, etc.

DTrfé emploie aussi le mot dans le sens actuel :

Déjà par deux fois le jour avoit fait place à la nuit avant que ce berger se ressouvint de manger, car. . . la mélancolie luy remplissoit si nien Vettomac, qu'il n'avoit point d'appétit d'autre viande. - D'Uaré, L'Aitrée, l, p. Ao5\

Comment son eetomack de gros sanglots ardents Bondit contre le Cieit - Jodbllb, Didtm,

26â ESSUYER

79 Les traYaux sur mer et sur terre Qu*ii faut eêiwfer à la guerre. . .

LoBR, Mtue hiêtor,, i5 janvier 1661.

35 Ainsi ces deux belles princesses, Ayans e$iuyé leurs grossesses.

Et mis de beaux enfants au jour.. . - Id., tbid,, 91 octobre 1669.

Sortant de chez vous, mon sang s'en alla de plus belle; j'entray chez un chinir gien qui me Veuuya; mab il me fiedlut ntuyer aussi un long raisonnement

MoirrKBuiL, Œuvr,, 1666, p. 98.

1 ^9 Et faudra-t-il sans cesse esfuyir des querelles? - Dcspb. , Sot, IX.

Pendant que j*atiiftt« de longues marches. - Rac, Vil, p. 87 : Lutr,

Attendez. — L'attendant, nous pourrions, par malheur, EêiWfir quelque essai de sa mauvaise humeur.

MoHTPLBDBT, ConM, poète, I, 5.

Lucinde auroit sans doute eêtuyé sa colère. - Id., FiUe capitaine. Y, 5.

Quoyl vous voulez que j'etncie leurs premières embrassades?

Divisé, Damm vengéet. II, 3.

Je suis las â'êêtuyer ses caprices. - Baion, CoquêUê, se. 9.

Il me restoit encore deux aventures à etêwfer, qui m*ont bien diverty depuis.

Ara$pe et Simandrê, 1679; II, p. s.

Les calomnies qu*il faut euuyer de la part des particuliers et du public sont d'assez puissantes causes du mauvais teint de plusieurs médecins.

Bbzançoh, Lm Médêc, à la cenivre, ^^77« P* ^^'

Pour les récriminations, il les faudra euuyer avec toutes les injures et les cidomnies dont nos adversaires ont accoutumé de nous charger.

BossDBT, Hût. de$ For., 9 in-6% 1688; I, Préf., S s6.

11 y avoit encore six cens soixante ans au moins de mauvais temps à etniyir : noslre auteur en est rebuté. - Id., ibid,, II, p. 876 ; - Cf. Id., iffid,, II, p. 53.

Vostre Ministre (Jurieu) a osé vous dire que la foy de Tlncamation n'a es\è

formée qu'après qu'on eût esêuyé les Nestoriens et les Ëutychiens, c'est-à-dire daius

le Concile de Chalcedoine : mais ce n'est pas là ce qu'a pensé le Concile mesme.

Id., Averi. aux Proteet,, in-/l% 1689-1691 ; I, S 99, p. 57; - Cf. Id., ibid.,

I,S 19, p. 36; I,S 91, p. A0-&1; - Hiêt, unie,, iu-&^ 1681, p. 699, etc.

Vous aurez beaucoup de douleurs et de chagrins à eêeuyer.

Sbv. , i AT ' rfe GrigMfL

C'est un procez que j'aurai a euuyer; mais n'importe!

Du Verdieb, Le Flatteur, 1696; V, 10; - Cf. Id., ibid.; IV, h.

S'il n'y avoit que des coups à essuyer, je ne m'en plaindrois pas.

Rbgnard, Divorce, IIl, 6.

Il y avoit pcut-élre quelque tribulalion à essuyer,

Id. , Retour imprévu, se. 9; - Cf. Id. , Légat, univ,, I, 3.

3ic Parlant des mois nouvellement introduits dans la langue, Sorel donne, à propos à^essuyer, des explications un peu alambiquées :

rr On dira aussi d'un soldat qui s'est trouvé à un assaut , qu'il a essuyé mille mousquotades. Cela est dit galamment pour montrer le mépris que les gens ae guerre font du péril; de dire qu*iis essuymU des mousquetades, c'est comme si, les ayant reçues, il ne

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