GRISETTE
et de personnes constituées en dignité. Et ces vers u^ont pas du être écrits par M. Despréaux; et ils pourroient n^étre pas allégués par M. Richeiet.» - MiKkQE^Diction, étymoh, édit. 1760; v** Grimaud.
Le mot grimaud avait deux sens; d^une part, il se rattachait à grime (comique grime), grimace, grimoire; du haut allem. grim, farouche, furieux, hideux, qui se retrouve en holland. et en uigi. grimme; dans ce sens, Grimaud, c*est le diable, père de diables :
Là dessus, il m*a appdé Grimaut, le père au Diable. - Com, de$ Prov,, II, 3.
D^autre part, il se rattachait à grammaire, par Tintermédiaire de grimoire, deux mots qui se prenaient souvent Tun pour Tautre, ainsi que le démontre M. Fr. Michel, dans son Diction, d'argot, Cesi par suite de cette confusion que grimaud a pris place dans la langue des collèges : on appelait martinetê les plus jeunes élèves externes, galochee les plus âgés (voir Pasquibb, neeh,, i6ai, p. 83o, B.), et grimaudê les élèves, internes ou externes, des classes inférieures, puis, par extension, les maîtres de ces élèves, les pédants, etc. — On appelait aussi, d*après Richelet, ces écoliers des basses classes, grimée , et, d'après Cotgrave, grimouchee,
GWSETTE.
Il n'ont des livres et des bancs Que pour Mesdames les grisettes.
Bourg. gent,y Bail., i*^ entrée,
* Le mot était alors, bien qu^U se trouve dans Scarron dès i65i, d*un usage asseï peu répandu, car il n'a droit de cité dans les dictionnaires qu'à partir de 1680 (Richelet) :
«Griêette, jeune fille qui ne porte point de jupe ni de corps de taffetas, et qui, par conséquent, o'a nulle qualité.» - Richblit, 1680.
«Femme ou jeune fille vêtue de gris. On le dit par mépris de toutes celles qui sont de basse condition , de quelque estoffe qu'elles soient vestues . . . Les Dames ont mis à la mode des habits de petite estoffe grise, qu'elles appellent des grieetteê,» - FuBSTiàBi,
Il semblerait que l'étoffe ait tiré son nom des jeunes filles appelés grifettej, parce qu'elles étaient vêtues de gris ; le contraire est vrai.
Son pourpoint étoit une casaque de grieette, ceinte avec une courroie.
ScABBOB, Rom» eom,, I, 1 (i65i).
C'est plus tard que grieette se dit des personnes, et que Ghampmeslé écrivit sa comédie Lee Grieetteê, où il met en scène deux filles de procureur :
3i8 Sous les cotillons des grieetteê, Peut loger autant de beauté Que sous les jupes des coquettes . . .
Une grieette est un trésor, Car, sans se donner de la peine , Et sans qu'aux bab on la promène , On en vient aisément à bout
La Fort., IV, p. 66-67 : Contée, 1666, 1, 1.
1 /i f) Par où le drôle en put croquer. Il en croqua : femmes et filles.
Nymphes, grieetteê, ce qu'il put. - Id., V, p. 5i6 : Contée, IV, 11.